26/06/2009

La pierre angulaire des pourparlers pour la paix en Palestine/Israël

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a été informé le 23 juin de la situation catastrophique dans la bande de Gaza. Robert Serry, dans un article sur Ma’an News du 24 juin, rappelle les risques d’ignorer l’isolement orchestré de Gaza [voir le blog du 18 juin]. L’original en anglais se trouve sur http://www.maannews.net/en/index.php?opr=ShowDetails&... .  

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20/01/2009

De Gaza : l’arme la plus puissante

 « Nous nous devons d’expérimenter les voies de l’amour. »

(Dr. Attalah Tarazi, chirugien de l’hôpital Al-Shifa, Gaza)

 

Hier soir à Genève, un rassemblement a réuni des gens pas toujours d’accord sur plein de détails, mais unis dans la conviction que la violence n’est pas capable de résoudre des conflits. La pluie qui tombait autour de nous ravivait tous les arguments intellectuels, logiques, « réalistes » qui disent depuis trois semaines l’inévitabilité de l’action infâme de l’armée israélienne à Gaza. La lumière du feu et des torches disaient le contraire : qu’il suffit une volonté implacable de mettre en place des alternatives pour éviter des désastres humains.

Les désastres naturels, nous les connaissons. Que les souffrances de Gaza convainquent le monde que Gaza doit être le dernier de grands désastres humains.

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14/01/2009

L’enfer sur terre

Depuis plusieurs jours, des témoignages de sources différents (Middle East Online , Le Monde) signalent l’utilisation par l’armée israélienne d’armes terriblement blessantes.

 

« Les nouvelles bombes d’Israël – les survivants racontent

                 

13 janvier 2009

 

… C’était une nuit de terreur. Nous étions terrifiés. Nous pensions que nous allions brûler vifs.

 

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09/01/2009

Violations du droit international humanitaire par l’Etat d’Israël

L’organisation israélienne B’Tselem, fondée en 1989 par des avocats, des professeurs, des journalistes et des membres de la Knesset, a comme but de « documenter et éduquer le public et les responsables de la politique en Israël sur les droits humains dans les Territoires Occupés, lutter contre le phénomène de dénégation répandu dans le public israélien et aider à créer une culture des droits humains en Israël. » L’original du rapport qui suit est le dernier en date, plusieurs autres peuvent être consultés sur le site : http://www.btselem.org/English/

« Témoignage : famille de Gaza massacrée ; survivants détenus

B’Tselem, 8 janvier 2009

Meysa Fawzi al-Samuni a 19 ans, elle est femme au foyer, son bébé a neuf mois, elle habite dans la ville de Gaza. Elle a donné le témoignage suivant à Iyad Haddad de B’Tselem par téléphone le 7 janvier 2009 :

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 Meysa al-Samuni et sa petite fille à l'hôpital al-Shifa, 8 janvier 2009 (photo Muhammad Sabah, B'Tselem)

‘Dimanche [4 janvier] autour de 9 heures du matin, des soldats sont venus à la maison de mon beau-père, Rashed al-Samuni. La maison se trouve à côté d’une entreprise de manufacture de ciment. Nous étions 14 dans la maison, tous de la famille al-Samuni : mon mari Tawfiq (21 ans) et moi, Jumana notre bébé, mon beau-père Rashed (41 ans), ma belle-maman Rabab (38 ans), les frères et sœurs de mon mari – Musa (19 ans), Walid (17 ans), Halmi (14 ans), Zeineb (12 ans), Muhammad (11 ans), Shaban (9 ans), Issa (7 ans), Islam (5 ans) et Isra (2 ans).

Les soldats sont arrivés à pied. Ils ont frappé à la porte. Nous avons ouvert, puis, en nous menaçant avec des armes, ils nous ont forcé à sortir de notre maison. Ils portaient des gilets pare-balles et étaient armés de mitrailleuses. Leurs visages étaient peints en noir. Nous avons quitté la maison. Walid a couru par une autre porte, mais les soldats l’ont rattrapé.

Les soldats nous ont fait marcher jusqu’à la maison du frère de mon beau-père, Talal Halmi al-Samuni (50 ans), à une distance d’environ 20 mètres. Il y avait déjà à peu près 20 personnes dans la maison ; en tout, nous étions 35. Les soldats nous ont quitté, manifestement pour fouiller la maison de mon beau-père.

