26/03/2009

Condamnés à mort par le blocus

La situation des patients gazaouis gravement malades, la plupart du cancer, est toujours désespérante, tant pour les malades que pour leurs familles. (voir le blog du 10.01.08 « Appel des médecins israéliens ». ) Ma’an News annonçait hier la mort de Hayat Suleiman Khalil, 46 ans, empêchée de voyager malgré le fait que tous ses papiers étaient en ordre.(« Hayat » veut dire « la vie ».) Les médecins israéliens ou égyptiens qui font tout le nécessaire pour faciliter la sortie de leurs patients en besoin de traitement, assistent impuissants à leur décès. Selon le gouvernement de facto, au moins 312 gazaouis en  besoin urgent de soins sont morts à cause du siège imposé par les autorités israéliennes et égyptiennes. En mars 2009, six femmes et cinq enfants sont morts faute de pouvoir sortir pour être soignés. Plus de 1'000 patients attendent leur dernière chance.

 

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  jasmin

 

Le rapport d’Al Mezan du 20 mars 2009 est édifiant. Quelques informations du rapport suivent. L’original se trouve sur http://electronicintifada.net/v2/article10410.shtml.

 

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19/03/2009

Pénurie de poulets

Le journaliste Rami Almeghari choisit une des nombreuses chicaneries quotidiennes des gazaouis pour illustrer jusqu’où l’Etat d’Israël peut aller pour rendre aussi misérable que possible la vie des survivants de son assaut criminel du 27 décembre au 18 janvier. Ces deux derniers mois, de diverses personnes, instances européennes et américaines ont protesté à propos des restrictions de livraisons à Gaza. Les israéliens ont laissé passer des camions de pâtes après que le sénateur John Kerry ait demandé pourquoi le riz mais pas les pâtes pouvaient être qualifié d’aide humanitaire. Le Programme alimentaire de l’ONU a vu une livraison de pois chiches bloquée pendant des semaines.[http://blogs.reuters.com/axismundi ] A des moments différents, le papier WC, le savon, le dentifrice et les poussins ont été frappé d’interdiction. La situation est absurde : elle est également cruelle. Une disette est orchestrée délibérément dans cette terre désolée où toute reconstruction la plus élémentaire reste impossible à cause du blocus israélien sur des matériaux comme le verre et le ciment. L’article original de M. Almeghari se trouve sur http://electronicintifada.net/v2/article10400.shtml.

 

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une des 30,000 poulets massacrés par l’armée israélienne dans ses attaques récentes

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11/01/2009

Hamas à la recherche d’un intermédiaire de confiance

Dr Yousef Ahmed a vécu vingt ans aux Etats-Unis, où il a obtenu un doctorat en économie. Il est un des conseillers du premier ministre Ismail Haniyeh. Son plaidoyer éloquent pour une trêve de longue durée, paru dans le New York Times le 1er novembre 2006, n’a malheureusement pas eu de suite politique. L’association française La Paix Maintenant, qui soutient le mouvement israélien du même nom, a publié la traduction de cet article (http://www.lapaixmaintenant.org/article1432).  Dr Ahmed est revenu à la charge le 8 janvier 2009 dans un article publié sur Ma’an News. En voici un extrait. L’article se trouve en totalité en anglais sur http://www.maannews.net/en/index.php?opr=ShowDetails&....

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Dr Yousef Ahmed au travail (photo Rami Almeghari octobre 2008) (http://electronicintifada.net/v2/article9917.shtml )

« En fait, nous accueillons positivement la proposition de cessez-le-feu »

(…)  le Hamas accueille l’initiative égyptienne-française pour finir ce bain de sang.

Nous reconnaissons qu’il contient beaucoup d’éléments positifs; pourtant, il y a quelques éléments qui demandent une réflexion supplémentaire. Nous désirons un cessez-le-feu immédiat pour mettre fin aux souffrances causées par la violence actuelle et le blocus économique. A cette fin, il nous faut un intermédiaire de confiance que peut garantir qu’Israël respectera les conditions de cet accord de cessez-le-feu.

