26/08/2018

La nécessité est la mère de l’invention

L’existence d’un pêcheur à Gaza est des plus précaires. Le 14 août, les autorités israéliennes ont annoncé que la pêche serait autorisée jusqu’à 9 miles nautiques dans la Méditerranée le long des côtes de Gaza au lieu des 6 miles imposées également de façon arbitraire. Pourtant, deux jours plus tard, la marine israélienne a poursuivi deux bateaux de pêcheurs palestiniens à une distance de 1 mile de la côte ! Après avoir tiré sur les bateaux, les soldats ont ordonné aux 5 pêcheurs entre 58 et 35 ans d’enlever leurs habits, de sauter dans la mer et de nager jusqu’au bateau militaire, où ils les ont arrêtés. Les deux bateaux ont été confisqués.

Cela servira-t-il d’avertissement à Mouath Abou Zeid, qui s’est lancé récemment dans la profession périlleuse de pêcheur ? Se trouvant au chômage, Abou Zeid s’est inventé un petit bateau de pêche original à partir de 700 bouteilles en plastique vides. Un article dans le Times of Israël décrit comment il a répondu à l’appel de la mer. Je le traduis ici en espérant la clémence des canonnières

 

Gaza, pêche, Méditerrannée. bateaux, pêcheurs palestiniens, chômage, bouteilles en plastique, mer, Rafah, bande de Gaza, poissons, travail, YouTube, frontière

Le bateau-bouteilles, avec Abou Zeid et collègues à bord, navigue dans la mer de Rafah, au sud de la bande de Gaza, 14 août 2018 (AFP PHOTO / SAIF KHATIB)


« Un pêcheur de Gaza lutte contre la pauvreté avec un bateau en bouteilles en plastique

 Par Adel Zaanoun, Times of Israel, 16 août 2018

Mouath Abou Zeid a collectionné des centaines de bouteilles en plastique usées sur les plages de Rafah au sud de la bande de Gaza et en a fait une source de revenu flottante. Ce père de 4 garçons a utilisé de la colle et des vieux filets pour confectionner un petit bateau de pêche qu’il espère l’aidera à subvenir aux besoins de sa famille. Le bateau est simple mais efficace : huit personnes peuvent trouver place à bord, selon son capitaine, qui a 35 ans. Abou Zeid a attaché une large planche en bois sur les bouteilles qui lui sert de siège, lui permettant de ramer à quelques centaines de mètres de la côte pour y trouver des poissons. Pour attraper entre cinq et sept kilos de sardines, rascasses, rouget et d’autres petits poissons, la pêche à la ligne dure environ 8 heures. Abou Zeid vend sa prise à des passants sur la corniche à côté pour le prix de NIS 20 et 40 ($5 à $11) par jour.

Gaza, pêche, Méditerrannée. bateaux, pêcheurs palestiniens, chômage, bouteilles en plastique, mer, Rafah, bande de Gaza, poissons, travail, YouTube, frontière

Après une excursion (Photo AFP)

 Les deux frères cadets de Mouath l’accompagnent. Ils sont au chômage et ne trouvent pas de travail ailleurs. « Je suis peintre en bâtiment, » dit Mouath, qui descend des réfugiés de Jaffa aujourd’hui en Israël. « Mais il n’y a pas de travail et je suis au chômage. Alors, ce bateau est une véritable bouée de sauvetage pour moi et ma famille. »

Gaza, pêche, Méditerrannée. bateaux, pêcheurs palestiniens, chômage, bouteilles en plastique, mer, Rafah, bande de Gaza, poissons, travail, YouTube, frontière

Les trois frères Abou Zeid – de gauche à droite, Mohammed, 23 ans, Ashraf, 20 ans et Mouath, 35 ans, avec leur bateau. 22 août 2018 (Majd Mahmoud pour The National)

Mouath a eu l’idée de fabriquer le bateau de YouTube, où il a vu des amateurs en train de faire des bateaux des bouteilles en plastiques jetées par des touristes sur les plages. « Je l’ai trouvé une excellente idée pour préserver l’environnement et en même temps créer une source de revenu pour moi et pour ma famille – et c’est ça qui s’est passé, » dit-il. Il a emprunté $150 à son père pour fabriquer le bateau. Bientôt, il espère acheter un filet de pêche – « pour que je puisse prendre des poissons en plus grand nombre, les vendre et vivre décemment, » dit-il.

Le bateau est fragile, la frontière avoisinante avec l’Egypte limite ses sorties, mais Abou Zeid dit qu’il trouvera bien assez de poissons le long de la frontière. »

 

Les commentaires sont fermés.