Environ une heure plus tard, les soldats sont revenus et nous ont ordonné d’aller avec eux à la maison de Wail al-Samuni (40 ans). Sa maison est une sorte d’entrepôt en béton d’environ 200 mètres carrés. Elle se trouve à environ 20 mètres de la maison de Talal, où nous étions. Nous y sommes arrivés à 11h. Là, nous avons trouvé 35 personnes, à ce moment, nous étions en tout 70 personnes. Nous y sommes restés jusqu’au matin suivant sans rien à manger ni à boire.

Autour de 6h du matin [lundi 5 janvier], c’était calme dans la région. Un des hommes de la famille, Adnan al-Samuni (20 ans) a dit qu’il voulait aller chercher son oncle et sa famille pour qu’ils puissent être avec nous autres. Mon beau-papa, son neveu, Salah Talal al-Samuni (30 ans) et son cousin Muhammad Ibrahim al-Samuni  (27 ans), était debout à la porte d’entrée de la maison. Ils avaient l’intention de partir ensemble à la recherche de cette famille. Le moment même où ils ont quitté la maison, un missile ou un obus s’est abattu sur eux. Muhammad était tué sur le champs; les autres étaient blessés par les éclats. Mon mari s’est approché d’eux pour leur porter de l’aide, et puis un missile ou un obus a frappé le toit de l’entrepôt. D’après l’intensité de la frappe, je pense que c’était le missile d’un F-16.  Au moment de la frappe du missile, je me suis couchée sur notre fille. Tout était fumée et poussière, et j’ai entendu des hurlements et des gens qui pleuraient. Après que la fumée et la poussière se soient quelque peu dissipées, j’ai regardé autour de moi. J’ai vu entre 20 et 30 morts et environ 20 blessés. Il y avait des gens gravement blessés et d’autres légèrement blessés.

Ceux qui gisaient morts, autour de moi, étaient mon mari, qui a été frappé dans le dos, mon beau-père, qui avait subi une frappe à la tête – sa cervelle était à terre – ma belle-maman Rabab, Talal le frère de mon beau-père et sa femme Rhama Muhammad al-Samuni (4 ans), la femme du fils de Talal, Maha Muhammad al-Samuni (19 ans) et son fils Muhammad Hamli al-Samuni (5 mois) dont tout le cerveau avait été éjecté à côté de son corps, Razqa Muhammad al-Samuni (50 ans), Hanan Khamis al-Samuni (30 ans) et Hamdi Majid al-Samani (22 ans).

Le frère de mon mari Musa et moi étions légèrement blessés. Musa avait une blessure à l’épaule et ma main gauche était blessée. Ma fille était touchée à la main gauche. Son pouce, son index et son doigt du milieu ont été arrachés. J’ai pris un mouchoir et j’ai emballé sa main pour arrêter le saignement.  Les blessés qui gisaient parterre criaient à l’aide sans pouvoir bouger. Les petits enfants et la grand-mère de mon mari, Shifaa al-Samuni (70 ans) pleuraient.

Environ 15 minutes après la deuxième frappe, Musa a dit que c’était une idée de se sauver dans la maison de son oncle, Assad al-Samuni, à une distance d’environ 20 mètres. Nous y avons couru et frappé au portail, mais personne n’a répondu.  Musa a sauté par-dessus le portail, l’a ouvert et nous y sommes entrés. Nous, c’était moi, ma fille, Musa et ses petites sœurs Islam (5 ans) et Isra (2 ans).  Il y avait entre 40 et 50 soldats dans la maison et environ 30 personnes rassemblées dans une des chambres, dont entre 7 et 10 hommes. Les hommes avaient les yeux bandés.

Un des soldats s’est approché de moi et a soigné ma fille et moi. Il a pansé nos mains et vérifié nos pouls. Puis, les soldats ont ligoté Musa et lui ont bandé les yeux.

Les soldats nous ont dit qu’ils allaient nous relâcher et laisser seulement Musa et l’oncle Emad au cas où le Hamas viendrait. J’ai compris qu’ils avaient l’intention de les utiliser comme « boucliers humains ». Ils nous ont ordonné de quitter la maison et nous ont fait marcher le long de la rue 400 – 500 mètres jusqu’à ce que nous trouvions une ambulance qui emmène ma fille et moi à l’hôpital al-Shifa. Les autres membres de ma famille ont continué à marcher dans la rue. Plus tard, quelques-uns parmi eux sont aussi arrivés à l’hôpital.

Autant que je sache, les morts et les blessés sont toujours sous les décombres. Je n’en ai vu aucun parmi les gens emmenés à l’hôpital. »

(voir aussi http://electronicintifada.net/v2/article10144.shtml )

06/01/2009

Dévastation totale !