Nous avons déjà proposé une trêve à long terme à la condition que les israéliens montrent leur bonne volonté de se retirer de tous les territoires occupés suite aux incursions de 1967, comme l’exige le droit international.

Nous nous engageons d’arrêter les hostilités pourvu qu’Israël fasse preuve de bonne foi en arrêtant ses attaques incessantes sur notre peuple et qu’elle lève le blocus économique qui a paralysé notre vie économique et sociale pendant les trois dernières années.

Pour une paix durable, il faudrait considérer d’autres questions encore : le retrait de l’armée israélienne de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est ; le démantèlement de toutes les colonies israéliennes derrière les lignes du 4 juin 1967 ; et la reconnaissance du droit des palestiniens à retourner chez eux et à déterminer leur futur eux-mêmes.

Le Hamas est d’accord de travailler avec le gouvernement palestinien élu et la communauté internationale pour contribuer à la stabilité de la région et pour redonner espoir à notre peuple.

Malgré cela, étant donné la pluie de bombes et les tanks autour de nos maisons, nous affirmons que le peuple palestinien a le droit d’agir selon la Résolution 2649 de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Cette résolution était votée par la communauté internationale. Elle ‘affirme la légitimité de la lutte que mènent les peuples assujettis à une domination coloniale et étrangère et auxquels on a reconnu le droit à disposer d’eux-mêmes pour recouvrir ce droit par tous les moyens dont ils disposent.’ »  

 

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23/11/2008

Réduits à manger des aliments pour animaux

C’était prévu (voir le blog du 19 novembre) : il n’y a plus de blé pour la fabrication du pain dans la bande de Gaza, soumis au blocus israélien pour le 19ème journée consécutive. L’article suivant était publié par Ma’an News hier (http://www.maannews.net).

 

Les boulangeries de Gaza sont réduites à utiliser des farines destinées aux animaux pour faire le pain

Les boulangeries de la bande de Gaza assiégée se sont mises à moudre du blé de seconde qualité, normalement destiné au bétail et à la volaille. Il ne leur restait plus aucune réserve ce samedi, dix-huitième jour du blocus israélien.

Le blé réservé à la consommation des êtres humains s’est épuisé cette fin de semaine. Les agents de sécurité aux frontières égyptiennes et israéliennes ont refusé le passage aux camions de nourriture et de médicaments de donateurs, selon Abd An-Nasser Al-Ajrami, responsable de la Société de propriétaires de moulins dans la bande de Gaza. (Ma’an a également publié hier que des camions transportant de l’aide médicale en provenance du Maroc, arrivés au Caire, espéraient obtenir l’autorisation d’entrer à Gaza par le passage de Rafah.)   

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   Photo Hatem Omar (Ma'an)

Selon les Nations Unies, la moitié des boulangeries de Gaza étaient fermée hier.

Les conditions humanitaires n’ont jamais été si précaires à Gaza. Le verrouillage israélien, supposé répondre aux tirs des missiles artisanaux sur les terres d’Israël avoisinantes, exclut toute importation de nourriture, de médicaments et de carburant. 

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19/11/2008

Alerte rouge à Gaza

Jonathan Cook, écrivain et journaliste, vit à Nazareth. C’est un observateur subtile de la scène au Moyen Orient (www.jkcook.net) depuis des années. Son article récent pour « The National » (Abu Dhabi) examine les racines et les enjeux de la situation à Gaza. L’original se trouve à l’adresse http://electronicintifada.net/v2/article9968.shtml. En voici une traduction quelque peu abrégé.

« Le vrai but du blocus israélien à Gaza

Le dernier resserrement de l’écrou israélien sur Gaza – l’arrêt de toute livraison de biens depuis plus d’une semaine – a produit des conséquences choquantes et immédiates pour ses 1,5 million d’habitants.

