Cibles illicites : aveu accablant de l’armée israélienne

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Un article de l’+ 972 mag, site d’information israélienne, signale un changement dans les directives de l’armée israélienne annoncé par le radio Kan News le 22 juillet. La source de cette nouvelle est l’organisation israélienne pour les droits humains B’Tselem. Ayant constaté que des tirs de balles réelles en dessus du genou contre les manifestants non-armés palestiniens de la Grande Marche du Retour pouvaient être mortels, les autorités militaires ont exigé des tirs dans un premier temps au-dessous des genoux et, dans un deuxième temps, dans la cheville. Malheureusement, les tireurs d’élite n’ont pas suivi ces consignes ce vendredi 26 juillet, lorsqu’un jeune de 23 ans a succombé à un tir dans le ventre. Le Centre palestinien des droits humains (PCHR) a dénombré 71 blessés, dont 30 enfants, 3 femmes et un travailleur médical dans cette dernière manifestation hebdomadaire dont la première était le 31 mars 2018. Un bilan des actions militaires de l’Etat israélien face aux manifestants civils de Gaza se trouve dans le rapport de la Commission d’enquête international présenté aux Conseil des droits de l’homme de l’ONU en mars 2019.

Un officier du groupe d’Anti-Terrorisme de l’Ecole Lotar d’Antiterrorisme près de Modi’in déclare dans un article du Jérusalem Post ce 25 juillet que les soldats qui tirent sur les manifestants sont censés blesser sans tuer. Selon le rapport de l’ONU, une telle politique face à des citoyens qui ne présentent presque jamais une menace imminente pour la vie des soldats armés jusqu’aux dents revient à de « graves violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. » Les conséquences terribles des tirs dans les jambes peuvent être constatées dans un rapport de DCIP (Defense for Children International - Palestine) que je résume ici.

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Manifestation le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël du 19 juillet 2019 (Crédit AFP)

« Des balles israéliens ont coûté leurs jambes à ces trois enfants

par Defense for Children International – Palestine 29 mars 2019

Mohammad H., 13 ans, marchait avec tout un groupe en direction de la barrière près du camp de réfugiés de Jabaliya le 29 juin 2018. Il n’avait rien dans ses mains et il faisait le signe « V » pour victoire avec ses doigts. Une balle l’a frappé dans la jambe, qu’on a dû amputer. Il déclare dans le témoignage vidéo du DCI qu’il participait dans une manifestation pacifique, qu’on a tiré dans sa jambe et qu’il n’a plus de jambe.

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Mohammad H., 13 ans, n’est plus le même garçon selon son père (Photo : DCIP / Saud Abou Ramadan)

Mohammad M., 17 ans, du camp de réfugiés de Khan Younis, était dans sa dernière année du lycée. Le 5 avril 2018, il a décidé d’aller aux tentes de la Grande Marche du Retour pour la première fois. Une veille dame a passé un drapeau qu’elle portait à son cousin, qui l’a ensuite passé à Mohammed, qui a eu l’audace d’aller placer le drapeau sur la barrière de séparation. Il a été frappé dans la jambe par une balle explosive. Il ne comprend pas pourquoi il a été pris comme cible : « Nous n’avions pas d’armes, nous ne jetions pas de pierres, nous ne posions aucun danger pour les soldats. J’ai été à pied jusqu’à la barrière. Je l’ai fait ouvertement, pas en cachette. »

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Mohammad M., 17 ans, jouait au foot tous les jours avant l’amputation de sa jambe (Photo : DCIP / Saud Abou Ramadan)

Abdullah Q., 16 ans, participait à la manifestation du 14 mai où l’armée a tiré sur environ 1'162 personnes avec des balles réelles. Il était assis dans un petit trou quand une balle a déchiré les deux jambes. Il explique qu’il ne jetait pas de pierres et qu’il ne brûlait pas des pneus, comme d’autres. Il rêve de pouvoir avoir des prothèses afin de pouvoir marcher à nouveau.

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Abdullah Q., 16 ans, aime travailler avec tout ce qui est électronique et de réparer des appareils. (Photo : DCIP / Saud Abou Ramadan)

Depuis un an, DCIP a documenté 18 cas d’enfants palestiniens qui ont été handicapés pour la vie par les blessures reçues dans les manifestations de la Grande Marche du Retour. En janvier, DCIP a soumis un rapport aux enquêteurs de l’ONU. Selon le rapport, des balles réelles ont blessé 940 enfants ; 702 autres ont été blessés par des éclats, des balles en caoutchouc ou de cannettes de gaz lacrymogène. »

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