10/06/2018

Des voix depuis l’autre côté

Des voix des activistes israéliens se sont levées le jeudi 7 juin avec une action le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Les éditeurs du site Mondoweiss ont reçu une communication du groupe « RETURN » (RETOUR). Leur communiqué de presse était en anglais. Je livre sa traduction en français ici.

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Des activistes juifs israéliens du groupe « RETURN » ont suspendu des portraits des défunts de la Grande Marche de Retour sur la barrière qui sépare Israël de la bande de Gaza.

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31/05/2018

Rien n’est plus comme avant

Douze enfants (tenant peut-être à la main des cailloux ou de petits drapeaux ou encore un cerf-volant ou qui, simplement, couraient), deux journalistes (appareil de photo entre leurs mains) et un auxiliaire de santé en train de secourait des blessés : des soldats israéliens ont choisi de mettre fin à leurs vies. Pourquoi ceux-là ? Ils font partie des 121 morts et près de 14,000 blessés de la Grande Marche de Retour. Selon quels critères les militaires visent-ils ? Et comment, mais comment, des tireurs de l’élite de l‘armée israélienne continuent-ils à vivre avec le souvenir de ce qu’ils ont fait aux vivants et aux morts ?

Le Haut-Commissaire des Droits Humains Zeid Ra’ad Al Hussein a bien posé la question : « Que deviens-tu lorsque tu tires avec l’intention de tuer sur quelqu’un sans aucune défense qui ne te pose aucune menace immédiate ? » Un acte pareil ne sert ni à défendre son pays ni à protéger la frontière. Pour les proches des victimes, il reste « l’après ». Une journaliste de Gaza nous fait rentrer dans l’intimité des familles en deuil qui ne comprennent pas. Son article récent pour l’Electronic Intifada est en anglais. Je le traduis ici en français.

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Un garçon palestinien avec un cerf-volant près de la frontière à l’est de la ville de Gaza, 18 avril 2018 (photo : Yasser Qudih / APA images)

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24/05/2018

Assumer sa responsabilité

Moria Shlomat est actuellement avocate pour Ayelet Brachfeld, jeune israélienne qui refuse le service militaire, ou refusnik, comme les jeunes qui refusent le service militaire s’appellent en Israël. Ayelet a déclaré que la « tuerie insensée » le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, a renforcé sa détermination de refuser de servir dans l’armée. Déjà en 2002, l’organisation des refusniks Yesh Gvul (en hébreu : « Il y a une limite ») a publié des annonces dans le journal israélien Haaretz intitulée « L’occupation : une malédiction des deux peuples.» Les évènements récents le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza met la position de la jeune Ayelet Brachfeld dans une perspective tout particulière. Je traduis ici les propos de son avocate, Moria Shlomot, publiés cette semaine dans le journal Haaretz.

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Ayelet Brachfeld a déjà passé plus de 70 jours incarcérée dans une prison militaire pour son refus de servir dans l’armée. (photo: https://www.wri-irg.org/)

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15/05/2018

Plaidoyer pour la vie

Le Centre israélien d’information pour les droits humains dans les territoires occupés B’Tselem offre un aperçu de la vie autour des manifestations à Gaza ces dernières semaines. Ce documentaire photo montrent des gens qui connaissent et cultivent l’art de vivre. La Grande Marche de Retour a été l’occasion unique de se retrouver entre générations, de partager vécu et héritage et de sentir que son existence a une valeur. C’était la création apolitique des individus de la société civile. Evoquer l’injustice de la situation de la Palestine, et de Gaza en particulier, prend tout son sens face à la violence folle de l’armée israélienne ce 14 mai. 

Ce jour-là, soixante et un personnes sans armes ont été tuées par des tireurs d’élite, parmi eux, huit enfants. Le nombre de blessés : au moins 2'700, dont plus de mille victimes de balles réelles. La menace supposée de ces gens est une fabrication soigneusement préparée et diffusée par l’Etat d’Israël. «C’est un massacre d’un peuple sans Etat soumis à un siège militaire, » écrit Mairav Zonszein en 972 mag.

Je traduis ici les propos de B’Tselem, originalement en anglais, ainsi que les sous-titres des photos. Le reportage est un plaidoyer pour la vie.

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Face aux soldats à l’est de la ville de Gaza, 27 avril (photo Muhammad Sabah)

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11/05/2018

« J’aime la mer … mon âme y est attachée »

Pêcher en Méditerranée est pour certains une activité de loisir - pour d’autres, toute une vie. Récemment, un reportage photographique sur Gaza raconte les entraves périlleuses subies par les pêcheurs gazaouis. La force de cet article en anglais d’Electronic Intifada réside dans les portraits visuels et écrits des individus. Mercredi passé, les pêcheurs de Gaza ont essuyé des tirs de la marine israélienne qui les ont empêchés de continuer leur travail. Comment vivre ce métier la peur au ventre à chaque sortie ? Selon B’Tselem, groupe israélien pour les droits humains, 95% des pêcheurs de Gaza vivent en-dessous du seuil de la pauvreté.

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Des pêcheurs près du port de Gaza

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27/04/2018

Ne Tirez Pas !