Le blocus du carburant a forcé la fermeture de l’unique centrale électrique de la bande de Gaza … Une pénurie critique d’eau et la destruction des systèmes sanitaires menacent à tout moment. [On prévoit la fin des stocks de blé d’ici à jeudi 20 novembre –  Maan News Agency ]

L’ONU a annoncé jeudi passé qu’il n’avait plus de quoi fournir les denrées alimentaires de base dont dépendent 750’000 gazaouis dépourvus de tout. « Ce blocus est dirigé contre l’organisation des Nations-Unies elle-même, » dit un porte-parole.

De surcroît, la grande banque israélienne Hapoalim a annoncé que toute transaction avec Gaza sera prochainement refusée, ce qui revient à imposer un blocus financier sur cette économie qui dépend du shekel israélien. D’autres banques planifient des mesures semblables, leurs mains liées par la déclaration de Gaza comme « entité ennemi » par l’Etat d’Israël en septembre 2007.

Selon toute probabilité, il y aura peu de témoins à l’approche de l’hiver, bien sombre, avec comme horizon la famine. Depuis une semaine, aucun journaliste n’est admis à Gaza depuis le côté israélien, de même un groupe de diplomates européens s’est vu interdit l’accès par l’Egypte.   [voir l’article de Joseph Zisyadis]

L’Etat d’Israël rend le Hamas responsable des dernières restrictions d’aide et de carburant arguant de leur violation de la trêve de cinq mois. Le groupe armé du Hamas a bien tiré des missiles sur les territoires avoisinants d’Israël, mais il faudrait reconnaître qu’Israël a sa part dans la fin de cette trêve : pendant que les yeux du monde étaient rivés sur les élections américaines, l’armée israélienne a envahi Gaza, tuant 6 palestiniens, provoquant ainsi ces tirs des missiles. [Selon le journal Haaretz du 18 novembre, on compte 17 militants palestiniens tués ce mois par des tirs ou par des missiles tirés depuis des drones qui ne laissent que des fragments de corps. Ces militants défendaient un endroit envahi par l’armée ou étaient soupçonnés de préparer des tirs de missiles. De telles exécutions extra-judiciaires sont proscrites par le droit international.]

La catastrophe humanitaire à Gaza n’a que peu de rapports avec les incursions israéliens actuelles et les tirs des missiles par les palestiniens. Il y a presque une année, Karen Koning AbuZayd 

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commissaire général de l’agence onusien pour les réfugiés palestiniens [l’UNWRA], a donné un avertissement : « Gaza risque de devenir prochainement le premier territoire qui soit délibérément réduit à un état de dénuement abjecte. » 

Mme AbuZayd a accusé l’Etat d’Israël de l’étranglement de Gaza, mais elle a aussi pointé du doigt la communauté européenne. Tous les deux ont commencé à bloquer l’aide de Gaza au début de l’année 2006, après l’élection du Hamas à la tête de l’Autorité Palestinienne.

Les Etats-Unis et l’Europe étaient d’accord sur la logique de cette démarche, assurés que si la population civile de Gaza souffrait suffisamment, la population se révolterait contre le Hamas et mettrait à leur place un nouveau gouvernement acceptable pour l’Etat d’Israël et pour l’Occident.

Mme AbuZayd avait raison de dire que ce moment était le commencement d’une punition collective de Gaza, traitement condamné comme crime de guerre par les Conventions de Genève. [lire dans Le Temps du 18 novembre : « Le DFAE exige le désenclavement de Gaza » ]

En fait, la catastrophe croissante qui se déchaîne sur Gaza est seulement indirectement liée à la montée au pouvoir du Hamas et au tir des missiles. Ces deux phénomènes représentent un refus de la part des gazaouis d’abandonner leur résistance à la continuelle occupation israélienne. Le Hamas, les Qassams, offrent un prétexte à l’Etat d’Israël pour ignorer les protections qu’un état occupant doit à ses occupés selon le droit international, afin de soumettre les civils de Gaza à ce verrouillage total. 

Les media en Israël ont annoncé le week-end passé qu’un des premiers actes officiels du premier ministre du Hamas, Ismail Haniyeh, lors de son élection en 2006, était d’envoyer un message écrit au Président Bush. Dans ce mot, il a proposé une trêve de longue durée avec, en retour, la fin de l’occupation israélienne. On ne lui a même pas accusé réception de ce message.

