10/02/2009

« La Vie Continue à Gaza »

Des étudiants photographes ont capturé des images de la vie qui tourne dans la bande de Gaza, avec le soutien du département du français et du centre de la paix de l’Université d’Al Aqsa. Ce sont Asmaa. Amir, Manar, Tsahil, Abdallah et Rida qui partagent avec nous quelques résultats de leur atelier photos. Leur professeur, l’infatigable Ziad Medoukh nous les envoie avec le commentaire suivant : « Ces photos montrent la volonté de notre peuple isolé mais courageux de défier la situation actuelle et les conséquences de la guerre israélienne contre notre population civile qui garde espoir malgré toutes le pertes humaines et matérielles. La vie continue à Gaza. »

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25/01/2009

Reprise des cours à l’Université Al-Aqsa

Ziad Medoukh nous annonce la ré-ouverture de l’Université d’Al-Aqsa, ville de Gaza, 25 janvier 2009

 

  

L’université Al-Aqsa reprend les cours à Gaza malgré les dégâts

Gaza-War-MAbusal--84.jpg

photo : obus contre l’Université Al Aqsa (Mohamed Abusall)

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24/01/2009

Pourquoi Gaza ?

« L’ampleur de la cruauté, l’absence de honte ou de retenue sont frappantes …  »

[lrb.co.uk]

 

Les témoignages recueillis cette semaine après ces trois semaines d’attaques israéliennes sur Gaza sont pénibles à lire et entendre [Al-Jazeera en anglais]). Nous apprenons des meurtres gratuits d’enfants par des soldats qui s’en amusent et des actes ignobles qui sont certainement contraires au droit international et aux droits de l’homme. Mais ce sont surtout des actes qui nous semblent irréels, il semble inconcevable qu’un être humain  agisse ainsi envers un autre être humain qui ne présente aucune menace. A moins que son existence même soit une menace ? Un auteur israélien nous dénonce la vraie politique de son pays envers la Palestine et envers Gaza. Son article date du 15 janvier, un des pires jours de ces attaques.

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20/01/2009

De Gaza : l’arme la plus puissante

 « Nous nous devons d’expérimenter les voies de l’amour. »

(Dr. Attalah Tarazi, chirugien de l’hôpital Al-Shifa, Gaza)

 

Hier soir à Genève, un rassemblement a réuni des gens pas toujours d’accord sur plein de détails, mais unis dans la conviction que la violence n’est pas capable de résoudre des conflits. La pluie qui tombait autour de nous ravivait tous les arguments intellectuels, logiques, « réalistes » qui disent depuis trois semaines l’inévitabilité de l’action infâme de l’armée israélienne à Gaza. La lumière du feu et des torches disaient le contraire : qu’il suffit une volonté implacable de mettre en place des alternatives pour éviter des désastres humains.

Les désastres naturels, nous les connaissons. Que les souffrances de Gaza convainquent le monde que Gaza doit être le dernier de grands désastres humains.

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14/01/2009

L’enfer sur terre

Depuis plusieurs jours, des témoignages de sources différents (Middle East Online , Le Monde) signalent l’utilisation par l’armée israélienne d’armes terriblement blessantes.

 

« Les nouvelles bombes d’Israël – les survivants racontent

                 

13 janvier 2009

 

… C’était une nuit de terreur. Nous étions terrifiés. Nous pensions que nous allions brûler vifs.

 

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13/01/2009

Ils osent ! Ils ont le courage de dire « non »

 Ma’an News Reports

12 January 2009

 

 « Certains soldats israéliens préfèrent la prison plutôt que participer à l’opération de Gaza

 

Pour la première fois depuis les début de l’assaut aérien, maritime et terrestre sur Gaza, une dizaine de soldats ont choisi la prison plutôt que servir dans la bande de Gaza.

 

Ils ne sont pas les seuls puisque nous venons de recevoir (le 14 janvier) en provenance d'Israël une vidéo des refuseniks de Tel-Aviv

 

Video_Refuseniks.jpg

 

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12/01/2009

Une voix du camp de réfugiés de Jabaliya

Mohammed Fares Al Majdawali vit dans le camp de réfugiés de Jabaliya. Il aspire à devenir un cinéaste professionnel. C’est un universitaire, membre de la Bibliothèque des Enfants al-Assria et bénévole de L’Alliance des Enfants du Moyen Orient, une association qui envoie de l’aide médicale aux gazaouis assiégés et qui tient à communiquer son vécu au monde extérieur. 

