04/01/2009

Témoignage d’un médecin norvégien

Vous qui suivez les rapports des journalistes de la chaîne de télévision Al Jazeera (anglais ou arabe), les seuls journalistes de l’extérieur présents dans de la bande de Gaza, vous avez peut-être déjà vu un entretien avec un des deux médecins norvégiens qui travaillent avec les médecins palestiniens. Cela vaut la peine de les écouter : ils confirment les faits fournis au télé-journal de ce soir par Mario Carera, chef du bureau suisse de la Direction du développement et de la coopération dans les territoires palestiniens : il y a beaucoup de civils morts cette dernière semaine, une cinquantaine aujourd’hui, dont certains provenant d’une attaque par missile sur un marché populaire. Un journaliste de Ma’an News (http://www.maannews.net) a pu parler avec un de ces médecins sur son lieu de travail.

«  Un docteur norvégien invite Tzipi Livni à venir constater la réalité de Gaza

Le docteur norvégien Madth Gilbert est actuellement à Gaza où il porte assistance aux médecins assiégés. Il qualifie de « mensonges » les dires du Ministre israélien des affaires étrangères Tzipi Livni lorsqu’elle affirme que l’armée israélienne ne cible pas des civils. Il l’invite à venir en visite à la bande de Gaza pour voir qui sont les vraies victimes des attaques.

Gilbert travaille à l’hôpital al-Shifa dans la ville de Gaza. ‘Comment est-ce possible pour elle de dire des choses pareilles ? Je la somme de rendre visite à Gaza pour voir ce que je suis en train de voir’, dit-il.

Le docteur décrit ce qui se passe à Gaza comme ‘catastrophique’. Selon lui, il faut qu’Israël arrête ses attaques aériennes et qu’elle protège les civils de Gaza en fournissant de l’aide humanitaire sous forme de nourriture, de carburant et de fournitures médicales.

Gilbert est arrivé à Gaza avec un deuxième médecin norvégien, Enrich Foucee, par le passage de Rafah, la troisième journée des frappes israéliennes. Envoyés par le Comité d’aide norvégien (NORWAC), ils étaient les deux seuls médecins étrangers autorisés à entrer. On a refusé l’entrée à des médecins du Qatar, de la Jordanie, et de l’Arabie saoudite.

Gilbert a décrit les conditions dans les hôpitaux comme insoutenables : n’importe quel établissement médical à Paris ou à New York fermerait ses portes dans de telles circonstances, dit-il. ‘Je ne sais pas combien de médecins pourront continuer à supporter de voir mourir tant de patients d’autant plus que les attaques israéliennes continuent.’ »

g07_17444519.jpg

 Hôpital Kamal Edwan, Beit Lahia, 29 décembre 2008 (Mohammed Abed / AFP / Getty Images) 

 

22:28 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : médecins, hôpitaux, gaza, livni, civils | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Blessés non-identifiés

(L’original en anglais se trouve sur http://www.elecronicintifada.net)

« A Gaza, tout un peuple ciblé

En Direct de Palestine, depuis la bande de Gaza occupée, 2 janvier 2009, Rami Almeghari,  

Aux soins intensifs de l’hôpital al-Shifa, l’hôpital principal de la ville de Gaza, un homme non-identifié gît dans un lit, blessé hier par des éclats d’obus, victime de la frappe d’un missile israélien au croisement Samer dans la rue Omar al-Muktar [la rue principale de la ville], il était midi.

‘ Ce blessé est dans un état grave, sa condition instable, mais on ne sait pas son nom, il est encore non-identifié,’ dit Docteur Omar Manasra, le médecin de garde aux soins intensifs (ICU en anglais).

‘Depuis le début des frappes israéliennes samedi, nous avons reçu au moins 30 blessés non-identifiés aux ICU ; la plupart ont pu être identifiés plus tard, mais ça a pris du temps. Ils étaient simplement étiquetés avec des numéros : inconnu numéro 1, inconnu numéro 2, et ainsi de suite.’

Manasra a décrit les défis des services ICU face au nombre croissant de blessés : « Nous manquons de médicaments, d’équipement et de lits, la situation est critique. Dans la seule première journée des frappes aériennes, nous avons reçu 50 cas; nous sommes surchargés.

Nous n’avons que 12 lits, cela nous a obligé d’ouvrir d’autres ICU d’urgence dans des services cardiaque, orthopédique, obstétrique. Il nous manque des médicaments de base pour les soins intensifs tels des antibiotiques … et encore des ventilateurs et des moniteurs.’

Dans la bande de Gaza, il y a sept hôpitaux principaux pour les 1,5 millions d’habitants. Selon Hammam Nasman, porte-parole du Ministère de Santé du Hamas, ces hôpitaux ne sont pas équipés pour répondre à la situation d’urgence actuelle. 

Entree_Hopital_Al_Aqsa_Gaza.jpg
entrée de l'hôpital Al Quds, Gaza (photo Carol)

‘La situation sanitaire à Gaza est toujours misérable alors que les travailleurs médicaux essaient à faire face au mieux à cette urgence sans précédant. Nos équipes sur le terrain sont à haut risque. Quatre d’entre eux ont déjà été tués, et encore quelques uns blessés pendant les opérations de sauvetage,’ explique Nasman.

Nasman ajoute qu’il y a en tout 1'534 médecins dans les hôpitaux principaux, et qu’ils ne peuvent pas subvenir aux besoins de tous les blessés dans cette situation de crise. Pour cette raison, beaucoup de cas sont transférés à d’autres cliniques ou hôpitaux privés.

Le Ministre de Santé se coordonne avec des associations égyptiennes et palestiniennes pour la distribution de l’aide venant des pays arabes. Les hôpitaux manquent cruellement d’alcool, de Bludine et de fil de ligature.

Toujours selon Nasman, dans les hôpitaux la plupart des générateurs sont en fin de réserve de carburant. Nombre d’entre eux sont en panne et manquent des pièces de rechange, ce qu’Israël interdit. A Gaza, il y a des coupures d’électricité pendant 70% de la journée alors que l’importation du carburant à la centrale était sévèrement réduite [le 4 novembre 2008]. Cela fait suite à l’attaque israélienne sur Gaza qui a mis fin au cessez-le feu de six mois négocié par l’Egypte.

