30/08/2009

Le silence autour de Gaza

 

Entre le 14 septembre et le 2 octobre, le Conseil des Droits de l’Homme à Genève écoutera le rapport du juge Richard Goldstone sur les évènements à Gaza et au sud d’Israël pendant les 22 jours de décembre et janvier derniers. Le 30 novembre 2008, Ramzy Baroud émettait l’espoir que les nouvelles de Gaza soient meilleures (Voir l'entrée du blog « Espoir : demain les nouvelles seront bonnes ! ») Neuf mois plus tard, il accuse les médias de carrément passer sous silence la situation humainement intolérable. Voici un résumé de l’article publié en anglais  sur le site de Ma’an News, le 29 août : http://www.maannews.net/eng/ViewDetails.aspx?ID=222126.

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28/12/2008

En direct de Gaza

Depuis des semaines, Israël a empêché des journalistes d’accéder à Gaza. Aujourd’hui, on comprend pourquoi. Moins il a d’images de massacres d’innocents dans la bande de Gaza, mieux c’est. Il y a heureusement les témoignages d'internationaux, arrivés pendant les quatre derniers mois dans le bateau SS Dignity du mouvement Free Gaza (http://www.freegaza.org/), ils ont choisi de rester à Gaza.

 

« Des témoins internationaux dénoncent la situation de Gaza

le 27 décembre 2008 (Gaza sous le siège)

Actuellement à Gaza, nous sommes des défenseurs des droits humains. Nous venons du Liban, du Royaume Uni, de Pologne, du Canada, d’Espagne, d’Italie et d’Australie. Nous sommes témoins oculaires des attaques israéliennes qui ont lieu en ce moment-même.

‘ Au moment des attaques, j’étais dans la rue Omar Muhtar [la rue principale de la ville de Gaza], et j’ai vu le dernier missile tomber à 150 mètres de moi ; à cet endroit la foule s’était déjà rassemblée pour essayer d’extraire les corps. Des ambulances, des camions, des voitures –  n’importe quelle véhicule qui aide à transporter – sont en train d’aider le transfert des victimes vers les hôpitaux. Les malades ont été évacués pour faire de la place aux blessés. On m’a dit que les morgues de la ville débordent, et qu’il n’y a pas assez de sang. Je viens d’apprendre qu’une des civiles tuées aujourd’hui était la maman de mes chers amis dans le camp de Jabalia.’

Eva Bartlett (Canada) International Solidarity Movement

‘Des missiles israéliennes ont frappé une place de jeux et un marché bondé à Deir Balah. Nous avons vu les suites : beaucoup de blessés, vraisemblablement quelques morts. Tous les hôpitaux dans la bande de Gaza sont débordés de blessés, ils manquent de moyens et des médicaments nécessaires pour soigner. Israël est en train de commettre des crimes contre l’humanité, il viole la loi international des droits humains, il ignore les Nations Unies et il  planifie des attaques à venir, encore plus importantes. Le monde doit agir immédiatement et intensifier les appels BDS (boycotts, désinvestissement et sanctions) contre Israël ; les gouvernements doivent aller plus loin que des paroles de condamnation : ils doivent obliger Israël à cesser ces attaques et de lever le blocus sur Gaza.’

Ewa Jasiewicz (polonaise et britannique) Free Gaza Movement

‘ La morgue de l’hôpital de Shifa n’a plus de place pour les corps : on voit des corps et des restes humains éparpillés partout à l’intérieur de l’hôpital.’

Dr Haidar Eid (palestinien de l’Afrique du Sud), professeur des études sociales et culturelles, Université d’Al Aqsa, Gaza

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F16 israélien (made in USA), Reuters 

 

‘ Les bombes ont commencé à tomber au moment de la sortie des écoles [à la fin de la matinée], et les enfants étaient tous dans la rue en train de rentrer chez eux. Je suis sortie dans l’escalier, et j’ai cueilli une petite fille terrifiée de 5 ans, sanglotante, qui est accouru pour se blottir dans mes bras. ’

Sharon Lock (australienne) International Solidarity Movement

‘ Tout ceci est incroyablement triste. Ce massacre ne va pas amener de sécurité pour l’Etat d’Israël ou lui permettre de s’intégrer dans le Moyen Orient.  Partout alentour on appelle aux représailles.’

Dr Eyad Sarraj, president du Centre de Sante Mentale de la Communauté de Gaza

‘Pendant que je vous parle, ils viennent de frapper une immeuble à 200 mètres d’ici. Il y a de la fumée partout. Ce matin à Rafah, je suis allé voir le bâtiment près du mien qui avait reçu une frappe directe. Deux bulldozers étaient en train de débarrasser les décombres. Ils pensaient avoir déjà trouvé tous les corps. Juste au moment où nous arrivions, ils en ont trouvé un autre.’

Jenny Linnel (britannique) International Solidarity Movement

‘Je vis chez des gens en face du bâtiment de la police de sûreté. Tout le verre de la maison a été soufflé, et la maison a subi des dommages sévères. A cause du siège, il n’y aura pas de matériel pour réparer cette maison. Un petit garçon de la famille s’est évanoui. Un autre de 8 ans a tremblé pendant une heure, couché par terre. Devant notre maison, nous avons trouvé les corps de deux petites filles sous une voiture. Elles étaient complètement brûlées. Elles rentraient de l’école. Ceci est plus qu’une punition collective. On nous traite comme des animaux dans un laboratoire. J’ai survécu au bombardement israélien de Beyrouth, et le message israélien à Gaza est le même : mort aux civils. Il vient d’y avoir une autre explosion dehors !’

Natalie Abu Eid (Liban) International Solidarity Movement

Les numéros de téléphone de ces témoins ou plus d’information sont disponibles sur le site de Free Gaza.

 

 

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