Suite au témoignage qui suit (l’original se trouve sur http://electronicintifada.net/v2/article10169.shtml), l’Alliance des Enfants du Moyen Orient a reçu un message de Mohammed que disait que toutes les maisons dans son quartier avaient été détruites. Lui et sa famille se sont réfugiés dans l’école de l’ONU de Jabaliya où une attaque israélienne a tué 43 personnes le 6 janvier. Il est sans nouvelles de son frère et craint pour sa vie.

«  Gaza se noie dans une rivière de sang

Je veux écrire la souffrance de mon peuple et de ma famille dans ces jours de siège contre le gens de Gaza. Au moins 888 personnes ont été tuées et plus que 3’700 blessées. À plusieurs reprises le Comité Internationale de la Croix Rouge a accusé les militaires israéliens de lui refuser d’envoyer des ambulances dans quartier Al-Zeitoun en ville de Gaza. En conséquence les blessés meurent, ce qui est une violation préméditée et flagrante des droits humains.

Ma famille est privée des denrées de base. Pas de nourriture. Pas de pain. Pas de gaz. Pas d’avenir. Hier, mon père est allé à la boulangerie à 5 h du matin. Il a attendu 5 heures pour une miche de pain, ce qui ne nous suffit pas, puisque nous sommes 11 dans la famille. C’est moi qui est allé aujourd’hui. J’ai passé voir toutes les boulangeries. Elles sont toutes fermées.

Nous n’avons aucun endroit sûr où aller. Nous ne pouvons pas communiquer avec notre parenté ni nos amis – il n’y a pas de réseau pendant que des missiles pleuvent sur nos maisons, nos mosquées et même nos hôpitaux.

Notre vie se résume aux enterrements de ceux que nous appelons nos martyrs – tous ceux qui sont morts. La nuit, notre camp de Jabiliya est une ville fantôme : le seul bruit est celui des F-16 et des hélicoptères Apache israéliens.

Chaque moment est une horreur, surtout pour les enfants. Cinq sœurs d’une seule famille étaient tuées chez elles par les forces de l’occupation israéliennes [voir ism-suisse].

Mais il y a encore 800’000 enfants à Gaza. Ils vivent tous dans la peur, en attendant que quelqu’un ou quelque chose puisse les aider. Ils sont prisonniers dans une prison qui se transforme en camp de concentration. Chaque jour nous nous réveillons avec plus de crimes israéliens : le meurtre de femmes et d’enfants et la destruction des foyers des civils. Je n’ai pas de mots pour exprimer mes sentiments sur la vie que nous vivons ici à Gaza.

gazsss.jpg

  photo : Image by Dee via Rense.Com

J’ai deux messages pour le monde, pour ceux qui disent aimer la paix et aspirer à la liberté.

Imaginez votre vie sans électricité, les maisons détruites, le bruit des frappes des missiles et leurs résultats, jour et nuit, et une faim aussi grande que notre faim pour la nourriture: la faim pour la fin de cette occupation et ce siège.

Imaginez que ce n’est pas vous seulement, mais vos enfants et votre famille dont les yeux crient silencieusement : « Nous avons peur des missiles. » « Nous ne pouvons pas dormir. » « Peut-être que nous n’allons jamais dormir de nouveau. » Imaginez que vous êtes le barrage et que la rivière de sang est subitement en crue. Pour combien de temps pourriez-vous tenir bon ?

Nous ne serions pas obligés de subir et de résister encore si le monde prenait parti pour nous, si le monde demandait une fin de ce siège, des tueries et de la destruction des maisons pour sauver nos enfants, si le monde nous aidaient par des rassemblements et des sit-in.

Pour conclure, je vous invite à venir en visite à Gaza et de voir l’Holocauste.

[Depuis samedi et jusqu’à demain, il y a des parlementaires-observateurs européens en visite à Gaza (http://www.neurope.eu/articles/91865.php)]

Parce qu’en dépit du siège, des tueries de mon peuple, de la destruction de leurs maisons et de l’anéantissement de nos vies par l’occupation israélienne, ils ne peuvent jamais tuer l’aspirations de notre peuple à l’égalité et à la justice.