J’ai appris aujourd’hui que le joli petit immeuble où j’ai vécu pendant trois mois en 2007 est vide.  Il y a quelques jours, un voisin a reçu un coup de fil des militaire israéliens lui annonçant la prochaine destruction de sa maison par tir. Il a averti ses voisins du danger. Maintenant, la famille du dernier étage : une dame âgée handicapée suite à une attaque cérébrale, son fils, sa belle-fille et trois enfants (dont une est née ce printemps); la famille du premier étage (5 enfants entre 5 et 13 ans et leurs parents) la famille du rez-de-chaussée (un homme malade de mon âge, son fils et sa sœur handicapée) sont tous chez une sœur, son mari et leurs trois enfants.

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vue sur ma rue (photo Carol)

« Le peu d’aide autorisé par Israël à Gaza est une goutte d’eau dans un océan de souffrance

Israël a autorisé des livraisons restreints d’aide à Gaza aujourd’hui (5 janvier). En même temps, des organisations humanitaires disent que les conditions dans la bande de Gaza se détériorent rapidement.

Ce reportage est le fruit de la collaboration de Damien McElroy à Jérusalem et Tim Butcher sur la frontière israélo-gazaouie

[pour l’original voir : Telegraph.co.uk]

Le passage de soixante camions de fournitures médicales et alimentaires ne peut faire taire les demandes pressantes adressées à Israël de lever les restrictions de passage de la frontière, restrictions qui datent de bien avant le début de l’Opération ‘Plomb Durci’ le mois dernier.

Le directeur irlandais des opérations de l’UNRWA (l’agence des Nations Unies pour les Réfugiés palestiniens) à Gaza est le premier civil autorisé à entrer à Gaza depuis que les attaques israéliennes ont commencé il y a 10 jours. Il parle de son choc de voir la dévastation de cet endroit qu’il connaît bien.

Nous avons pu interviewer John Ging par téléphone depuis la base de l’ONU dans la ville de Gaza.

‘C’était déjà terrible à Gaza, mais ce que j’ai vu aujourd’hui était une dévastation totale. C’est simplement horrible de voir des civils pris au piège comme ils le sont.

Gaza a passé par une ‘crise’ il y a bien longtemps et ce que j’ai vu aujourd’hui est une catastrophe en devenir.’

Ging raconte comment trois employés de l’ONU ont été tués dans les frappes sur Gaza. Un des hommes tués s’était porté volontaire comme travailleur auxiliaire médical lorsque l’ambulance qu’il conduisait, où quatre autres travailleurs avaient pris place, a été frappée par des tirs israéliens. Tous les cinq ont été tués.  

‘Tout les personnes avec qui j’ai parlé aujourd’hui se plaignaient de la même chose, ils se sentent pris dans une piège’, dit-il. ‘Si ce conflit était normal, alors il y aurait eu un vaste exode pour fuire les combats mais, à Gaza, les gens n’ont nulle part où aller : ils sont pris au piège.

‘Et nous savons qu’ils ne sont pas en sécurité chez eux parce que tant de civils ont été tués à l’intérieur de leurs maisons.

vue depuis ma chambre.jpg

de ma fenêtre (photo Carol)

Ging dit encore que, dans plusieurs lieux, les rues sont emplies d’eaux usées parce que les obus ont endommagé les tuyaux d’évacuation. Il y a aussi un manque critique d’essence pour faire fonctionner les pompes des systèmes d’évacuation.

Les troupes israéliennes ont coupé la bande de Gaza en deux, empêchant tout mouvement nord-sud, compliquant ainsi des efforts pour maintenir les services qui étaient déjà près de l’effondrement. Les services médicaux, confrontés aux 2'500 blessés et 517 morts, sont prêts de l’implosion.

Israël a utilisé un pipeline pour alimenter la centrale électrique de Gaza avec du carburant, ne satisfaisant qu’un quart de la demande. Sept conduites-clefs ont été mises hors service par des dommages collatéraux.

Le directeur de la Croix rouge internationale, Pierre Kraehenbuehl, a dit : ‘ Les installations importantes à Gaza – hôpitaux, systèmes d’eau, et systèmes des eaux-usées – étaient déjà dans un état précaire, depuis 18 mois, à cause du blocus et des restrictions sur les importations.’

L’association Save the Children a sommé Gordon Brown et d’autres responsables européens de faire plus d’efforts pour éviter les souffrances des plus jeunes habitants de Gaza considérant que les conditions sur place arrivent à des niveaux ‘critiques’.