Le service des urgences et des ambulances du Ministère de Santé est également dépassé par les évènements selon Dr Moawiya Abu Hassanein, son responsable. Les ambulances fonctionnent à 50% de leur capacité après que des raids israéliens aient endommagé cinq ambulances et trois voitures de pompiers. Deux ambulanciers sont morts lors de leur intervention suites à des frappes israéliennes.

Plus de 400 palestiniens sont morts et au moins 2´000 blessés suite aux attaques israéliennes depuis l’air, la mer et la terre qui ont commencé samedi dernier sous prétexte de mettre fin aux tirs de roquettes depuis l’enclave côtière. La plupart des victimes sont des civils et des non-combattants, comme le patient non-identifié de l’hôpital al-Shifa.

Des palestiniens sans identité souffrent au nom d’objectifs peu clairs. Israël affirme qu’elle fait la guerre au Hamas, mais en réalité, n’importe qui et n’importe quoi tombent sous les frappes. Pour les derniers sept jours, des raids aériens israéliens ont complètement dévasté des dizaines de bâtiments civils des différents ministères, des bâtiments municipaux, des associations caritatives, des universités, des écoles [le matin du 3 janvier, l’école américaine, dont le gardien était tué], des maisons de famille et des mosquées.

Les pilotes israéliens dans les avions de guerre ne voient pas et ne se soucient pas de ceux qui souffrent par leurs bombes. Mais ils frappent tout le peuple palestinien, pas seulement le Hamas. Entre-temps, les médecins gazaouis luttent pour identifier ce qui reste des victimes après que leurs bombes soient tombées. »  

Rami Almeghari écrit pour The Electronic Intifada, IMEMC.org et Free Speech Radio News. Il enseigne les media et la traduction politique à l’Université islamique de Gaza. Rami est également traducteur senior d’anglais et l’éditeur principal du centre international de la presse du Palestinian Information Service à Gaza.

On peut lui écrire à rami_almeghari@hotmail.com .

    

 

 

00:52 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, hôpital, blessés, non-identifiés, urgences | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

02/01/2009

50 justes en Sodom

Miko Peled, activiste pour la paix et écrivain israélien, vit en Californie. Dans cet article, je trouve enfin l’explication de qui contrôle le passage de Rafah. On peut contacter M. Peled à http://mikopeled.wordpress.com

« Pour l'amour des 800'000 enfants de Gaza

J’essaies en vain de donner du sens à tous les rapports, les photos et les vidéos qui m’arrivent de Gaza. Lorsque j’étais écolier dans une école publique israélienne, on nous a appris l’histoire d’Abraham, qui n’était pas d’accord avec la décision divine de détruire la ville de Sodom. ‘ Et Abraham a fait face au Seigneur … et a dit, « est-ce que tu détruirais les justes avec les méchants, même s’il n’y avait que 50 justes …et le Seigneur a dit, si je trouve en Sodom 50 justes, alors j’épargnerais toute la ville pour eux. »’ … Aujourd’hui, j’ai entendu aux nouvelles que ´seulement’ 50 innocents étaient tués dans cette attaque, et j’ai pensé : même si le nombre de civils tués était aussi bas (en fait il y en a bien plus), Dieu aurait épargné Gaza pour ces 50 innocents, mais pas Ehud Barak.

Il y a certainement plus que 50 hommes et femmes justes parmi les 1,5 millions de résidents de Gaza mais, ce qui est encore plus important, c’est qu’il y a 800'000 enfants à Gaza. Selon les journaux israéliens, il y avait de centaines de milliers d’écoliers en route à la maison et à l’école au début de l’attaque qui a duré 9 heures pendant laquelle plus que 100 tonnes de bombes ont été lâchées. [voir le blog précédant pour plus de détails sur cette attaque]

Les élections en Israël arrivent en février, et le Ministre de la Défense Ehud Barak, qui espère redevenir Premier Ministre, a envoyé les militaires sur la population civile de Gaza. Barak a l’honneur, bien équivoque, d’avoir reçu la plus haute reconnaissance en forme de médailles que l’Etat d’Israël puisse accorder à un soldat israélien. Avec lui, on peut être sûr que les israéliens et les palestiniens verront plus de violence encore et plus de pertes de vies innocentes. Avec des colonnes de tanks et des brigades d’infanterie prêts à attaquer Gaza, déjà en petits morceaux, Barak a l’espoir de prouver qu’il est un candidat qui tient ses promesses. Mais, à la différence de l’histoire biblique, il n’y a personne qui s’oppose au Général Barak, personne pour plaider pour les vies de ne serais-ce que 50 justes, sans parler des 800'000 enfants.

617124.jpg
Hôpital Shifa, 27 décembre

C’est pour les 800'000 enfants de Gaza que Nader Elbanna et moi-même, co-fondateurs de la Fondation Elbanna-Peled, avons décidé de nous déplacer à Gaza pour livrer un équipement médical de base à l’hôpital Ahli. Nous avons pris l’avion à San Diego mi-novembre pour traverser l’Europe, Israël et la Jordanie jusqu’au Caire. Ensuite, nous avons continué sur terre par le canal du Suez, en nous faisant arrêter maintes fois à des checkpoints, le long de la route en direction de Gaza par Rafah. Là, on nous a dit que la frontière était fermée. Pendant trois jours, nous avons parlementé pour pouvoir passer. Nader a négocié et insisté avec ferveur malgré une infection importante de l’oreille et de la gorge. Finalement, à si peu de distance (50 mètres) de notre destination, un officier de l’intelligence militaire à Rafah nous a dit la vérité : « mais nous ne pouvons pas vous permettre de passer, les israéliens nous surveillent. »

