08/01/2009

Que faire ? Envoyer une lettre !

Un cessez-le-feu à Gaza vous semble-t-il primordial ? En ce cas, Amnesty International met à disposition en ligne une lettre à signer et envoyer à l’Ambassade d’Israël à Berne sur http://www.amnesty.ch/fr/actualite/news/2009/hamas-israel-gaza .

La lettre est reproduite ci-dessous. Cela vous coûtera un franc et un peu de temps pour signer et poster votre missive. C’est une façon de s’engager pour une paix préalable à des négociations.

lettre_ambassade_Israel_7_Jan.rtf

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06/01/2009

Dévastation totale !

J’ai appris aujourd’hui que le joli petit immeuble où j’ai vécu pendant trois mois en 2007 est vide.  Il y a quelques jours, un voisin a reçu un coup de fil des militaire israéliens lui annonçant la prochaine destruction de sa maison par tir. Il a averti ses voisins du danger. Maintenant, la famille du dernier étage : une dame âgée handicapée suite à une attaque cérébrale, son fils, sa belle-fille et trois enfants (dont une est née ce printemps); la famille du premier étage (5 enfants entre 5 et 13 ans et leurs parents) la famille du rez-de-chaussée (un homme malade de mon âge, son fils et sa sœur handicapée) sont tous chez une sœur, son mari et leurs trois enfants.

sur la rue Lid et Ramla.jpg

vue sur ma rue (photo Carol)

« Le peu d’aide autorisé par Israël à Gaza est une goutte d’eau dans un océan de souffrance

Israël a autorisé des livraisons restreints d’aide à Gaza aujourd’hui (5 janvier). En même temps, des organisations humanitaires disent que les conditions dans la bande de Gaza se détériorent rapidement.

Ce reportage est le fruit de la collaboration de Damien McElroy à Jérusalem et Tim Butcher sur la frontière israélo-gazaouie

[pour l’original voir : Telegraph.co.uk]

Le passage de soixante camions de fournitures médicales et alimentaires ne peut faire taire les demandes pressantes adressées à Israël de lever les restrictions de passage de la frontière, restrictions qui datent de bien avant le début de l’Opération ‘Plomb Durci’ le mois dernier.

Le directeur irlandais des opérations de l’UNRWA (l’agence des Nations Unies pour les Réfugiés palestiniens) à Gaza est le premier civil autorisé à entrer à Gaza depuis que les attaques israéliennes ont commencé il y a 10 jours. Il parle de son choc de voir la dévastation de cet endroit qu’il connaît bien.

Nous avons pu interviewer John Ging par téléphone depuis la base de l’ONU dans la ville de Gaza.

‘C’était déjà terrible à Gaza, mais ce que j’ai vu aujourd’hui était une dévastation totale. C’est simplement horrible de voir des civils pris au piège comme ils le sont.

Gaza a passé par une ‘crise’ il y a bien longtemps et ce que j’ai vu aujourd’hui est une catastrophe en devenir.’

Ging raconte comment trois employés de l’ONU ont été tués dans les frappes sur Gaza. Un des hommes tués s’était porté volontaire comme travailleur auxiliaire médical lorsque l’ambulance qu’il conduisait, où quatre autres travailleurs avaient pris place, a été frappée par des tirs israéliens. Tous les cinq ont été tués.  

‘Tout les personnes avec qui j’ai parlé aujourd’hui se plaignaient de la même chose, ils se sentent pris dans une piège’, dit-il. ‘Si ce conflit était normal, alors il y aurait eu un vaste exode pour fuire les combats mais, à Gaza, les gens n’ont nulle part où aller : ils sont pris au piège.

‘Et nous savons qu’ils ne sont pas en sécurité chez eux parce que tant de civils ont été tués à l’intérieur de leurs maisons.

vue depuis ma chambre.jpg

de ma fenêtre (photo Carol)

Ging dit encore que, dans plusieurs lieux, les rues sont emplies d’eaux usées parce que les obus ont endommagé les tuyaux d’évacuation. Il y a aussi un manque critique d’essence pour faire fonctionner les pompes des systèmes d’évacuation.

Les troupes israéliennes ont coupé la bande de Gaza en deux, empêchant tout mouvement nord-sud, compliquant ainsi des efforts pour maintenir les services qui étaient déjà près de l’effondrement. Les services médicaux, confrontés aux 2'500 blessés et 517 morts, sont prêts de l’implosion.

Israël a utilisé un pipeline pour alimenter la centrale électrique de Gaza avec du carburant, ne satisfaisant qu’un quart de la demande. Sept conduites-clefs ont été mises hors service par des dommages collatéraux.

Le directeur de la Croix rouge internationale, Pierre Kraehenbuehl, a dit : ‘ Les installations importantes à Gaza – hôpitaux, systèmes d’eau, et systèmes des eaux-usées – étaient déjà dans un état précaire, depuis 18 mois, à cause du blocus et des restrictions sur les importations.’