Le porte-parole Dominic Nutt dit : ‘ Nous avons besoins de livrer plus de nourriture et de couvertures pour assurer que des enfants ne meurent pas de faim et de froid. Nous voulons que Gordon Brown et tous les responsables européens mettent de la pression pour un cessez-le-feu afin que nous puissions avoir un accès sûr à ceux qui sont dans le besoin à Gaza.

‘Les gens doivent avoir la possibilité de circuler librement et en sécurité pour qu’ils puissent amener des produits à leurs familles lorsque la nourriture sera à nouveau disponible.’ »

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04/01/2009

Témoignage d’un médecin norvégien

Vous qui suivez les rapports des journalistes de la chaîne de télévision Al Jazeera (anglais ou arabe), les seuls journalistes de l’extérieur présents dans de la bande de Gaza, vous avez peut-être déjà vu un entretien avec un des deux médecins norvégiens qui travaillent avec les médecins palestiniens. Cela vaut la peine de les écouter : ils confirment les faits fournis au télé-journal de ce soir par Mario Carera, chef du bureau suisse de la Direction du développement et de la coopération dans les territoires palestiniens : il y a beaucoup de civils morts cette dernière semaine, une cinquantaine aujourd’hui, dont certains provenant d’une attaque par missile sur un marché populaire. Un journaliste de Ma’an News (http://www.maannews.net) a pu parler avec un de ces médecins sur son lieu de travail.

«  Un docteur norvégien invite Tzipi Livni à venir constater la réalité de Gaza

Le docteur norvégien Madth Gilbert est actuellement à Gaza où il porte assistance aux médecins assiégés. Il qualifie de « mensonges » les dires du Ministre israélien des affaires étrangères Tzipi Livni lorsqu’elle affirme que l’armée israélienne ne cible pas des civils. Il l’invite à venir en visite à la bande de Gaza pour voir qui sont les vraies victimes des attaques.

Gilbert travaille à l’hôpital al-Shifa dans la ville de Gaza. ‘Comment est-ce possible pour elle de dire des choses pareilles ? Je la somme de rendre visite à Gaza pour voir ce que je suis en train de voir’, dit-il.

Le docteur décrit ce qui se passe à Gaza comme ‘catastrophique’. Selon lui, il faut qu’Israël arrête ses attaques aériennes et qu’elle protège les civils de Gaza en fournissant de l’aide humanitaire sous forme de nourriture, de carburant et de fournitures médicales.

Gilbert est arrivé à Gaza avec un deuxième médecin norvégien, Enrich Foucee, par le passage de Rafah, la troisième journée des frappes israéliennes. Envoyés par le Comité d’aide norvégien (NORWAC), ils étaient les deux seuls médecins étrangers autorisés à entrer. On a refusé l’entrée à des médecins du Qatar, de la Jordanie, et de l’Arabie saoudite.

Gilbert a décrit les conditions dans les hôpitaux comme insoutenables : n’importe quel établissement médical à Paris ou à New York fermerait ses portes dans de telles circonstances, dit-il. ‘Je ne sais pas combien de médecins pourront continuer à supporter de voir mourir tant de patients d’autant plus que les attaques israéliennes continuent.’ »

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 Hôpital Kamal Edwan, Beit Lahia, 29 décembre 2008 (Mohammed Abed / AFP / Getty Images) 

 

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30/12/2008

Guernica à Gaza

Vittorio Arrigoni est arrivé à Gaza dans le bateau SS Dignity. Il a choisi d’y rester et témoigne maintenant de l’horreur livrée aux yeux du monde. Ses observations avisées sont précieuses puisqu’il souligne que les victimes des frappes sont presque toutes civiles. Encore hier, la mission israélienne de Genève m’a assuré que la plupart des victimes sont des militants du Hamas. (On peut leur téléphoner au 022 716 0500 .)

Cet article est le premier de deux publiés dans le journal italien « Il Manifesto ». La version anglaise est disponible sur http://freegaza.org

« 28.12.08

Mon appartement à Gaza est en face de la mer. La vue est panoramique, elle m’a toujours fait beaucoup de bien, avec tout ce que je suis en train de vivre dans ce lieu assiégé. En fait, c’était comme ça jusqu’à ce matin, quand l’enfer a fait irruption sous ma fenêtre. Nous nous sommes réveillés au bruit des bombes – plusieurs sont tombées à quelques centaines de mètres de mon immeuble. J’ai perdu des amis sous les décombres. On dénombre 210 morts en ce moment, mais le bilan va certainement augmenter de façon dramatique. C’est un bain de sang sans précédent. Ils ont rasé le port en face de ma maison et pulvérisé les postes de police. On me dit que les media occidentaux ont assimilé les dépêches de presses de l’armée israélienne et répètent que les attaques ont ciblé uniquement des tanières du Hamas avec une précision chirurgicale.