Nous étions au courant de l’accord entre Israël, l’Egypte et les Etats-Unis qui maintenait le peuple de Gaza prisonnier, appauvri et mal nourri, mais nous espérions passer outre ce blocus avec l’aide du Rotary égyptien et d’autres associations. Nous avons reçu un soutien extraordinaire, mais nous avions sous-estimé le poids des structures de verrouillage mises en place. Pour tout dire, le moment le plus pénible n’était pas le refus des autorités égyptiennes de nous laisser entrer, mais le téléphone qu’il nous fallait faire au médecin de l’hôpital Ahli, Dr Suheila Tarzi. Nous avons dû lui dire qu’il nous était impossible de venir à l’hôpital avec notre matériel médical. Dr Tarzi nous a remercié pour tous nos efforts, elle a décrit les conditions intolérables à Gaza et a exprimé le souhait que, si Dieu le voulait, un jour, nous aurions tous la paix. Mais ces mots optimistes ne cachaient pas la noire réalité perceptible dans sa voix. Si les problèmes d’un médecin ou d’un hôpital de Gaza étaient insurmontables jusqu’à il y a quelques jours, ils sont maintenant un enfer pur. Israël a fait cesser l’arrivée de l’électricité et du carburant : il n’y a plus de réfrigération, et les médicaments se dégradent et doivent être jetés. Des machines qui aident des personnes à respirer sont alimentées par l’électricité. Sans électricité, les machines de dialyse et d’autres appareils pour maintenir la vie cessent de fonctionner. En ce moment, avec des centaines de blessés et peu d’équipement ou de médicaments, on ne peut pas imaginer les situations face auxquelles Dr Tarzi et d’autres responsables pour la vies des malades et des blessés se trouvent.

fbambino9.jpg

 l'hôpital Kamel Edman, le 29 décembre après une frappe sur Beit Lahiya

La Fondation Elbanna-Peled a été fondé en mémoire de deux petites filles victimes de la guerre israélo-palestinienne : Smadar Elhanan, tuée en 1997 à l’âge de 13 ans lorsque deux palestiniens se sont faits exploser à Jérusalem, et Abir Aramin, tuée à l’âge de 10 ans par un sniper israélien en janvier 2007. Le projet de Gaza était le troisième de ce  genre que Nader Elbanna et moi-même avons entrepris. Nous nous sommes rencontrés dans un groupe de dialogue du salon de San Diego  [http://traubman.igc.org/dg-prog.htm] en 2001. Nous travaillons ensemble pour communiquer deux messages. Premièrement : les palestiniens et les israéliens ont des intérêts solidaires de par leurs liens à leur terre-mère, et ces liens peuvent les rapprocher comme alliés ; deuxièmement : une alliance israélo-palestinienne est un outil puissant capable de transformer la région et arrêter l’hémorragie.

On a soulevé la question si oui ou non, l’attaque israélienne sur Gaza est disproportionnée à la menace encourue par Israël. La réponse n’est pas à chercher dans les chiffres, ni le nombre des missiles tirés, ni le nombres de morts qui sont vraiment du Hamas. La réponse vient de l’exhortation d’Abraham à Dieu (Genèse 18) : ‘Faire mourir le juste avec le méchant … loin de toi cette manière d’agir !’ »

 

23:23 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, hôpitaux, médecins, passage de rafah, enfants | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

01/01/2009

La vie et l'horreur

Le psychiatre Dr Eyad Sarraj s’est rendu plusieurs fois en Suisse et à Genève pour parler du Programme pour la santé mentale de la communauté de Gaza, qu’il a fondé en 1990 (http://www.gazamentalhealth.org). Dr Sarraj détient un journal de bord publié sur le site du Gaza Mental Health Foundation, établi aux Etats-Unis en 2001. (http://www.gazamentalhealth.org) Voici sa publication la plus récente. Elle revient sur la frappe initiale israélienne le samedi 27 décembre, à l’heure de la sortie des écoles. Deux cents personnes sont mortes dans l’attaque, dont beaucoup de civils.

« La vie et la mort sous les F16

Gaza, 31 décembre 2008

Ma femme et moi, nous parlions du repas de midi. Elle m’expliquait que la soupe aux lentilles était hors de question puisqu’il n’y avait plus de lentilles dans les magasins, ni de farine de riz.

Soudain, il y a eu le bruit assourdissant de ce qui semblait être une énorme explosion, suivie par une succession de pétards que je n’avais jamais entendus de ma vie. Notre maison était violemment secouée, les fenêtres vibraient.

C’était la panique. Nous sommes accourus dans le petit vestibule de notre maison où nous avons trouvé ma sœur, qui vit à l’étage au-dessus. Elle était pâle et tremblait : sa fille n’était pas encore de retour de l’école. Le petit Sari, un de nos voisins, a frappé à la porte. Lui aussi, tremblait pendant qu’il nous racontait comment, lorsqu’il rentrait de l’école en taxi, il y a eu une explosion terrible. Le conducteur du taxi a quitté la voiture et couru pour se mettre à l’abri. Ses passagers ont couru dans tous les sens. 

GMH_kids-drawingdailylife2_adjusted.jpg

par Salwa Sawalhi de Gaza, alors qu’elle avait 14 ans

Sari aussi courait sans penser à rien, il avait l’impression que les explosions le poursuivaient. Tout à coup, il a commencé à voir des gens couchés dans la rue. Ils saignaient. Il s’est approché d’un homme en voulant lui porter aide. Sari a touché sa main et a réalisé avec horreur qu’il ne tenait qu’un morceau de chair brûlé. Quelqu’un lui a crié de courir loin de là, ce qu’il a fait.

Nous avons appris les nouvelles par des coups de fil et des bribes de nouvelles à la télévision. Plus de deux cents personnes venaient d’être tuées, et encore plus blessées, en moins de dix minutes. … Les bombardements ne se sont pas arrêtés. Dans un seul raid, plus de cent F16 ont frappé plus que trois cent cibles. Les pilotes ont certainement signalé un bon travail de fait à leurs supérieurs. Mais ils n’ont pas pu décrire la douleur et les souffrances des gens innocents ni la peur qu’ils ont semé dans les cœurs de nos enfants.

