11/09/2018

Bonne et heureuse, la nouvelle année de Hilel Garmi !

La troisième condamnation en prison pour l’objecteur de conscience israélien Hilel Garmi tombe au moment de à la nouvelle année juive. Garmi refuse le service comme bien d’autres jeunes avant lui, il cite notamment les idées de résistance non-violente d’un des penseurs gazaoui de la Grande Marche de Retour, Ahmed Abou Artema. Enas Fares Ghannam a expliqué comment Artema, qu'elle appelle Ratima,déjà en 2011, inspiré par le printemps arabe, a eu l’idée d’un grand rassemblement pacifique aux frontières avec l’Etat d’Israël pour demander d’appliquer des droits humains élémentaires. Artema et deux autres collègues de la société civil disaient entre eux que la situation spécialement critique à Gaza était un moment propice pour essayer cette approche, en visant, à la longue, un seul état « avec des Palestiniens et le peuple juif réunis sous un gouvernement élu par les deux parties. »

Ratima (ou Artema) était idéaliste. Garmi l’est aussi. Un article récent en anglais du + 972 mag, une traduction d’un article à l’origine en hébreu, relate le raisonnement expressif de ce jeune de 18 ans. Je le traduis ici en français.

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Hilel Garmi (photo Yoav Eshel)


Un objecteur de conscience passera la nouvelle année en prison

par l’équipe du + 972 mag

« L’objecteur de conscience Hilel Garmi fut condamné à 10 jours en prison lundi [3 septembre ndlt] après avoir refusé à nouveau de servir dans les Forces de Défense Israéliennes. C’est sa troisième incarcération – 37 jours au total en prison militaire.

Garmi, 18 ans, vient du Kibbutz Yodfat au nord d’Israël. Il a passé du temps en prison pour la première fois en juillet, après avoir été arrêté à son domicile par la police militaire. En ce moment, il a fait la déclaration suivante : « Je sais que je serai fier de cette décision pour le reste de ma vie, sachant qu’en ce moment de vérité, je suis resté fidèle à mes croyances et que j’ai fait la seule chose que me semble morale. Comme je le vois, j’ai choisi de me mettre du bon côté de l’histoire [history ndlt].

Dans sa déclaration de refus, Garmi a expliqué, par écrit, qu’il était inspiré par Ahmed Abou Artema, un des organisateurs principaux des manifestations de la Grande Marche de Retour non-violente le long de la frontière avec Gaza. Il écrit : « J’étais impressionné qu’il y ait des gens qui veulent faire face à la situation entre le fleuve du Jourdain et la mer sans avoir recours à la violence. Moi, aussi, je crois à la désobéissance civile – en l’action de la pression non-violente pour faire ressortir le manque de moralité d’un gouvernement. »

Ecouter Hilel Garmi sur Youtube :

https://www.youtube.com/watch?time_continue=10&v=13mP_KZR8S8

Garmi a encore expliqué : « Je sais que presque tous les pays ont besoin d’une armée pour se protéger, mais les armées ne peuvent pas justifier n’importe quelle opération par des problèmes de sécurité et nous avons besoin de déterminer les lignes rouges qui font que, si l’armée les transgresse, nous ne pouvons pas la soutenir. Pour moi, après plus de 50 années d’occupation, les lignes rouges ont été définitivement transgressées. Mon refus du service militaire était personnel au début, mais ces derniers six mois m’ont décidé de rendre mon refus public. Je me suis décidé de le faire parce que je crois que la désobéissance civile peut amener à un changement et toucher le sens de la justice des gens privilégiés entre le fleuve du Jourdain et la mer. D’habitude, on a recours à la désobéissance civile lorsqu’un gouvernement a perdu la source de sa légitime autorité. À mon avis, après 50 ans de règne antidémocratique, le gouvernement entre le fleuve du Jourdain et la mer a perdu son autorité légitime. »

Garmi est accompagné dans sa démarche par « Mesarot », un réseau politique israélien qui soutient les objecteurs de conscience.  Peu avant son incarcération, Garmi a commencé un blog intitulé « Hilel refuse ». Il y publie de petites histoires et des essais qu’il écrit en prison. On pense qu’il sera derrière les barreaux pendant la nouvelle année juive ces jours-ci. 

Une version ce cet article est paru en hébreu sur Local Call. Lisez-le ici. »

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