La vérité, c’est que la plupart des corps que nous avons vu dans la cour de l’hôpital al Shifa, morts et vivants alignés ensemble, appartenaient manifestement à des civils. Imaginez un peu Gaza : chaque maison touche la maison à côté, chaque immeuble s’élève à côté d’un autre. Gaza détient la densité de population la plus haute au monde, ce qui veut dire qui si vous lâchez une bombe depuis une hauteur de dix mille mètres, vous allez inévitablement massacrer des civils. Vous en êtes conscients, vous en êtes coupables, ce n’est pas une erreur ni un cas de dommage collatéral.

La bombe qui a frappé la poste de police Al Abbas au centre de la ville de Gaza a gravement endommagé l’école primaire à côté. C’était la fin de la matinée d’école, et les enfants étaient déjà dans la rue. La plupart de leurs tabliers bleus qui volaient dans le vent étaient tâchée de sang. La bombe qui a frappé l’académie de police à Deir al Balah a fait des morts et des blessés dans le marché central de Gaza juste à coté. Nous avons vu des corps d’animaux et d’humains, leur sang mêlé coulant dans les rues d’asphalte. C’est un véritable Guernica. J’ai vu beaucoup d’uniformes sur les corps dans les hôpitaux que j’ai visité – je connaissais nombre de ces garçons. Je les saluais tous les jours dans la rue en allant vers le port ou, le soir, à un café populaire. Je connaissais plusieurs de leurs noms. Un nom, une histoire, une famille en deuil. La majorité de ces jeunes avaient dix-huit, vingt ans, la plupart sans alliance politique, ni Fatah ni Hamas, simplement inscrits dans la police, leur diplôme d’université en poche, pour avoir un bon travail. A Gaza, ce n’est pas facile, avec 60% de la population au chômage sous le siège criminel d’Israël. Je n’ai aucune envie de faire de la propagande, je laisse travailler mes yeux pendant que mes oreilles enregistrent le cri des sirènes et le son des bombes.

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Palestine Art : info@palestine-art.com

 

Aujourd’hui , je n’ai pas vu de terroriste parmi les victimes, seulement des civils et des policiers. Ils sont exactement comme nos agents de police – les policiers palestiniens massacrés par les bombes israéliens auraient été chaque jour de l’année en train de faire leurs rondes en surveillant le même coin de la rue. Hier soir, je me suis moqué de deux d’entre eux, devant ma maison, ils s’étaient habillés ridiculement pour se protéger du froid. Ils n’ont jamais tiré un seul missile contre Israël, ils ne l’auraient jamais fait – ce n’était pas dans leur cahier de charges. C’étaient des îlotiers pour la sécurité interne.

Le port se situe assez loin des frontières israéliennes. J’ai un caméra vidéo, mais aujourd’hui j’ai découvert que je suis nul comme cameraman. Je n’arrive pas à filmer les corps déchiquetés ou les visages couverts de larmes. Je me mets à pleurer moi-même. Les autres bénévoles de l’ISM [International Solidarity Movement] et moi, nous sommes allés donner du sang à l’hôpital Al Shifa. C’est là que nous avons appris que Sara, une chère amie, est morte, tuée par un morceau d’obus, près de sa maison, dans le camp de réfugiés de Jabalia. Une personne douce et positive, elle était sortie pour acheter du pain pour sa famille.  Elle laisse 13 enfants derrière elle.

Il y a un moment, j’ai reçu un appel de Tofiq, un des étudiants de Gaza qui a pu partir à Chypre dans notre bateau du mouvement Free Gaza [ http://www.freegaza.org ] .Il m’a demandé si j’avais pu rendre visite à son oncle, lui donner le bonjour de sa part, comme j’avais promis. En hésitant, je lui ai dit que je n’avais pas eu le temps. Trop tard – son oncle était sous les décombres du port avec les autres.

Depuis Israël, nous recevons les nouvelles terribles : aujourd’hui, ce n’est que le premier jour d’une campagne de bombardements qui peuvent durer deux semaines. Il veulent transformer la région en désert et l’appeler la paix. Le silence du « monde civilisé » est plus assourdissant que les explosions qui couvrent la ville comme un linceul de mort et de terreur.  

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