Ma belle-fille Noor est réduite à un silence total, d’où elle sort parfois maintenant pour pleurer ou rire hystériquement. C’est une fille douée et artiste qui aime la poésie.  

Le carnage continue alors qu’une crise humanitaire est toujours en cours à cause du siège israélien : manque de médicaments, de pain, de farine, de gaz, d’électricité, de carburant et presque de tout. Le siège a fait de Gaza une énorme prison. Pendant que j’écris cette note, il y a des explosions tout autour de moi. Gaza est une ville fantôme, ses rues désertes – les gens n’osent plus sortir.

Le pire, ce sont les souffrances des enfants. Ils voient la peur dans les yeux de leurs mères. Déjà, le père n’est plus un symbole de sécurité puisqu’il n’est plus capable de leur procurer de la nourriture ni de les protéger. Il y a de grandes probabilités que ces enfants soient attirés par le Hamas, qui remplacera le père en tant que celui qui est fort et qui donne un sentiment de sécurité. A la fin, ce que nous fait Israël en ce moment ne fera que renforcer le Hamas. »

20:47 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, bombardements, peurs, hamas, 27 décembre | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

31/12/2008

Appel urgent

Sous la forme d’un communiqué de l’organisation non-gouvernementale dont il est le président international, un ami de Beit Sahour (Bethléem - Cisjordanie), nous prie d’écrire des lettres pour demander la fin du carnage à Gaza. Rifat Kassis, qui a beaucoup d’amis à Genève, où il a passé deux ans au Conseil œcuménique des églises, me prie également de transmettre son analyse de la situation à toute personne intéressée.

 

APPEL URGENT

Défense des enfants international – Section Palestine (DCI–Palestine)

 

Gaza sous attaque – des centaines de tués

Lieu: la bande de Gaza dans les Territoires Occupés Palestiniens

Nature de l’événement : bombardement aériens des zones d’une population dense

Date : depuis le 27 décembre et toujours en cours

Nombre de morts : environ 392 le 31 décembre

Nombre de blessés : environ 1'900 le 31 décembre

Samedi 27 décembre 2008 au matin, des avions israéliens ont commencé le bombardement ciblé de la bande de Gaza dont la densité de population est l’une des plus importantes au monde. Les frappes aériennes continuent jusqu’à présent. Selon les media, des troupes blindées israéliennes se positionnent le long de la frontière en préparation d’une incursion terrestre.

Selon des organisations non-gouvernementales et des media sur place, il y a au moins 392 morts et 1'900 blessés (dont 180 gravement) en date du 31 décembre. DCI-Palestine confirme qu'au moins 38 enfants ont été tués.

Selon l’organisation Al Mezan de Gaza, les premiers bombardements ont eu lieu au moment où les enfants quittaient les écoles après les cours du matin laissant les salles de classe aux classes de l’après-midi. Il y avait donc des dizaines de milliers d’écoliers qui rentraient chez eux ou regagnaient l’école. Il est raisonnable de supposer que ceux qui ont organisé, planifié et exécuté ces attaques étaient au courant de ce fait. Une autre indication de l’insouciance flagrante d’Israël pour ses obligations envers le droit international est la frappe qui a tué huit étudiants adultes d’une institution de l’UNWRA (l'agence des Nations Unies responsable pour la distribution de l'aide aux réfugiés), attendant un bus pour rentrer chez eux.

Ehud Barak, le Ministre de la défense israélien, a déclaré lundi que son armée mène la « guerre jusqu’au bout ». 

Eléments historiques pour comprendre les évènements actuels

Israël occupe la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza (les Territoires Occupés Palestiniens – OPT en anglais). Actuellement plus que 462'000 colons israéliens vivent en toute illégalité en Cisjordanie et à Jérusalem-Est en contravention de l’article 49 de la Quatrième Convention de Genève et de multiples résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU. La présence provocatrice de ces colonies est une source constante de conflit dans la région. En septembre 2005, Israël a évacué ses colonies illégales à Gaza sous le plan de « désengagement », mais reste l’occupant réel de la bande de Gaza: Israël contrôle totalement les passages vers Gaza, son espace aérien, la mer autour de Gaza et même ses services d’impôts et ses bureaux d’état civil.

Après la victoire du Hamas aux élections du parlement palestinien en janvier 2006, Israël a imposé un strict embargo sur la bande de Gaza, ne permettant l’importation que d’un minimum de biens pour satisfaire les besoins de base. Ce blocus s’est intensifié après la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas en juin 2007. Depuis, Israël a fermé ses passages avec Gaza à quelques exceptions près. En septembre 2007, Israël a officiellement qualifié Gaza d’« entité hostile », une appellation inconnue en droit international. Des lors, Israël a limité sévèrement les provisions de nourriture, de carburant et d’électricité à Gaza, en instaurant parfois des verrouillages totaux du territoire. Ces restrictions furent encore renforcées le 5 novembre 2008, et en décembre 2008. L’UNWRA, ne disposait plus de stocks de nourriture pour les 750'000 hommes, femmes et enfants qui dépendent de son soutien.

Israël justifie son siège de Gaza en évoquant les souffrances des israéliens du sud, vers lesquels des groupes palestiniens armés de Gaza envoient des missiles depuis huit ans. Le gouvernement explique les attaques actuelles en faisant appel à leur droit de légitime défense.

Depuis septembre 2007, les missiles tirés depuis la bande de Gaza ont tué 22 israéliens. Quatre de ces décès ont eu lieu après le début des bombardements samedi 27 décembre.

Depuis septembre 2007, 3'521 palestiniens de Gaza ont été tués par les forces de l’armée israélienne. Ceci revient à 160 palestiniens pour chaque israélien, ce qui donne à penser que les attaques actuelles israéliennes sont complètement disproportionnées.