Au contraire, selon le Jerusalem Post, les responsables de la politique israélienne ont cherché à renforcer l’idée que « ça n’aurait pas de sens de faire tomber le Hamas, puisque le Hamas, c’est toute la population de Gaza. » Ce raisonnement fait l’apologie de la punition collective puisque l’on considère qu’il n’existe pas de vrais civils à Gaza. Israël fait la guerre a chaque homme, femme et enfant. [sans oublier les pêcheurs : Maan 19 novembre]

Pour illustrer jusqu’où peut aller cet état d’esprit, notons que le conseil des ministres israéliens a discuté d’une nouvelle stratégie la semaine passé : l’idée serait de simplement raser des villages gazaouis afin de freiner les tirs de missiles. …

Certains ministres ont exprimé des sentiments dans la même veine. Ehud Olmert a déclaré que l’on ne devrait pas permettre au peuple de Gaza de « mener des vies normales. » Avi Dichter est de l’avis que les sanctions sont nécessaires « sans tenir compte du coût du côté palestiniens. » Meir Sheerit aimerait qu’Israël « décide quel quartier de la ville de Gaza raser. » …

Il reste à se demander : quelle est l’attente de l’Etat d’Israël face à des gazaouis qui s’enfoncent dans la misère tout en subissant l’augmentation des représailles militaires israéliennes ? » …

En conclusion, M. Cook cite les mots du Dr. Eyad Sarraj qui se trouvent tout à la fin du blog du 24 mars 2008, « SOS de Gaza » : « Préparez-vous à l’Exode. »     

 

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14/09/2008

Blocus des jeunes cerveaux

L’article, dont la traduction suit, est paru dans The Guardian (www.guardian.co.uk) du 11 septembre. Peut-on espérer une suite heureuse pour son jeune auteur, comme pour Wissam Abuajwa à sa sortie du passage d’Erez le 15 juillet ? A l’âge de 31 ans, après presque 8 ans de démarches, il peut enfin poursuivre des études pour un Master en Angleterre.

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photo : Wissam Abuajwa le 15 juillet 2008 à la sortie du passage d’Erez,            

Quique Kiersyenbaum pour The Independent

 

 

« Blocus des jeunes cerveaux

 

Mon rêve est de devenir médecin spécialiste des os. Mais le gouvernement israélien ne m’autorise pas à partir pour poursuivre mes études à l’étranger. 

 

Cette année aurait dû être ma première année d’études de médecine. Au lieu de cela, je suis enfermé à Gaza chez mon père dans le camp de réfugiés de Jabalia sans possibilité et de sortie. Lorsque j’ai terminé le lycée l’année passée, j’ai décidé que je voulais être médecin. Gaza a grand besoin de spécialistes des os, mais la formation n’existe qu’à l’étranger.

 

Lorsque j’ai obtenu une place à une université médicale en Allemagne, mes parents étaient fiers. Je me réjouissais de suivre mon frère aîné, qui y étudie déjà. En février, les autorités allemandes m’ont accordé un visa d’entrée. J’ai immédiatement demandé la permission aux autorités israéliennes pour voyager en Europe. Mais on m’a répondu qu’on émit un visa  seulement aux malades en besoin urgent de soins – pas aux étudiants.

 

Il y a des centaines d’autres jeunes gens enfermés dans la bande de Gaza qui ont été acceptés pour des études à l’étranger. Pour beaucoup d’entre nous, c’est la seule manière de continuer notre éducation. Gaza a une des densités de population la plus élevée au monde; il est un des endroits les plus pauvres : nous sommes 1,5 millions pour une parcelle de terre d’environ 41 kilomètres de long et 6-12 kilomètres de large. Nos hôpitaux manquent des équipements nécessaires pour plusieurs soins vitaux, par exemple des traitements de radiation pour des cancéreux et des traitements pour des patients cardiaques.