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11/01/2009

Hamas à la recherche d’un intermédiaire de confiance

Dr Yousef Ahmed a vécu vingt ans aux Etats-Unis, où il a obtenu un doctorat en économie. Il est un des conseillers du premier ministre Ismail Haniyeh. Son plaidoyer éloquent pour une trêve de longue durée, paru dans le New York Times le 1er novembre 2006, n’a malheureusement pas eu de suite politique. L’association française La Paix Maintenant, qui soutient le mouvement israélien du même nom, a publié la traduction de cet article (http://www.lapaixmaintenant.org/article1432).  Dr Ahmed est revenu à la charge le 8 janvier 2009 dans un article publié sur Ma’an News. En voici un extrait. L’article se trouve en totalité en anglais sur http://www.maannews.net/en/index.php?opr=ShowDetails&....

081026-ahmed-yousef.jpg

Dr Yousef Ahmed au travail (photo Rami Almeghari octobre 2008) (http://electronicintifada.net/v2/article9917.shtml )

« En fait, nous accueillons positivement la proposition de cessez-le-feu »

(…)  le Hamas accueille l’initiative égyptienne-française pour finir ce bain de sang.

Nous reconnaissons qu’il contient beaucoup d’éléments positifs; pourtant, il y a quelques éléments qui demandent une réflexion supplémentaire. Nous désirons un cessez-le-feu immédiat pour mettre fin aux souffrances causées par la violence actuelle et le blocus économique. A cette fin, il nous faut un intermédiaire de confiance que peut garantir qu’Israël respectera les conditions de cet accord de cessez-le-feu.

Nous avons déjà proposé une trêve à long terme à la condition que les israéliens montrent leur bonne volonté de se retirer de tous les territoires occupés suite aux incursions de 1967, comme l’exige le droit international.

Nous nous engageons d’arrêter les hostilités pourvu qu’Israël fasse preuve de bonne foi en arrêtant ses attaques incessantes sur notre peuple et qu’elle lève le blocus économique qui a paralysé notre vie économique et sociale pendant les trois dernières années.

Pour une paix durable, il faudrait considérer d’autres questions encore : le retrait de l’armée israélienne de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est ; le démantèlement de toutes les colonies israéliennes derrière les lignes du 4 juin 1967 ; et la reconnaissance du droit des palestiniens à retourner chez eux et à déterminer leur futur eux-mêmes.

Le Hamas est d’accord de travailler avec le gouvernement palestinien élu et la communauté internationale pour contribuer à la stabilité de la région et pour redonner espoir à notre peuple.

Malgré cela, étant donné la pluie de bombes et les tanks autour de nos maisons, nous affirmons que le peuple palestinien a le droit d’agir selon la Résolution 2649 de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Cette résolution était votée par la communauté internationale. Elle ‘affirme la légitimité de la lutte que mènent les peuples assujettis à une domination coloniale et étrangère et auxquels on a reconnu le droit à disposer d’eux-mêmes pour recouvrir ce droit par tous les moyens dont ils disposent.’ »  

 

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09/01/2009

Violations du droit international humanitaire par l’Etat d’Israël

L’organisation israélienne B’Tselem, fondée en 1989 par des avocats, des professeurs, des journalistes et des membres de la Knesset, a comme but de « documenter et éduquer le public et les responsables de la politique en Israël sur les droits humains dans les Territoires Occupés, lutter contre le phénomène de dénégation répandu dans le public israélien et aider à créer une culture des droits humains en Israël. » L’original du rapport qui suit est le dernier en date, plusieurs autres peuvent être consultés sur le site : http://www.btselem.org/English/

« Témoignage : famille de Gaza massacrée ; survivants détenus

B’Tselem, 8 janvier 2009

Meysa Fawzi al-Samuni a 19 ans, elle est femme au foyer, son bébé a neuf mois, elle habite dans la ville de Gaza. Elle a donné le témoignage suivant à Iyad Haddad de B’Tselem par téléphone le 7 janvier 2009 :

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 Meysa al-Samuni et sa petite fille à l'hôpital al-Shifa, 8 janvier 2009 (photo Muhammad Sabah, B'Tselem)

‘Dimanche [4 janvier] autour de 9 heures du matin, des soldats sont venus à la maison de mon beau-père, Rashed al-Samuni. La maison se trouve à côté d’une entreprise de manufacture de ciment. Nous étions 14 dans la maison, tous de la famille al-Samuni : mon mari Tawfiq (21 ans) et moi, Jumana notre bébé, mon beau-père Rashed (41 ans), ma belle-maman Rabab (38 ans), les frères et sœurs de mon mari – Musa (19 ans), Walid (17 ans), Halmi (14 ans), Zeineb (12 ans), Muhammad (11 ans), Shaban (9 ans), Issa (7 ans), Islam (5 ans) et Isra (2 ans).