Dans un autre développement inquiétant le 14 décembre 2008, le Rapporteur Spécial des Nations Unies pour les Territoires Occupés Palestiniens, le Professeur Richard Falk, a été déporté d’Israël lorsqu’il s’y est rendu en visite officielle pour les Nations Unies. Le professeur avait le projet de visiter la Cisjordanie et la bande de Gaza pour se faire une idée personnelle de la situation afin de préparer un rapport sur la situation humanitaire pour lequel le Conseil des droits de l'homme de l’ONU l’avait mandaté. En décrivant sa déportation, Professeur Falk a dit : « En attaquant l’observateur au lieu de ce qu’il voudrait observer, Israël joue en jeu d’esprit habile, pour détourner l’attention du monde des réalités de l’occupation. »

Position légale 

Selon des experts du droit international, Israël est toujours reconnu comme le Pouvoir Occupant décrit par les Conventions de Genève puisqu’il exerce un contrôle absolu sur la bande de Gaza. Actuellement, Israël viole nombre d’obligations en tant que Pouvoir Occupant, obligations imposées par les droits de la guerre, y compris les interdictions suivantes :  

Punition collective :

Israël punit collectivement les 1,5 millions d’habitants de Gaza pour les actions de quelques groupes restreints de militants.  

Viser des civils :

Israël mène des frappes aériennes dans un territoire ayant une des densités de population les plus élevées du monde, faisant ainsi un grand nombre de victimes civiles - prévisibles, mais inévitables. Les dégâts collatéraux sont terribles.

Disproportion des réactions militaires :

Israël ne mène pas des attaques circonscrites aux cibles opérationnelles. C’est un vrai carnage, avec des centaines de civils tués et blessés. Tous les bureaux de la police et de la sécurité du gouvernement élu de Gaza ont été détruits. Tout ceci pour la mort de 22 israéliens en huit ans, suite aux tirs de roquettes depuis la bande de Gaza.

Cette année marque le 41ème anniversaire de l’occupation de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de la bande de Gaza par l’Etat d’Israël.

Pour réagir :

Vous êtes priés d’envoyer des appels urgents en demandant :

-         Une fin immédiate des attaques israéliennes sur la bande de Gaza et un cessez-le-feu par tous les acteurs du conflit;

-         Une aide immédiate pour soulager les besoins médicaux et humains urgents de la bande de Gaza;

-         Le lever immédiat du siège de la bande de Gaza pour permettre la libre circulation des biens et services dans les deux sens.

L’union européene

HE Mr. Hans-Gert Poettering
Président du Parlement européen
Parlement européen
Rue Wiertz, PHS 11BO11
Bruxelles 1042, Belgique

Fax: +33 3 88 179769
Email:
hpoettering@europarl.eu.int

Mr. Bernard Kouchner
(Ministre français des affaires étrangères  – La France est actuellement responsable pour l’UE)
Ministre des Affaires Etrangères
Ministère des Affaires Etrangères français
37, quai d’Orsay, 75 007 Paris, France
Email: bernard.kouchner@diplomatie.gouv.fr

UK
Rt Hon David Miliband MP
Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et du Commonwealth

Email: milibandd@parliament.uk
Salutation: Dear Minister

US
H.E. Mr. Jake Walles
Consul General
Consulate General of the
United States of America

27 Nablus Road
PO Box 290, East Jerusalem

Email: WallesJ@state.gov

Israël
Prime Minister
Office of the Prime Minister
3 Kaplan Street, PO Box 187, Kiryat Ben-Gurion, Jerusalem, 91919, Israel
Fax: +972- 2-651 2631
Email:
rohm@pmo.gov.il, pm_eng@pmo.gov.il

Salutation: Dear Prime Minister

Tzipi Livni,
Israeli Minister of Foreign Affairs,
9 Yitzhak Rabin Blvd.
Kiryat Ben-Gurion,
Jerusalem 91035.
Email:
sar@mfa.gov.il

Salutation: Dear Minister

Ehud Barak
Minister of Defence, Ministry of Defence,
37 Kaplan Street, Hakirya, Tel Aviv 61909, Israel
Fax: +972 3 691 6940
Email:
minister@mod.gov.il

Salutation: Dear Minister

S’il vous plait, informez DCI-Palestine si vous écrivez (en nous envoyant une copie de vos lettres, si possible) et surtout des réponses éventuelles à vos missives. Citez la référence “UA –2/08– ria@dci-pal.org

 

18:31 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, appel, enfants, conventions de genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

30/12/2008

La destruction de la culture, une barbarie

Un professeur qui enseigne à l’Université islamique de Gaza pose une question qui me travaille depuis que j’ai appris que l’armée israélienne s’est attaqué à l’université. Détruire les lieux où se concentre le savoir (bibliothèques, monastères, synagogues, universités) est l’apanage historique des barbares.

« Pourquoi Israël bombarderait-elle une université ?

Dr Akram Habeeb écrit depuis la bande de Gaza occupée pour l’Electronic Intifada (http://electronicintifada.net)

le 29 décembre 2008

081229-habeeb.jpg

 

l’Université islamique de Gaza, février 2007 (Wesam Saleh/MaanImages)

En tant que boursier Fulbright et professeur de littérature américaine à l’Université islamique de Gaza (IUG), j’ai toujours préféré garder le silence au sujet du conflit israélo-palestinien. J’étais convaincu que ma vocation était de prêcher l’amour et la co-existence dans la paix. Cependant, l’offensive massive israélienne contre la bande de Gaza m’a poussé à m’exprimer.

La nuit dernière, pendant la deuxième nuit consécutive de l’attaque israélienne sans précédent sur Gaza, j’ai été réveillé par le son assourdissant d’un bombardement intensif. En apprenant qu’Israël avait bombardé mon université avec ses F-16 fabriqués aux Etats-Unis, j’ai réalisé qu’Israël avait épuisé sa « banque de cibles ». Naturellement, les politiciens et les généraux israéliens affirmeraient que l’IUG est une forteresse du Hamas et qu’il y enseigne le terrorisme.