L’association Save the Children a sommé Gordon Brown et d’autres responsables européens de faire plus d’efforts pour éviter les souffrances des plus jeunes habitants de Gaza considérant que les conditions sur place arrivent à des niveaux ‘critiques’.

Le porte-parole Dominic Nutt dit : ‘ Nous avons besoins de livrer plus de nourriture et de couvertures pour assurer que des enfants ne meurent pas de faim et de froid. Nous voulons que Gordon Brown et tous les responsables européens mettent de la pression pour un cessez-le-feu afin que nous puissions avoir un accès sûr à ceux qui sont dans le besoin à Gaza.

‘Les gens doivent avoir la possibilité de circuler librement et en sécurité pour qu’ils puissent amener des produits à leurs familles lorsque la nourriture sera à nouveau disponible.’ »

19:22 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : gaza, aide, ging, unrwa, piégés, ambulance, civils | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

30/12/2008

Guernica à Gaza

Vittorio Arrigoni est arrivé à Gaza dans le bateau SS Dignity. Il a choisi d’y rester et témoigne maintenant de l’horreur livrée aux yeux du monde. Ses observations avisées sont précieuses puisqu’il souligne que les victimes des frappes sont presque toutes civiles. Encore hier, la mission israélienne de Genève m’a assuré que la plupart des victimes sont des militants du Hamas. (On peut leur téléphoner au 022 716 0500 .)

Cet article est le premier de deux publiés dans le journal italien « Il Manifesto ». La version anglaise est disponible sur http://freegaza.org

« 28.12.08

Mon appartement à Gaza est en face de la mer. La vue est panoramique, elle m’a toujours fait beaucoup de bien, avec tout ce que je suis en train de vivre dans ce lieu assiégé. En fait, c’était comme ça jusqu’à ce matin, quand l’enfer a fait irruption sous ma fenêtre. Nous nous sommes réveillés au bruit des bombes – plusieurs sont tombées à quelques centaines de mètres de mon immeuble. J’ai perdu des amis sous les décombres. On dénombre 210 morts en ce moment, mais le bilan va certainement augmenter de façon dramatique. C’est un bain de sang sans précédent. Ils ont rasé le port en face de ma maison et pulvérisé les postes de police. On me dit que les media occidentaux ont assimilé les dépêches de presses de l’armée israélienne et répètent que les attaques ont ciblé uniquement des tanières du Hamas avec une précision chirurgicale.

La vérité, c’est que la plupart des corps que nous avons vu dans la cour de l’hôpital al Shifa, morts et vivants alignés ensemble, appartenaient manifestement à des civils. Imaginez un peu Gaza : chaque maison touche la maison à côté, chaque immeuble s’élève à côté d’un autre. Gaza détient la densité de population la plus haute au monde, ce qui veut dire qui si vous lâchez une bombe depuis une hauteur de dix mille mètres, vous allez inévitablement massacrer des civils. Vous en êtes conscients, vous en êtes coupables, ce n’est pas une erreur ni un cas de dommage collatéral.

La bombe qui a frappé la poste de police Al Abbas au centre de la ville de Gaza a gravement endommagé l’école primaire à côté. C’était la fin de la matinée d’école, et les enfants étaient déjà dans la rue. La plupart de leurs tabliers bleus qui volaient dans le vent étaient tâchée de sang. La bombe qui a frappé l’académie de police à Deir al Balah a fait des morts et des blessés dans le marché central de Gaza juste à coté. Nous avons vu des corps d’animaux et d’humains, leur sang mêlé coulant dans les rues d’asphalte. C’est un véritable Guernica. J’ai vu beaucoup d’uniformes sur les corps dans les hôpitaux que j’ai visité – je connaissais nombre de ces garçons. Je les saluais tous les jours dans la rue en allant vers le port ou, le soir, à un café populaire. Je connaissais plusieurs de leurs noms. Un nom, une histoire, une famille en deuil. La majorité de ces jeunes avaient dix-huit, vingt ans, la plupart sans alliance politique, ni Fatah ni Hamas, simplement inscrits dans la police, leur diplôme d’université en poche, pour avoir un bon travail. A Gaza, ce n’est pas facile, avec 60% de la population au chômage sous le siège criminel d’Israël. Je n’ai aucune envie de faire de la propagande, je laisse travailler mes yeux pendant que mes oreilles enregistrent le cri des sirènes et le son des bombes.

bombardement.jpg
Palestine Art : info@palestine-art.com

 

Aujourd’hui , je n’ai pas vu de terroriste parmi les victimes, seulement des civils et des policiers. Ils sont exactement comme nos agents de police – les policiers palestiniens massacrés par les bombes israéliens auraient été chaque jour de l’année en train de faire leurs rondes en surveillant le même coin de la rue. Hier soir, je me suis moqué de deux d’entre eux, devant ma maison, ils s’étaient habillés ridiculement pour se protéger du froid. Ils n’ont jamais tiré un seul missile contre Israël, ils ne l’auraient jamais fait – ce n’était pas dans leur cahier de charges. C’étaient des îlotiers pour la sécurité interne.