Les soldats sont arrivés à pied. Ils ont frappé à la porte. Nous avons ouvert, puis, en nous menaçant avec des armes, ils nous ont forcé à sortir de notre maison. Ils portaient des gilets pare-balles et étaient armés de mitrailleuses. Leurs visages étaient peints en noir. Nous avons quitté la maison. Walid a couru par une autre porte, mais les soldats l’ont rattrapé.

Les soldats nous ont fait marcher jusqu’à la maison du frère de mon beau-père, Talal Halmi al-Samuni (50 ans), à une distance d’environ 20 mètres. Il y avait déjà à peu près 20 personnes dans la maison ; en tout, nous étions 35. Les soldats nous ont quitté, manifestement pour fouiller la maison de mon beau-père.

Environ une heure plus tard, les soldats sont revenus et nous ont ordonné d’aller avec eux à la maison de Wail al-Samuni (40 ans). Sa maison est une sorte d’entrepôt en béton d’environ 200 mètres carrés. Elle se trouve à environ 20 mètres de la maison de Talal, où nous étions. Nous y sommes arrivés à 11h. Là, nous avons trouvé 35 personnes, à ce moment, nous étions en tout 70 personnes. Nous y sommes restés jusqu’au matin suivant sans rien à manger ni à boire.

Autour de 6h du matin [lundi 5 janvier], c’était calme dans la région. Un des hommes de la famille, Adnan al-Samuni (20 ans) a dit qu’il voulait aller chercher son oncle et sa famille pour qu’ils puissent être avec nous autres. Mon beau-papa, son neveu, Salah Talal al-Samuni (30 ans) et son cousin Muhammad Ibrahim al-Samuni  (27 ans), était debout à la porte d’entrée de la maison. Ils avaient l’intention de partir ensemble à la recherche de cette famille. Le moment même où ils ont quitté la maison, un missile ou un obus s’est abattu sur eux. Muhammad était tué sur le champs; les autres étaient blessés par les éclats. Mon mari s’est approché d’eux pour leur porter de l’aide, et puis un missile ou un obus a frappé le toit de l’entrepôt. D’après l’intensité de la frappe, je pense que c’était le missile d’un F-16.  Au moment de la frappe du missile, je me suis couchée sur notre fille. Tout était fumée et poussière, et j’ai entendu des hurlements et des gens qui pleuraient. Après que la fumée et la poussière se soient quelque peu dissipées, j’ai regardé autour de moi. J’ai vu entre 20 et 30 morts et environ 20 blessés. Il y avait des gens gravement blessés et d’autres légèrement blessés.

Ceux qui gisaient morts, autour de moi, étaient mon mari, qui a été frappé dans le dos, mon beau-père, qui avait subi une frappe à la tête – sa cervelle était à terre – ma belle-maman Rabab, Talal le frère de mon beau-père et sa femme Rhama Muhammad al-Samuni (4 ans), la femme du fils de Talal, Maha Muhammad al-Samuni (19 ans) et son fils Muhammad Hamli al-Samuni (5 mois) dont tout le cerveau avait été éjecté à côté de son corps, Razqa Muhammad al-Samuni (50 ans), Hanan Khamis al-Samuni (30 ans) et Hamdi Majid al-Samani (22 ans).

Le frère de mon mari Musa et moi étions légèrement blessés. Musa avait une blessure à l’épaule et ma main gauche était blessée. Ma fille était touchée à la main gauche. Son pouce, son index et son doigt du milieu ont été arrachés. J’ai pris un mouchoir et j’ai emballé sa main pour arrêter le saignement.  Les blessés qui gisaient parterre criaient à l’aide sans pouvoir bouger. Les petits enfants et la grand-mère de mon mari, Shifaa al-Samuni (70 ans) pleuraient.