 

Les universités à Gaza sont surpeuplées et n’ont que peu de moyens. Maintes branches ne sont même pas offertes et il y a peu de programmes pour des études avancées. On refuse à des enseignants étrangers l’autorisation de venir à Gaza. Nous avons besoin de nous expatrier pour apprendre.

 

En juin, après que les Etats-Unis aient exercé de la pression sur Israël afin que des lauréats du Fulbright puissent quitter la bande de Gaza, l’armée israélienne a annoncé qu’elle accorderait des autorisations de sortie pour quelques étudiants dont la bourse est « reconnue » - mais pas des centaines. C’est ainsi que des centaines attendent encore, la plupart d’entre nous sans bourse prestigieuse qui pourrait attirer l’attention du monde. Je suis certain d’être parmi la majorité qui n’ont pas la possibilité de partir. La vie à Gaza m’a enlevé tout mon optimisme.

 

Mon père est enseignant et propriétaire d’un magasin de vêtements pour enfants. Ma mère est femme au foyer. J’ai six frères et trois sœurs. Nous sommes retournés en Palestine en 1996 de l’Arabie saoudite, où mon père enseignait. C’était au point culminant du processus de paix.  Mes parents ont mis leur espoir dans les accords d’Oslo signés en 1993; ils pensaient que la vie serait mieux pour nous ici.

 

Mais lorsque j’avais dix ans, la deuxième intifada a commencé. Mes années d’adolescence ont été marquées par l’effritement du processus de paix. Pendant ma troisième année du lycée, les autorités israéliennes ont fermé la bande de Gaza. Les contrôles aux frontières ont réduit le nombre de personnes autorisées à utiliser les passages au minimum et ont étranglé l’économie gazouie, en limitant  les imports et les exports et en coupant le livraison de carburant de d’électricité. Il n’y a plus de vêtements dans le magasin de mon père, alors qu’il était destiné à payer les études pour mon frère et moi.

 

Les Etats-Unis, le Canada et l’Union européen ont soutenu Israël dans son blocus contre le Hamas, qui a gagné les élections en 2006. Mais le blocus ne sert qu’à rendre les gens plus désespérés. Hamas et les autres groupes armés, je sais, ont tiré des roquettes depuis la bande de Gaza en tuant des civils dans des villes et des villages israéliens.

 

Mais j’ai aussi vu comment Israël a exercé des représailles avec des attaques aériennes et des incursions armées dans la bande de Gaza, y compris à Jabalia. Le blocus israélien est une punition collective. Il nous fait mal à nous tous, en dépit du fait que l’on soit pour le Hamas ou pas. Ce blocus détruit mon rêve de pouvoir écrire « médecin spécialiste des os » à la suite de mon nom.

 

Parfois, je regrette que je viens de Gaza. Mais je garde l’espoir de pouvoir aller à l’étranger, acquérir des aptitudes et retourner pour aider d’autres ici. Par moment, quand nous avons l’électricité, je regarde la télévision et je vois comment les gens vivent ailleurs. Je me demande pourquoi eux, ils peuvent voyager, étudier, aller en vacances, et moi, je ne peux pas me déplacer à l’étranger même pour étudier la médecine.

 

Nous sommes des étudiants, pas des soldats. Nous ne sommes pas des combatants dans ce conflit. Pourquoi est-ce qu’Israël refuse de nous autoriser de partir pour étudier ? Pourquoi est-ce que l’Europe et l’Amérique soutiennent-ils un blocus des jeunes cerveaux ? Bientôt, mes camarades des classe à l’université médicale commenceront leurs cours. Et en ce moment-là, moi, je serai probablement encore ici chez mon père, en attendant que le blocus prenne fin. »

 

The Guardian nous précise qu’Abdalaziz Okasha a reçu son diplôme de fin d’études du lycée dans la bande de Gaza en juin 2007.