Je suis un professeur indépendant sans attaches à aucun parti politique, je peux dire que l’IUG est une institution qui inclut toutes sortes d’affinités politiques. Je la conçois comme une institution prestigieuse qui encourage une pensée libre et libérale. Mon opinion personnelle pourrait être considérée comme biaisée : en ce cas, j’invite quiconque qui doute de mes affirmations d’explorer le site web de l’IUG et de rechercher l’histoire de ses débuts et de son développement. De cette manière, il pourra apprendre quelles sont les institutions académiques auxquelles l’université appartient, le rôle actif de ses professeurs dans la recherche académique, les prix et les allocations de recherche qu’elle reçoit.

Pourquoi Israël bombarderait-elle une université ? Israël n’a pas ciblé uniquement mon université la nuit passée. Elle a aussi bombardé des mosquées, des pharmacies et des maisons. Dans le camp de réfugiées de Jabalia, des bombes israéliennes ont tué quatre petites filles, des sœurs appartenant à la famille Balousha. A Rafah, ils ont tué trois frères âgés de 6, 12 et 14 ans. Ils ont aussi tué une maman et sa fille d’un an de la famille Kishko dans la ville de Gaza.

Ces actions me font penser à quelques-uns des commandements donné par Dieu au « Peuple Choisi » : « Tu ne commettras pas d’assassinat. … Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain. » Dieu n’aurait pas pu désigner quelqu’un pour annexer la terre des autres et de les tuer. Israël a fait ces choix éthiques tout seul. C’est Israël qui a choisi de mener ses guerres pour éliminer le peuple indigène de la Palestine.

Dr. Akram Habeeb est professeur assistant de littérature américaine à l’Université Islamique de Gaza.

21:53 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, université islamique, culture, bombes | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

29/12/2008

Gaza en direct depuis la Belgique

Marianne Blume a vécu dix ans à Gaza en y enseignant le français. De cette expérience est né son livre Gaza dans mes yeux (2006). Cette amie belge vient de m’envoyer la lettre suivante qu’elle a reçu d’une ancienne étudiante. Le Centre Culturel Français de Gaza est renommé pour la qualité  de ses cours de français – j’y ai rencontré des francophones parfaitement bilingues qui ont appris le français au Centre. Le Centre est un havre culturelle et artistique précieux avec un programme qui comprend des expositions, des films, des discussions et des colloques chaque semaine.

« Qu'est ce que vous attendez ?


Blume.jpg
Marianne

Chers amis,
C'est le deuxième jour du massacre qu'Israël lance à Gaza. je vous assure que chacun à Gaza attend le moment de sa mort, comme personne ne sait pas s'il va mourir ou rester encore vivant..
Hier, le samedi 27/12/2008, à 11h30 du matin, j'étais chez moi avec mon petit frère et ma petite soeur qui étaient en train de se préparer pour aller chacun à son école, j'arrive pas à oublier ces bruits de bombardement très fort, pour moi, ça fait 2 ans je n'ai pas entendu ces bruits, ça fait peur, c'est horrible
mon frère et ma soeur ont commencé à pleurer surtout quand nous avons vu la fumée des sites bombardés très près de chez nous et plein d'hélicoptères et de F16 dans le ciel. Maman était au marché, papa était chez ma grand-mère malade, et mes autres frères étaient chacun dans son travail ou université.. j'ai essayé d'appeler ma mère, mon père, et mes frères, mais il n'y avait pas de réseau.. il y avait tout le temps un problème de connexion..Tout ça et notre voisine ne s'arrête pas de crier car son fils aîné est allé à son collège, qui est près des bombardements, un quart d'heure avant ces événements!! C'est terrible de vivre ces moments surtout qu'on n'a pas d'électricité pour savoir ce qui se passe autour de nous.. Dans 2 heures, toute ma famille s'est regroupée dans la maison, on était, tous, inquiets.
on pensait à tout le monde, et à nous-mêmes..
Vous n'avez pas vu les oiseaux quand il se sont fuis, c'est triste.. même notre chat avait peur. Quand on s'est regroupé chez nous, chacun a commencé de raconter les histoires tristes:
- mon cousin qui a 12 ans était au collège juste à coté d'un site bombardé, il a vu, comme tous ses collègues, le sang des martyrs et des blessés, il a eu peur, et dès qu'il entend les bruits des avions, il se cache en pleurant et criant.. mon oncle nous a appelé à 2h du matin pour demander à mon père quoi faire pour cet enfant qui n'arrive pas à dormir.
- Un jeune à 22 ans était dans un des sites bombardés. Tous ses amis ont étaient tués, ainsi que son chef, il a crié et a frappé ses joues de voir ces images.. et encore beaucoup d'histoires...
la nuit dernière a passé si lourdement et si lentement, personne n'a pas pu dormir..
En écrivant ce mail en ce moment, je ne veux pas dire que la situation est plus calme, au contraire, il est pire, le ciel est plein de F16 et d'hélicoptères..
l'armée israélienne n'a pas arrêté de bombarder partout à chaque moment. Je vous écris mnt, car je ne sais pas si j'aurai l'occasion de le faire après!!
je sais très bien que les médias accuse le Hamas et le considère comme le premier coupable de tous ce qui se passe, mais est-ce que le Fatah qui demande toujours la paix a changé la situation en Cisjordanie? les israéliens continuent à construire le mur et les check points et arrêter les palestiniens au nom de la sécurité!!!!!!!  Le Hamas n'a pas envahi en Israël pour qu'Israël se permet de le faire à Gaza, les gens de Hamas sont bloqués comme tous les palestiniens de Gaza
je viens de recevoir un appel sur mon portable, que tout le monde reçoit, qui menace de bombarder toutes les maisons où il y a des armes!!
 
Chers amis,
 
Israël bombarde agressivement toute la bande de Gaza, du Nord au sud, tout le temps...... Le résultat: 285 Martyrs et 1000 blessés dans 24 heures
                le dimanche à 19h: plus que 300 martyrs, et le bombardement continue
qu'est ce que vous attendez?
merci à toutes et à tous
Une Palestinienne qui a eu l'espoir de voir la fin du blocus de Gaza, mais elle s'est réveillée en voyant ces jours pleins de sang!!!!!!!!