Environ 15 minutes après la deuxième frappe, Musa a dit que c’était une idée de se sauver dans la maison de son oncle, Assad al-Samuni, à une distance d’environ 20 mètres. Nous y avons couru et frappé au portail, mais personne n’a répondu.  Musa a sauté par-dessus le portail, l’a ouvert et nous y sommes entrés. Nous, c’était moi, ma fille, Musa et ses petites sœurs Islam (5 ans) et Isra (2 ans).  Il y avait entre 40 et 50 soldats dans la maison et environ 30 personnes rassemblées dans une des chambres, dont entre 7 et 10 hommes. Les hommes avaient les yeux bandés.

Un des soldats s’est approché de moi et a soigné ma fille et moi. Il a pansé nos mains et vérifié nos pouls. Puis, les soldats ont ligoté Musa et lui ont bandé les yeux.

Les soldats nous ont dit qu’ils allaient nous relâcher et laisser seulement Musa et l’oncle Emad au cas où le Hamas viendrait. J’ai compris qu’ils avaient l’intention de les utiliser comme « boucliers humains ». Ils nous ont ordonné de quitter la maison et nous ont fait marcher le long de la rue 400 – 500 mètres jusqu’à ce que nous trouvions une ambulance qui emmène ma fille et moi à l’hôpital al-Shifa. Les autres membres de ma famille ont continué à marcher dans la rue. Plus tard, quelques-uns parmi eux sont aussi arrivés à l’hôpital.

Autant que je sache, les morts et les blessés sont toujours sous les décombres. Je n’en ai vu aucun parmi les gens emmenés à l’hôpital. »

(voir aussi http://electronicintifada.net/v2/article10144.shtml )

Violations du droit international humanitaire par l’Etat d’Israël

L’organisation israélienne B’Tselem, fondée en 1989 par des avocats, des professeurs, des journalistes et des membres de la Knesset, a comme but de « documenter et éduquer le public et les responsables de la politique en Israël sur les droits humains dans les Territoires Occupés, lutter contre le phénomène de dénégation répandu dans le public israélien et aider à créer une culture des droits humains en Israël. » L’original du rapport qui suit est le dernier en date, plusieurs autres peuvent être consultés sur le site : http://www.btselem.org/English/

« Témoignage : famille de Gaza massacrée ; survivants détenus

B’Tselem, 8 janvier 2009

Meysa Fawzi al-Samuni a 19 ans, elle est femme au foyer, son bébé a neuf mois, elle habite dans la ville de Gaza. Elle a donné le témoignage suivant à Iyad Haddad de B’Tselem par téléphone le 7 janvier 2009 :

20090108_Soldiers_kill_and_wound_members_of_a_Samuni_family.jpg

 Meysa al-Samuni et sa petite fille à l'hôpital al-Shifa, 8 janvier 2009 (photo Muhammad Sabah, B'Tselem)

‘Dimanche [4 janvier] autour de 9 heures du matin, des soldats sont venus à la maison de mon beau-père, Rashed al-Samuni. La maison se trouve à côté d’une entreprise de manufacture de ciment. Nous étions 14 dans la maison, tous de la famille al-Samuni : mon mari Tawfiq (21 ans) et moi, Jumana notre bébé, mon beau-père Rashed (41 ans), ma belle-maman Rabab (38 ans), les frères et sœurs de mon mari – Musa (19 ans), Walid (17 ans), Halmi (14 ans), Zeineb (12 ans), Muhammad (11 ans), Shaban (9 ans), Issa (7 ans), Islam (5 ans) et Isra (2 ans).

Les soldats sont arrivés à pied. Ils ont frappé à la porte. Nous avons ouvert, puis, en nous menaçant avec des armes, ils nous ont forcé à sortir de notre maison. Ils portaient des gilets pare-balles et étaient armés de mitrailleuses. Leurs visages étaient peints en noir. Nous avons quitté la maison. Walid a couru par une autre porte, mais les soldats l’ont rattrapé.

Les soldats nous ont fait marcher jusqu’à la maison du frère de mon beau-père, Talal Halmi al-Samuni (50 ans), à une distance d’environ 20 mètres. Il y avait déjà à peu près 20 personnes dans la maison ; en tout, nous étions 35. Les soldats nous ont quitté, manifestement pour fouiller la maison de mon beau-père.

Environ une heure plus tard, les soldats sont revenus et nous ont ordonné d’aller avec eux à la maison de Wail al-Samuni (40 ans). Sa maison est une sorte d’entrepôt en béton d’environ 200 mètres carrés. Elle se trouve à environ 20 mètres de la maison de Talal, où nous étions. Nous y sommes arrivés à 11h. Là, nous avons trouvé 35 personnes, à ce moment, nous étions en tout 70 personnes. Nous y sommes restés jusqu’au matin suivant sans rien à manger ni à boire.

