Gaza et Israël : l’effet papillon ?

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Israël et la bande de Gaza partagent la même mer et le même air. Tous deux souffrent des conséquences de la détérioration des conditions environnementales à l’intérieur de l’enclave de Gaza, à peine plus grande que le canton de Genève, mais avec une population de plus de 1'800'000 (environ 500'000 pour notre canton). Un avertissement parmi d’autres a été émis par le CICR en mars de cette année.

Un rapport des universités Ben-Gurion et Tel-Aviv vient de le redire : un désastre écologique et humain se prépare dans cette partie du monde. La seule réaction intelligente serait que des experts des deux entités s’unissent pour faire front commun devant la menace qui pèse sur tous les habitants de la région. Que la menace devienne défi et moyen de penser grand, plus grand que des polémiques politiques qui n’auront plus d’importance si les choses ne changent pas – et vite ! Un article en anglais du Haaretz expose la situation. En voici la traduction.

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Des enfants pataugent dans les eaux usées à Mighraqa, à la périphérie de la ville de Gaza, 13 avril 2016 (Crédit : Khalil Hamra / AP)

« L’état environnemental à Gaza implose et pose une menace pour la sécurité nationale d’Israël

Le déversement des eaux usées et la pollution de l’air pourraient avoir une incidence importante sur des stations de désalinisation et les niveaux de smog. Des experts l’affirment et préviennent que l’eau souterraine de Gaza cesserait d’être consommable dans le courant de 2020. 

Par Zafrir Rinat, 3 juin 2019, Haaretz

L’implosion des infrastructures de l’eau, des eaux usées et de l’électricité dans la bande de Gaza pose une menace matérielle pour l’eau souterraine, l’eau de la mer, les plages et les stations de désalinisation …

Un rapport a été présenté ce lundi à la conférence annuelle de l’Association israélienne des médecins de santé publique et des écoles de santé publique, rencontre parrainée également par l’Association israélienne des vétérinaires. Il a été commandité par l’organisation environnementale EcoPeaceMiddle East, qui encourage la coopération entre Israël, la Jordanie et les Palestiniens.

La demande d’électricité à Gaza est approximativement de 450 mégawatts mais la capacité des infrastructures est largement dépassée : il manque entre 120 et 140 mw. En conséquence, les stations d’épuration des eaux ne fonctionnent pas : 70% des eaux usées sont déversées directement dans la mer sans aucun traitement. La plupart des eaux souterraines sont déjà contaminée – selon l’Organisation de la Santé, il n’y aura plus d’eau potable dans les aquifères à partir de l’an prochain.

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Point d’eau public, Khan Younis, 16 janvier 2019 (UNICEF/UN068302/ El Baba)

Se référant à des informations de l’Institut israélien de recherche océanographique et limnologique, les auteurs du rapport indiquent que la station israélienne de désalinisation d’Ashkelon a dû fermer il y a déjà trois ans à cause du déversement des eaux usées. À Gaza même, la natation est bannie sur la moitié des plages en raison de la concentration des bactéries dans l’eau.

Les eaux usées contaminées s’infiltrent dans la nappe souterraine au sud-est d’Ashkelon, une ressource importante pour Israël. Israël détourne une certine quantité des eaux usées palestiniennes à une station de traitement à Sderot. Les fuites, surtout pendant les crues d’hiver, risquent de contaminer l’eau du sous-sol. De surcroît, un ruisseau, une fois contaminé, devient encore plus attirant pour les moustiques, vecteurs de maladies, notamment du virus du Nil occidental.

La pollution par les particules fines dans l’air est un autre problème environnemental apparu il y a un an. Le rapport compare les niveaux de smog mesurés l’été passé, lorsque les Palestiniens de Gaza envoyaient des ballons et des cerfs-volants incendiaires sur des champs en Israël, aux niveaux de l’été 2017. Les auteurs ont constaté une augmentation dans la concentration de particules susceptibles de pénétrer dans les poumons et de conduire à la mort. En 2017, cette concentration atteignait 37.25 microgrammes par mètre carré d’air. Un an plus tard, elle allait jusqu’à 51 mg.

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Ballons incendiaires envoyées depuis Gaza, 19.10 2018 (Ashraf Amra / APA images)

Les ballons et les cerfs-volants envoyés sur territoire israélien ont mis le feu à des arbres et à des champs. Les particules fines dégagées par ces incendies se sont ajoutées à celles des feux des déchets dans la bande de Gaza, où l’on brule le contenu des décharges lorsqu’il devient trop important.

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Fumée dégagée par une frappe israélienne sur la ville de Gaza, 5 mai 2019 (Ibrahim Khalaf / APA images)

Jusqu’à maintenant, Israël est parvenu à atténuer l’effet de pollution environnementale venant de Gaza en surveillant la qualité de l’eau de mer et en fermant la station de désalinisation à Ashdod, si nécessaire. Israël pourrait aussi traiter les eaux usées de Gaza. Mais plus la population de Gaza augmente, avec la quantité d’eaux usées qui en résulte, plus le risque de dommages irréparables pour les plages et pour l’eau souterraine en Israël.

Selon Gideon Bromberg, directeur israélien d’EcoPeaceMiddle East, le rapport a des implications pour la sécurité nationale de l’Etat d’Israël : « Les habitants d’Israël, et tout particulièrement les résidents du sud, sont exposés à un nombre de menaces qui découlent de la situation à Gaza, et non pas seulement des dangers déjà identifiés. Sans une action urgente et énergétique, des épidémies et des infections vont se déclarer et coûter cher en vies humaines, en Israël et à Gaza, et aucune barrière ou Iron Dome ne pourra éviter ce désastre. » Si l’on ne fait rien, il pourrait en résulter l’horreur politique sous la forme de centaines de milliers de Gazaouis fuyant vers Israël pour sauver leur vie face à la peur des maladies. Bromberg déclare : « La responsabilité pour l’action ne se repose pas seulement sur les épaules d’Israël, mais le besoin d’agir est clair et immédiat. »

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Mur en construction dans la mer entre Israël et Gaza, 8 août 2018 (website Ministry of Defense)

Commentaires

  • Et voilà celle qui donne une mauvaise réputation de la Suisse!
    La honte en mouvements pour transmettre les mensonges d’un groupuscule de terroristes! Pauvre vous! Faut espérer que votre famille ne se réduise qu’a Un fils sur lequel vous avez déteint. Vous êtes à gerber!

  • Madame Scheller, merci pour cet article du Haaretz. Cela prouve une nouvelle fois, si besoin est, que le blocus imposé à Gaza depuis plus de 10 ans par Netanyahu, a fini par avoir des effets néfastes pour les population palestinienne et israélienne.
    A l'attention de celle qui n'a rien compris, la harceleuse des blogs, il s'agit d'un auteur israélien et d'un article d'un journal israélien. C'est Haaretz que vous traitez d'un groupuscule de terroristes ou les universités Ben-Gurion et Tel-Aviv?

  • La Patoche, c'est vous qui donnez une mauvaise réputation à la Suisse en insultant les blogueurs, les blogueuses et les commentateurs. Si vous êtes incapable de vous comporter comme quelqu'un de civilisé, arrêtez d'intervenir sur les blogs et rentrez chez vous.

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