[= quelqu’un qui aime la Palestine]
عاشقة فلسطين  
SaLmA aHmEd
professeur de français
Centre Culturel Français de Gaza
  »

22:41 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, massacre, bombardement, mourir, vivant, peur | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Facebook | | | |

28/12/2008

‘Shabbat Shalom’

27 décembre 2008

Dépêche de Rami Almeghari depuis la bande de Gaza sous occupation

http://elecronicintifada.net

« ‘Shabbat Shalom !’ ‘paix sur ce samedi !’ Je crains que les responsables israéliens soient incapables de saisir le vrai sens de cette salutation rituelle qui marque le début du jour de repos des juifs. Comment interpréter ‘Shabbat Shalom’ le samedi 27 décembre 2008, quelques jours à peine avant le début d’une nouvelle année, alors que les bombardiers israéliens lâchent des bombes partout sur la bande de Gaza ?

Ce samedi ensoleillé à Gaza est devenu très noir avec des colonnes de fumée qui obscurcissent le ciel de ce territoire côtier, rempli d’odeur de sang.

Dans la ville de Rafah au sud de la bande de Gaza, trois membres d’une même famille – un père, son fils et son neveu – sont morts sous les bombes israéliens dans un poste de police. Ils réglaient un problème administratif au moment de l’attaque. …

Ceci n’est qu’une des tueries qu’Israël qualifie d’attaques contre des « terroristes ».  Dans des dizaines d’endroits, des bâtiments ont été démolis, des fenêtres de maisons soufflées, et d’innombrables voitures endommagées. Sous les décombres, il y a des dizaines de corps. Aujourd’hui, environ 60 bombardiers israéliens ont attaqué quelques 100 cibles, la plupart des postes de polices ou des organisations charitables du Hamas. Un des missiles a atterri sur le stade de l’Université islamique, où 18’000 étudiants sont immatriculés.

A l’hôpital al-Shifa, le plus grand des hôpitaux gazaouis, il y a des dizaines de corps  et des centaines de blessés. Selon le Dr Moawiya Abu Hassanein, chef des urgences et du service des ambulances pour le Ministère de Santé du Hamas, 228 personnes ont été tuées dans les attaques et environ 700 blessés, dont 120 gravement.

Il ajoute que 15 corps, complètement déchirés par les bombes israéliens, n’étaient pas identifiables. … Selon le docteur, des dizaines de morts sont des civils….

Ehab al-Ghosein, un porte-parole pour le Ministère de l’intérieur du Hamas, a déclaré à l’Electronic Intifada : ‘ La plupart des morts d’aujourd’hui étaient des employés de la sécurité … engagés pour porter une aide générale aux citoyens et pour régler la circulation. … Ce ne sont pas des combattants.’ »…

PICT0005.JPG
près de la rue Eilat, Tel Aviv, juillet 2008 (photo Carol)

 

Face à la réalité de la situation, les déclarations officielles des Etats-Unis, de l’ambassade israélienne aux Nations-Unies et du Ministère des Affaires Etrangères israélien sont hors de propos. Hier soir, des centaines d’activistes israéliens ont défilé dans les rues de Tel Aviv en protestation contre les actions de leur armée. Lors de ma visite l’été passé à Tel Aviv,  j’ai le souvenir que des inconnus, qui m’aidaient à trouver mon chemin, m’ont souhaité « Shabbat Shalom ».

           

 

   

12:22 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, shabbat, shalom, armée israélienne | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

En direct de Gaza

Depuis des semaines, Israël a empêché des journalistes d’accéder à Gaza. Aujourd’hui, on comprend pourquoi. Moins il a d’images de massacres d’innocents dans la bande de Gaza, mieux c’est. Il y a heureusement les témoignages d'internationaux, arrivés pendant les quatre derniers mois dans le bateau SS Dignity du mouvement Free Gaza (http://www.freegaza.org/), ils ont choisi de rester à Gaza.

 

« Des témoins internationaux dénoncent la situation de Gaza

le 27 décembre 2008 (Gaza sous le siège)

Actuellement à Gaza, nous sommes des défenseurs des droits humains. Nous venons du Liban, du Royaume Uni, de Pologne, du Canada, d’Espagne, d’Italie et d’Australie. Nous sommes témoins oculaires des attaques israéliennes qui ont lieu en ce moment-même.

‘ Au moment des attaques, j’étais dans la rue Omar Muhtar [la rue principale de la ville de Gaza], et j’ai vu le dernier missile tomber à 150 mètres de moi ; à cet endroit la foule s’était déjà rassemblée pour essayer d’extraire les corps. Des ambulances, des camions, des voitures –  n’importe quelle véhicule qui aide à transporter – sont en train d’aider le transfert des victimes vers les hôpitaux. Les malades ont été évacués pour faire de la place aux blessés. On m’a dit que les morgues de la ville débordent, et qu’il n’y a pas assez de sang. Je viens d’apprendre qu’une des civiles tuées aujourd’hui était la maman de mes chers amis dans le camp de Jabalia.’

Eva Bartlett (Canada) International Solidarity Movement

‘Des missiles israéliennes ont frappé une place de jeux et un marché bondé à Deir Balah. Nous avons vu les suites : beaucoup de blessés, vraisemblablement quelques morts. Tous les hôpitaux dans la bande de Gaza sont débordés de blessés, ils manquent de moyens et des médicaments nécessaires pour soigner. Israël est en train de commettre des crimes contre l’humanité, il viole la loi international des droits humains, il ignore les Nations Unies et il  planifie des attaques à venir, encore plus importantes. Le monde doit agir immédiatement et intensifier les appels BDS (boycotts, désinvestissement et sanctions) contre Israël ; les gouvernements doivent aller plus loin que des paroles de condamnation : ils doivent obliger Israël à cesser ces attaques et de lever le blocus sur Gaza.’

Ewa Jasiewicz (polonaise et britannique) Free Gaza Movement

‘ La morgue de l’hôpital de Shifa n’a plus de place pour les corps : on voit des corps et des restes humains éparpillés partout à l’intérieur de l’hôpital.’