Le port se situe assez loin des frontières israéliennes. J’ai un caméra vidéo, mais aujourd’hui j’ai découvert que je suis nul comme cameraman. Je n’arrive pas à filmer les corps déchiquetés ou les visages couverts de larmes. Je me mets à pleurer moi-même. Les autres bénévoles de l’ISM [International Solidarity Movement] et moi, nous sommes allés donner du sang à l’hôpital Al Shifa. C’est là que nous avons appris que Sara, une chère amie, est morte, tuée par un morceau d’obus, près de sa maison, dans le camp de réfugiés de Jabalia. Une personne douce et positive, elle était sortie pour acheter du pain pour sa famille.  Elle laisse 13 enfants derrière elle.

Il y a un moment, j’ai reçu un appel de Tofiq, un des étudiants de Gaza qui a pu partir à Chypre dans notre bateau du mouvement Free Gaza [ http://www.freegaza.org ] .Il m’a demandé si j’avais pu rendre visite à son oncle, lui donner le bonjour de sa part, comme j’avais promis. En hésitant, je lui ai dit que je n’avais pas eu le temps. Trop tard – son oncle était sous les décombres du port avec les autres.

Depuis Israël, nous recevons les nouvelles terribles : aujourd’hui, ce n’est que le premier jour d’une campagne de bombardements qui peuvent durer deux semaines. Il veulent transformer la région en désert et l’appeler la paix. Le silence du « monde civilisé » est plus assourdissant que les explosions qui couvrent la ville comme un linceul de mort et de terreur.  

12:10 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : gaza, terroristes, civils, morts | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

08/11/2008

Appel d’un Ami Retenu à Gaza

Je viens de recevoir le e-mail suivant de Ziad Medoukh, sans qui ce blog n’aura pas existé (voir l’article « Ziad » du 5 avril 2007). Il me demande de faire connaître sa situation. 

Ziad Medoukh, doyen du département de français de l’université Al-Aqsa de Gaza et coordinateur du Centre de la paix de l’université, est connu par son engagement pour la paix dans sa région et pour la démocratie dans son pays. Il a obtenu une bourse du ministère français des Affaires étrangères, via le Consulat de France à Jérusalem, pour terminer et soutenir sa thèse à l’Université de Paris 8.

Ziad a son bureau.jpg

Ziad à un colloque du Centre de la Paix


Ziad Medoukh a obtenu tous les papiers nécessaires :
- le visa de la France,
- l’autorisation jordanienne d’entrer en Jordanie,
- l’attestation de bourse ainsi que son inscription à Paris 8 pour l’année 2008/2009.

Selon l’accord entre les consulats européens à Jérusalem et les autorités israéliennes, une voiture du consulat avec un diplomate vient chercher le boursier palestinien de Gaza inscrit dans une université européenne au passage d’Eretz et l’accompagne jusqu’au Pont Allenby pour rejoindre la Jordanie et ensuite, le pays européen où il étudiera.

Malgré ceci et les efforts considérables du Consulat de France à Jérusalem, les autorités israéliennes n’autorisent pas M. Medoukh à sortir de Gaza, via le passage d’Eretz, en vue de passer en transit par la Jordanie pour se rendre en France. Notons que le passage de Rafah est fermé.

Si jamais vous pouvez aider Ziad , merci d’agir au plus vite !

19:44 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : gaza, études, bourse, blocage à la frontière | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

26/10/2008

Le sang des enfants

Depuis  que j’ai quitté la bande de Gaza, l’armée israélienne a tué 68 enfants. Le Centre Palestinien des Droits Humains (PCHR) vient de publier un rapport accablant le 22 octobre.

 

blood-pchr.jpg

 

Le resumé,, dont l’original se trouve sur l’Electronic Intifada (http://electronicintifada.net/v2/article9907.shtml, peut se lire au http://ism-france.org/news/ (Communiqués). Pour le rapport complet : http://www.pchrgaza.org .

 

 

Aya Al-Najjar.jpg

 Aya Hamdan Al-Najjar, tuée en juin 2008 a côté de sa maison où elle attendait des camarades de jeux (PCHR)

     

15:43 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : enfants gaza armée israélienne | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

27/04/2008

Pas de paix sans le Hamas

C’est la mort d’une fille de 14 ans qui me pousse à traduire l’article qui suit. L’image de la jeune Maryam Talat Mahuf, morte innocente, ne me quitte pas. Elle était habillé en bleu : petite chemise manches courtes et jeans, une fille comme des milliers d’autres, mais elle était fille d’un chef du Hamas, de Beit Lahia, Gaza, que l’armée israélienne a jugé bon de tuer comme un insecte, le 26 avril. Le missile qui a frappé sa maison a tué Maryam et blessé 8 autres personnes, parmi elles, sa maman, grièvement. M. Mahuf lui-même était arrêté.

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16:00 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : gaza, palestine, hamas, paix, innocence, carter, négociations | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |