07/12/2018

« Et la lumière fut »

Imaginer les rues de Genève sans lumière, surtout dans cette belle période festive, est chose difficile. À Gaza, par contre, c’est un changement radical que de pouvoir sortir dans la rue illuminée le soir. C’est aussi une nouveauté de durée incertaine. Un article récent sur le blog du Gisha, Le Centre légal pour la libre circulation en Israël, raconte en anglais les joies simples d’une amélioration inouïe, bien que temporaire, dans la distribution actuelle d’électricité dans la bande de Gaza. En voici la traduction.

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Magasins en ville de Gaza de nuit, juin 2018 (photo Gisha)


« Pourquoi l’électricité tout d’un coup ? » demandent les enfants

Blog de Gisha, 25 novembre 2018

L’unique centrale électrique de Gaza a reçu un coup de pouce considérable en carburant grâce à des subventions du Qatar. Après des années de pénurie croissante, l’électricité est maintenant disponible pendant toute la nuit dans une bonne partie de la bande de Gaza. Il y a au moins huit heures consécutives de l’électricité, les pannes durent au maximum huit heures. Le coordinateur de terrain de Gisha, Mohammed Azaiza, vit avec sa femme et leurs quatre enfants à Deir al-Balah dans la bande de Gaza. Il décrit la vie dans des conditions que les résidents de Gaza avaient oubliées et que ses jeunes enfants n’avaient jamais connues.

« Tout d’un coup, on peut faire la lessive. La machine peut faire plusieurs cycles sans que le courant s’arrête au milieu d’un cycle. Avant, on se levait au milieu de la nuit pour laver et repasser les uniformes des enfants pour l’école. Maintenant, nous pouvons planifier notre journée du matin jusqu’au soir. »

« Puis, » dit Mohammed, « il y a de la lumière dans notre frigo. On peut faire du houmous à la maison en sachant qu’on peut le garder ensuite au frigo. On peut acheter du fromage. On peut cuire au four. Cette semaine, ma femme a fait un cheesecake. Et on peut regarder le foot à la télé. Tout est plus facile. On peut surfer sur Internet, charger le téléphone portable et le laptop. C’est plus facile de prendre soin des enfants. Avec un bébé, on a constamment besoin de l’eau chaude. Nous en avons maintenant. »

« Pour les enfants, le fait d’avoir de l’électricité pendant dix heures sans coupure aucune est une réalité tout nouvelle. Ils demandent : « Pourquoi avons-nous de l’électricité tout d’un coup ?, » dit Mohammed. « Bien sûr, ils en sont ravis et s’y sont adaptés rapidement, après trois ou quatre jours. Ma femme reste toujours appréhensive - elle demande : « Quand l’électricité va-t-elle cesser ?

 

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Femmes palestiniennes dans une rue de Gaza, 11 janvier 2017 (photo de Mohammed Salem, Reuters)

Les heures d’électricité supplémentaires ont un impact sur tout le climat social, selon Mohammed. Il y a de la lumière dans les rues. Les magasins restent ouverts le soir. « Les magasins, les restaurants et les hôtels dépendent moins des générateurs maintenant, » continue Mohammed. « Cela engendre moins de coûts et les motive à rester ouverts plus tard, jusqu’à 22h ou 22h30. »

La nouvelle réalité suscite un petit espoir timide, avant une ixième escalade des hostilités, mais la fourniture de courant électrique risque d’être de courte durée. Le don qatari de 60 millions de dollars permettra le fonctionnement des trois turbines de la centrale pendant un maximum de six mois. Il ne fait pas encore très froid, mais l’augmentation de la demande en électricité pendant les jours froids de l’hiver va mettre une pression sur le système.  

À Gaza, les gens vivent un jour à la fois. Entre-temps, Mohammed résume : « Lorsque tu sors le soir et qu’il y a de la lumière dans la rue, tu te sens optimiste. »

 

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