 

21:04 | Tags : gaza, université, blocus, autorisation, visa, bourse d'étude | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

06/06/2008

Gaza : personne ne sort ! Même pas les étudiants doués…

En ce moment d’examens de fin d’année dans nos écoles et nos universités, j’ai appris avec consternation par le New York Times ( http://www.iht.com/articles/2008/05/29/africa/gaza.php ) que les Etats-Unis allaient retirer des bourses Fulbright de sept étudiants de Gaza. La décision découle du blocus israélien de la bande de Gaza.  L’article cite le rabbin Michael Melchior, responsable du comité du parlement israélien pour l’éducation, qui dénonce cette décision ainsi : « Ceci pourrait être interprété comme une punition collective. Cette politique ne respecte pas les normes internationales ni les normes éthiques des juifs, qui ont eux-mêmes souffert par le passé d’être privés de l’éducation supérieure. » Condoleeza Rice a exprimé sa surprise en apprenant les nouvelles : « S’il n’est plus possible de soutenir des jeunes et donner un horizon complet à leurs rêves et leurs attentes, je ne sais pas s’il y a un avenir pour la Palestine. » (http://www.nytimes.com/2008/06/02/world/middleeast/02fulb... 

Les USA semblent changer d’avis en faveur de ces 7 étudiants, mais, à Gaza,  il reste au moins 700 étudiants de l’éducation supérieure face au même refus israélien. L’original de cette traduction se trouve sur http://www.pchrgaza.org (Centre palestinien pour les droits humains) 

« Huis clos pour 700 universitaires de Gaza

Il y a trois jours, le 1er juin, Hadeel Abu Kwaik était assise dans la salle d’ordinateurs de l’Université Al-Azhar à Gaza avec un air soucieux et perplexe. Elle venait d’apprendre que sa bourse Fulbright n’était pas annulée, après tout. « Je suis heureuse mais encore en souci. Je ne sais toujours pas si nous allons tous pouvoir partir pour les Etats-Unis. »

Hadeel est une des sept étudiants qui, le 29 mai, ont reçu une lettre du Consulat américain à Jérusalem les informant que leur inscription pour une bourse Fulbright n’aurait pas de suite. (…) Les bénéficiaires – trois femmes et quatre hommes – étaient ‘fortement encouragés’ de s’inscrire à nouveau pour les mêmes bourses l’année suivante et assurés que leur inscription aurait ‘une considération prioritaire’.

Le retrait de ces bourses a provoqué un tollé au niveau international, les yeux du monde se sont tournés vers les sept étudiants. (…) Face à une critique croissante venant d’Israël et des Etats-Unis, le Département d’Etat américain a vite ré-attribué les sept bourses en assurant les étudiants le 2 juin qu’ils étaient en train de travailler ‘étroitement’ avec les autorités israéliennes pour obtenir des permis pour quitter Gaza. Maintenant, Hadeel attend de pouvoir voyager à Jérusalem, où elle devra être interviewée au consulat américain afin d’obtenir un visa pour les USA. Ensuite, elle retournera à Gaza pour se préparer pour le départ à la fin de l’été. Elle compte étudier en vue d’un Masters d’ingénieur-software à l’Université de Minnesota.

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Hadeel Abu Kwaik est une des 7 étudiants dont les bourses Fulbright étaient retirées puis ré-attribuées rapidement, par le Département d’Etat américain. Mais il reste presque 700 autres étudiants devant un huis clos à Gaza. (photo PCHR)

Les media ont vite fini avec ce ‘happy ending’. Mais pour des centaines d’autres étudiants empêchés de se rendre aux universités qui les ont acceptés, enfermés dans la bande de Gaza, c’est toujours le huis clos, et le nombre de cas augmentera sûrement cet été. Selon les statistiques du PCHR, il y a encore presque 700 étudiants gazouis en attente de permis nécessaires pour quitter Gaza afin de poursuivre leurs études à l’étranger au moyen d’une bourse. ‘ Ce chiffre sera à la hausse dans le mois qui vient, dès que les écoles annonceront les résultats des examens,’ estime Khalil Shaheen, chercheur senior au PCHR. ‘Les étudiants de Gaza veulent continuer leurs études – tous sont laissés sur le carreau à l’intérieur de la bande de Gaza à cause du siège imposé par Israël et du blocus. Leurs droits de poursuivre leur éducation et leur avenir sont bafoués.’