Dr Haidar Eid (palestinien de l’Afrique du Sud), professeur des études sociales et culturelles, Université d’Al Aqsa, Gaza

israel-gaza-bombadrements.jpg
F16 israélien (made in USA), Reuters 

 

‘ Les bombes ont commencé à tomber au moment de la sortie des écoles [à la fin de la matinée], et les enfants étaient tous dans la rue en train de rentrer chez eux. Je suis sortie dans l’escalier, et j’ai cueilli une petite fille terrifiée de 5 ans, sanglotante, qui est accouru pour se blottir dans mes bras. ’

Sharon Lock (australienne) International Solidarity Movement

‘ Tout ceci est incroyablement triste. Ce massacre ne va pas amener de sécurité pour l’Etat d’Israël ou lui permettre de s’intégrer dans le Moyen Orient.  Partout alentour on appelle aux représailles.’

Dr Eyad Sarraj, president du Centre de Sante Mentale de la Communauté de Gaza

‘Pendant que je vous parle, ils viennent de frapper une immeuble à 200 mètres d’ici. Il y a de la fumée partout. Ce matin à Rafah, je suis allé voir le bâtiment près du mien qui avait reçu une frappe directe. Deux bulldozers étaient en train de débarrasser les décombres. Ils pensaient avoir déjà trouvé tous les corps. Juste au moment où nous arrivions, ils en ont trouvé un autre.’

Jenny Linnel (britannique) International Solidarity Movement

‘Je vis chez des gens en face du bâtiment de la police de sûreté. Tout le verre de la maison a été soufflé, et la maison a subi des dommages sévères. A cause du siège, il n’y aura pas de matériel pour réparer cette maison. Un petit garçon de la famille s’est évanoui. Un autre de 8 ans a tremblé pendant une heure, couché par terre. Devant notre maison, nous avons trouvé les corps de deux petites filles sous une voiture. Elles étaient complètement brûlées. Elles rentraient de l’école. Ceci est plus qu’une punition collective. On nous traite comme des animaux dans un laboratoire. J’ai survécu au bombardement israélien de Beyrouth, et le message israélien à Gaza est le même : mort aux civils. Il vient d’y avoir une autre explosion dehors !’

Natalie Abu Eid (Liban) International Solidarity Movement

Les numéros de téléphone de ces témoins ou plus d’information sont disponibles sur le site de Free Gaza.

 

 

00:00 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : massacres, droits humains, bombardement, gaza | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

23/12/2008

C’est Noël !

Il y a des amitiés qui dépassent les frontières. Le 23 février, ce blog a annoncé l’existence d’un nouveau blog entre deux jeunes de Gaza et de Sderot. Je lis leur blog depuis ses débuts, et j’ai entièrement confiance dans la fiabilité de ses deux hommes : de par leur amitié, ils sont convaincus et veulent convaincre ceux qui les lisent que c’est possible de résoudre les conflits autrement que par la force brute.

Ils ont baptisé leur blog « La vie à Gaza et à Sderot doit continuer ». Elle continue. « L’homme de l’espoir » (Hopeman) de Sderot lance un appel pour son ami « L’homme de la paix » (Peaceman) de Gaza.

« La vie à Gaza et à Sderot doit continuer 

Ce blog est écrit par deux amis. Un de nous habite le camp de réfugiés de Sajaia dans la bande de Gaza, et l’autre habite à Sderot, une petite ville près de Gaza du côté israélien. Les violences entre Israël et Gaza qui durent depuis octobre 2000 se sont beaucoup intensifiées. Beaucoup en sont morts et encore beaucoup d’autres blessés. De part et d’autre, les media présentent le conflit sous une lumière très partisane. Notre blog est écrit par deux vrais individus qui vivent et communiquent chacun de son côté de la frontière.

[Vos remarques sont les bienvenues.] » http://www.gaza-sderot.blogspot.com ]

« dimanche 21 décembre 2008

APPEL À L’AIDE

PICT0004 (3).JPG

dessin par un enfant de Gaza (photo Carol)

 

Vous qui lisez notre blog avez probablement déjà pris connaissance de situations impossibles pour les étudiants de Gaza qui souhaitent étudier à l’étranger.

Peaceman a perdu deux ans d’études, enfermé à Gaza. Au milieu de ses études en Europe, il est retourné à Gaza pendant une année pour gagner de l’argent et ainsi pouvoir finir son diplôme.

En juin 2007, le Hamas a pris le pouvoir à Gaza et depuis, Israël maintient un siège sur la bande de Gaza et seulement très peu d’étudiants peuvent sortir.

A cause du taux très élevé de chômage, Peaceman n’a trouvé que peu de travail, tout juste assez pour parvenir à ses besoins du moment, sans pouvoir mettre d’argent de côté. Sous le siège, il est irréaliste de penser qu’il va gagner assez pour payer ses études et ses frais de séjour en Europe.

Grâce à son université, Peaceman continue ce qu’il peut de ses études sur Internet. Cependant, c’est une situation très difficile entre les coupures fréquentes d’électricité et sans un endroit adéquat pour étudier. Il ne peut évidemment pas assister aux cours et arriver à satisfaire les exigences des professeurs.

Bonne nouvelle : Peaceman va peut-être pouvoir quitter Gaza dans les prochains jours ou semaines.

Peaceman cherche de l’aide pour pouvoir trouver un prêt ou une bourse pour payer ses études et besoins personnels. Il a l’intention de rembourser cette aide aussitôt qu’il en est capable.

Si des lecteurs de ce blog pouvaient aider Peaceman, nous en serions extrêmement reconnaissants.

Si vous avez des conseils pour aider Peaceman, nous vous remercions de laisser un commentaire à ce blog avec votre adresse e-mail. Ces informations resteront confidentielles (le blog est modéré). Peaceman ou moi-même (Hopeman) vous contactera pour répondre à toute question ou demande d’informations supplémentaires.

Merci ! Hopeman

http://www.gaza-sderot.blogspot.com

09:53 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : sderot, gaza, paix, amour, étudiant | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |