29/08/2018

Pourquoi les affaires ne marchent pas ?

Un article récent en anglais dans le journal israélien Haaretz offre un aperçu rare et complet du cauchemar des commerçants des deux côtés de la frontière entre Israël et la bande de Gaza. L’article montre comment des difficultés inouïes liées aux échanges commerciaux ne sont pas inéluctables mais qu’ils sont soumis aux péripéties de la politique, sans aucune considération de la vie ordinaire souhaitée et souhaitable par et pour tous. Je propose de traduire l’article en quatre parties, vu sa longueur. C’est le titre de l’article qui m’a attiré tout d’abord, puisqu’il concerne une jeune entrepreneuse qui a figuré dans un blog précédant .

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Le passage commercial principal de Kerem Shalom, fermé en juillet 2018


« La lutte d’une palestinienne pour amener de l’électricité à Gaza face aux agissements israéliens à la frontière [1ière partie]

Par Shuki Sadeh, Haaretz, 28 août 2018

Des Gazaouis et des groupes des droits humains se demandent combien de temps Israël laissera passer à nouveau la marchandise au passage de Kerem Shalom, [qui s’est ouvert le 15 août ndlt]. Ils affirment que les agissements israéliens [de fermeture et ouverture ndtl ] visent à punir l’enclave, dirigé par le Hamas.

Majd Mashhawari, 24 ans, a grandi dans la bande de Gaza avec l’Intifada, la fermeture et le blocus. Elle a vécu un incident particulièrement douloureux à l’âge de 13 ans lorsqu’elle a vu un homme se prépare à jeter une bombe depuis une fenêtre : la bombe a explosé entre ses mains. En dépit de la réalité dure, elle a fait des études à l’Université Islamique de Gaza et par la suite a décidé de devenir entrepreneuse.

Il y a un an, Mashharawi et des collègues ont lancé leur projet Sunbox – un système d’énergie solaire léger et pas cher qui sert à alimenter de petits frigos, des laptops et des téléphones portables. Elle a investi beaucoup de temps et de réflexion dans son développement et a voyagé au Japon pour rencontrer des experts. Après avoir installé le système gratuitement dans quelques foyers, elle est maintenant à la recherche des fonds pour réduire le coût du Sunbox, de $350 à $250.

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Un vendeur de falafel au nord de la bande de Gaza peut travailler grâce au Sunbox, 6 août 2018 (Credit : Mohammed Salem/Reuters)

Il y a un mois, l’initiative allait démarrer avec l’arrivée de 200 kits depuis le Japon. Les kits étaient censés entrer via le passage de Kerem Shalom – le point principal pour toute marchandise entre Israël et la bande de Gaza. Mais le même jour, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou et le Ministre de Défense Avigdor Lieberman ont annoncé la fermeture du passage. Les cinq employés déjà engagés pour installer les systèmes étaient soudainement au chômage technique.

Mashhawari a alors prévu de changer le libellé du Sunbox en le désignant comme l’aide humanitaire. Certains de ses clients étaient des personnes en situation de handicap physique en chaise roulante nécessitante une alimentation électrique.

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Majd au travail. 11 février 2017 (Credit : Aseel Khaldy/APA Images/ZUMA Wire/Alamy Live News)

Mais deux semaines plus tard, le problème était résolu autrement : après plus d’un mois, puisque la situation était plutôt calme, Lieberman a décidé la réouverture du passage. Des centaines de camions ont pu passer la frontière. Quoiqu’il en soit, les commerçants des deux côtés savent que, suite à une ouverture, le passage peut se refermer à n’importe quel moment.

La situation difficile de Mashhawari a soulevé un intérêt au niveau mondial et elle a été interviewée par The Guardian. Lorsqu’elle a parlé à Haaretz, elle était aux Etats-Unis pour donner une conférence. « Je suis en train d’expérimenter comment c’est, de vivre avec de l’électricité 24 heures par jour, et il n’y a pas de raison pourquoi nous ne devrions pas avoir une vie comme ça dans la bande de Gaza, » a-t-elle dit. »

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