La Déclaration Universelle des Droits de L’Homme de 1948 et le Pacte internationale relatif aux droits civils et politiques de 1966 garantissent explicitement le droit de toute personne de se déplacer librement entre leur état et l’extérieur. Le blocus israélien de la bande de Gaza, qui entre bientôt dans sa troisième année, détruit de manière systématique et délibérée la vie économique de Gaza, ses services de santé et d’éducation, en écrasant tout espoir pour le futur de ses habitants. Les étudiants gazouis désirant poursuivre des études spécialisées à l’étranger, pour ensuite revenir à Gaza et assister à la reconstruction de leur pays, pour la plupart d’entre eux, sont empêchés d’exercer ce droit puisque l’état d’Israël persiste dans sa politique de punition collective. Une organisation de droits de l’homme israélienne, GISHA, vient de faire appel à la Cour Suprème israélienne pour que deux étudiants de Gaza, Wissam Abuajwa et Nibal Nayef, puissent quitter Gaza et étudier en vue d’un Masters en Grande Bretagne et en Allemagne.

Entre-temps, Said Ahmad Said Al-Madhoun attend depuis plus d’une année pour poursuivre son Masters en droit, à l’étranger. Said a gagné une bourse du Open Society Institute en janvier 2007 et a ensuite été accepté dans un programme de Masters au Washington College of Law, une université américaine. Mais Said n’a pas pu se rendre aux Etats-Unis. ‘J’ai pu sortir de Gaza en décembre 2007 jusqu’à la frontière égyptienne,’ raconte Said. ‘C’était un voyage compliqué – à cause du blocus, nous étions obligés de prendre le passage d’Erez (au nord de la bande de Gaza ) et puis, un autre passage à Kerem Shalom, jusqu'à la frontière. Mais là-bas, on m’a refoulé puisque je n’avais pas de visa américain.’  Il était impossible pour Said d’obtenir un visa pour les Etats-Unis parce que c’est interdit pour lui de se rendre à Jérusalem, où le consulat américain délivre les visas. Il a essayé de quitter Gaza une deuxième fois en janvier et a essuyé un deuxième refus à la frontière égyptienne. Sa carrière académique et sa vie sont en suspens. Said attend encore. ‘La situation est extrêmement frustrante pour moi et pour nous tous, les étudiants à Gaza,’ lâche-t-il d’un air fatigué. ‘Nous avons envie de travailler et d’apprendre. Nous voulons pouvoir nous déplacer en toute liberté. Nous avons envie de prendre notre avenir entre nos propres mains.’

Lorsque Hadeel Abu Kwaik a appris tout d’abord que sa bourse Fulbright a été retirée, elle dit avoir été fâchée et déçue. ‘Je me demande si Israël a envie d’un voisin éduqué ou un voisin fâché,’ a-t-elle déclaré publiquement. Comme Said, Hadeel veut étudier à l’étranger pour revenir ensuite à Gaza et travailler au centre de sa communauté. Bien qu’elle se réjouisse d’être à nouveau détentrice de la bourse Fulbright, elle admet qu’elle a toujours des doutes de réellement pouvoir quitter Gaza, et cette anxiété gâche sa joie. ‘Je ne me sentirai pas tranquille jusqu’à ce que nous arrivions pour de vrai aux Etats-Unis,’ dit Hadeel.   

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20/04/2008

Gaza : éducation en danger !

1251919199.jpgToutes les universités de la Bande de Gaza sont fermées depuis plus d'une semaine à cause du manque de moyens de transports et de carburants puisque les frontières qui relient la Bande de Gaza à l'extérieur sont fermées par ordre des militaires israéliens.Après plus d’une semaine d’absentéisme dans les écoles et les universités de Gaza, Ziad Medoukh, professeur à l’université Al-Aqsa, fait un appel aux universités européennes. (aqsafrancais@yahoo.fr)

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