02/02/2018

Deux millions d’âmes perdues

Professeur de français à Gaza, Ziad Medoukh forme des futurs enseignants et amène ses étudiants à découvrir les gens ordinaires de leur petit enclave. Il essaye d’améliorer leurs compétences et ouvre leurs yeux aux réalités du monde extérieur en invitant des visiteurs enseignants, médecins et écrivains à s’adresser à ses étudiants, à les aider à se former et à répondre à leurs questions. Ayant organisé plusieurs échanges avec des étudiants en France par le passé, il écrit au monde, maintenant fermé à ses élèves, en espérant que sa voix non-violente se fera entendre.

Son E-mail de ce matin constate que tout ceci semble être vain. Face aux entraves d’Israël, aux négligences de l’Autorité palestinienne et au refus de l’Union européenne de s’adresser aux racines du mal, cet énorme mal fait aux habitants civils de Gaza, les gazaouis se sentent oubliés et condamnés.

Je vous livre ici, une partie de ses réflexions pour que vous puissiez vous faire votre propre idée.

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Les étages de l’hôpital Al-Shifa, l’équivalent des HUG ou du CHUV, montrent le manque sévère de médicaments. Ce lundi,
un hôpital a dû fermer ses portes, faute de fuel.


« Une situation catastrophique dans la bande de Gaza

Par Ziad Medoukh

En ce début d’année 2018 … [l]’ensemble de la société civile a tiré la sonnette d’alarme en avertissant que la bande de Gaza est au bord d’un effondrement complet. Nous assistons à une détérioration des conditions économiques, sociales et sanitaires …

L’Autorité palestiniennes verse seulement 30% des salaires aux 70 000 fonctionnaires de Gaza. Le Hamas, qui contrôle toujours la bande de Gaza malgré l’accord de réconciliation signé en octobre 2017, seulement 20% des salaires à ses 40 000 fonctionnaires. L’UNRWA, l’agence des Nations Unies chargée des réfugiés palestiniens … ne parvient pas à payer ni ses fonctionnaires, ni continuer à s’engager de s’occuper des 65% de la population de Gaza [dont elle a la charge, ndlr]. …

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Le genevois Pierre Krahenbuhl fait suivre un appel de l’UNRWA, depuis une école à Gaza, suite aux annonces que les États-Unis ont l’intention de réduire drastiquement leurs contributions à l’organisation qui œuvre dans les territoires occupés de Palestine, en Syrie et au Liban. 22 janvier 2018 (UNRWA photo par Khalil Adwan)

Beaucoup d’associations humanitaires ont fermé leurs portes, faute de financement interne et externe.

Les rues commerçantes sont vides et le pouvoir d’achat … en chute permanente. Beaucoup de magasins ont annoncé leur faillite totale.

Les étudiants marchent des kilomètres et des kilomètres pour joindre leurs universités parce qu’ils n’ont pas la possibilité de régler les frais de transport.

Beaucoup d’usines sont fermées actuellement faute d’électricité. Sachez que les foyers de Gaza n’ont le droit qu’à quatre heures d’électricité par jour…

En janvier, le taux de chômage dépasse les 73 % de la population civile. … 90% des Palestiniens de Gaza … vivent sur des aides alimentaires. …

L’économie de la bande de Gaza souffre d’une crise très grave due aux agressions israéliennes et au blocus. Cette situation empêche tout développement d’une économie en faillite qui ne trouve pas les ressources nécessaires pour sortir d’une crise qui touche tous les secteurs.

Une situation jamais vue dans cette région … La population civile se bat quotidiennement pour survivre dignement sur sa terre, mais jusqu’à quand ? Et comment cette population parvient-elle à vivre ?

Les Palestiniens de Gaza attendent et attendent. Ils n’ont pas d’autre choix … ils attendent la levée de ce blocus inhumain, imposé depuis plus de douze ans, ils attendent une réelle réaction internationale qui mette fin à l’impunité de l’occupant. … Mais jusqu’à quand ?

Amitiés de Gaza la vie, si j’ose appeler notre vie à Gaza ‘une vie.’ »

Commentaires

En votant pour le Hamas, les Gazaouis confiaient, en parfaite connaissance des termes de sa charte, leur destin à ce mouvement terroriste qui depuis, sans vergogne ni pitié pour son propre peuple, n'a eu de cesse que de détourner l'aide internationale pour financer ses opérations terroristes contre des civils Israéliens et pour enrichir ses dirigeants. Si les Gazaouis ne sont plus d'accord avec les objectifs du Hamas, qu'ils le montrent en se soulevant ou alors qu'ils fassent preuve d'un minimum de dignité en l'assumant sans geindre. La fourberie ne paie plus.

Écrit par : Giona | 02/02/2018

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