Autour de 6h du matin [lundi 5 janvier], c’était calme dans la région. Un des hommes de la famille, Adnan al-Samuni (20 ans) a dit qu’il voulait aller chercher son oncle et sa famille pour qu’ils puissent être avec nous autres. Mon beau-papa, son neveu, Salah Talal al-Samuni (30 ans) et son cousin Muhammad Ibrahim al-Samuni  (27 ans), était debout à la porte d’entrée de la maison. Ils avaient l’intention de partir ensemble à la recherche de cette famille. Le moment même où ils ont quitté la maison, un missile ou un obus s’est abattu sur eux. Muhammad était tué sur le champs; les autres étaient blessés par les éclats. Mon mari s’est approché d’eux pour leur porter de l’aide, et puis un missile ou un obus a frappé le toit de l’entrepôt. D’après l’intensité de la frappe, je pense que c’était le missile d’un F-16.  Au moment de la frappe du missile, je me suis couchée sur notre fille. Tout était fumée et poussière, et j’ai entendu des hurlements et des gens qui pleuraient. Après que la fumée et la poussière se soient quelque peu dissipées, j’ai regardé autour de moi. J’ai vu entre 20 et 30 morts et environ 20 blessés. Il y avait des gens gravement blessés et d’autres légèrement blessés.

Ceux qui gisaient morts, autour de moi, étaient mon mari, qui a été frappé dans le dos, mon beau-père, qui avait subi une frappe à la tête – sa cervelle était à terre – ma belle-maman Rabab, Talal le frère de mon beau-père et sa femme Rhama Muhammad al-Samuni (4 ans), la femme du fils de Talal, Maha Muhammad al-Samuni (19 ans) et son fils Muhammad Hamli al-Samuni (5 mois) dont tout le cerveau avait été éjecté à côté de son corps, Razqa Muhammad al-Samuni (50 ans), Hanan Khamis al-Samuni (30 ans) et Hamdi Majid al-Samani (22 ans).

Le frère de mon mari Musa et moi étions légèrement blessés. Musa avait une blessure à l’épaule et ma main gauche était blessée. Ma fille était touchée à la main gauche. Son pouce, son index et son doigt du milieu ont été arrachés. J’ai pris un mouchoir et j’ai emballé sa main pour arrêter le saignement.  Les blessés qui gisaient parterre criaient à l’aide sans pouvoir bouger. Les petits enfants et la grand-mère de mon mari, Shifaa al-Samuni (70 ans) pleuraient.

Environ 15 minutes après la deuxième frappe, Musa a dit que c’était une idée de se sauver dans la maison de son oncle, Assad al-Samuni, à une distance d’environ 20 mètres. Nous y avons couru et frappé au portail, mais personne n’a répondu.  Musa a sauté par-dessus le portail, l’a ouvert et nous y sommes entrés. Nous, c’était moi, ma fille, Musa et ses petites sœurs Islam (5 ans) et Isra (2 ans).  Il y avait entre 40 et 50 soldats dans la maison et environ 30 personnes rassemblées dans une des chambres, dont entre 7 et 10 hommes. Les hommes avaient les yeux bandés.

Un des soldats s’est approché de moi et a soigné ma fille et moi. Il a pansé nos mains et vérifié nos pouls. Puis, les soldats ont ligoté Musa et lui ont bandé les yeux.

Les soldats nous ont dit qu’ils allaient nous relâcher et laisser seulement Musa et l’oncle Emad au cas où le Hamas viendrait. J’ai compris qu’ils avaient l’intention de les utiliser comme « boucliers humains ». Ils nous ont ordonné de quitter la maison et nous ont fait marcher le long de la rue 400 – 500 mètres jusqu’à ce que nous trouvions une ambulance qui emmène ma fille et moi à l’hôpital al-Shifa. Les autres membres de ma famille ont continué à marcher dans la rue. Plus tard, quelques-uns parmi eux sont aussi arrivés à l’hôpital.

Autant que je sache, les morts et les blessés sont toujours sous les décombres. Je n’en ai vu aucun parmi les gens emmenés à l’hôpital. »

(voir aussi http://electronicintifada.net/v2/article10144.shtml )