Depuis le 4 avril, l’organisation israélienne B’Tselem demande aux soldats postés à Gaza de désobéir aux ordres illégaux de tirer sur des civils qui ne posent pas de danger mortel. Fondé en 1989, B’Tselem décrit sa raison d’être ainsi : « La régime israélienne de l’occupation est liée inextricablement aux violations des droits humains. B’Tselem fait tout son possible à mettre fin à l’occupation puisque c’est la seule manière de garantir un futur pour les droits humains, la démocratie, la liberté et l’égalité des deux peuples, palestiniens et israéliens, qui vivent entre le fleuve du Jourdain et la Méditerranée.

B’Tselem a publié le témoignage d’une femme palestinienne blessée lors de la première manifestation du vendredi 31 mars. Son histoire montre mieux que toute statistique ce qui arrive sur la frontière israélienne-palestinienne quand les gens de Gaza marchent pour exprimer leurs droits de tout simplement exister.

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Message de la page web de B’Tselem, qui a aussi publié un appel de ne pas ouvrir le feu sur des gens qui de toute évidence ne posent aucune menace.

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23/04/2018

Filmer, c’est risquer sa vie

L’armée israélienne poursuit son opération meurtrière contre les milliers de citoyens de Gaza qui manifestent paisiblement depuis trois semaines le long de la frontière avec Israël. Parmi les militaires, cent tireurs d’élites tuent et mutilent avec des balles réelles et des balles qui explosent à l’intérieur du corps, sans qu’un seul soldat souffre d’une égratignure. Les journalistes chevronnés et amateurs qui s’aventurent sur la frontière, qui osent montrer la monstruosité de la situation, eux, risquent tout. Filmer, c’est montrer les gens dans les camps de fortune le long de la frontière, qui piqueniquent, qui dansent la danse traditionnel du dabké, qui jouent au ballon, qui racontent des histoires de leurs anciennes terres et villages … La plupart des résidents de Gaza sont des réfugiés de 1948 et 1967, beaucoup peuvent voir leur lieu d’origine depuis l’intérieur de la bande de Gaza où ils sont confinés. La fermeture quasi-totale des frontières avec l’Egypte et avec Israël depuis onze années étouffe les presque deux millions de résidents dans un espace équivalent à celle du canton de Genève.

Filmer, c’est aussi montrer comment on tire sur des innocents qui ne menacent en rien la sécurité de l’Etat d’Israël, comme Yousef, sur qui un soldat a tiré pas une, mais deux fois, dans les deux jambes. Il portait une veste avec « PRESS » écrit dessus, comme neuf autres journalistes blessés le 30 mars. Son collègue Yasser Murtaja, qui a travaillé avec Ai Wei Wei pour son film Human Flow, actuellement aux salles de cinéma à Genève, est mort de ses blessures. Yousef a parlé avec Karama Fadel avant d’être évacué à Ramallah, où on espère sauver sa deuxième jambe. Je traduis ici l’article de cette dernière originalement en anglais.

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Yousef chez lui dans le camp de réfugiés d’Al Burej, au centre de la bande de Gaza, 15 avril 2018 (photo par Abeer Abu al-Naja)

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13/04/2018

Les yeux dans les yeux

Pourquoi maintenant ? Jean-Pierre Filiou dans son Histoire de Gaza explique l’urgence : « La paix entre Israël et Palestine ne prendra de sens et de substance qu’à Gaza, elle en sera la pierre de touche comme la pierre de voûte. » Amir Rotem l’a compris. Il est directeur du Département publique à Gisha, une organisation israélienne non-gouvernementale qui promet les droits humains, notamment la liberté de circuler, particulièrement pour les résidents de Gaza. Rotem vient d’écrire un article qui est apparu en hébreu sur Local Call, traduit en anglais sur + 972 mag, afin de mettre la Grande Marche populaire, qui se passe en ce moment le long de la frontière entre Gaza et Israël, en perspective. Je traduis ici ses propos en français. 

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Une femme palestinienne manifeste contre le blocus ou la fermeture de la bande de Gaza, qui dure depuis 11 ans, devant les bureaux d’UNESCO, ville de Gaza, 13 mars 2018 (Mahmoud Ajour / APA images)

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05/04/2018

Non-violence : de la résistance efficace ?

Quand des milliers de personnes de tout âge, femmes et hommes, à Gaza, décident d’une « Longue Marche » pacifique le long de leur frontière avec Israël, c’est une question d’envie populaire qui dépasse complètement n’importe organisation. C’est la population civile qui anime les villages de tentes et les manifestations, les danses et les chants, ce vendredi 30 mars. Elle appelle à manifester pour pouvoir rester sur la terre, à résister à toutes les entraves de l’occupation israélienne et le blocus infligée sur la bande de Gaza depuis 11 ans.

Ce projet de non-violence est mis à rude épreuve juste au début des manifestations : l’armée israélienne a tiré sur un agriculteur sur ses terres trop près de la frontière à son goût. Il meurt. La marche pacifique s’est agitée par quelques jets de pierres et de cocktails Molotov lancés par une petite minorité. Mais les gens se sont rassemblés pour marcher pacifiquement. Ils avancent, forts de n’avoir rien à perdre. Pas une seule personne n’a transgressé la frontière interdite mais les snipers israéliens ont tiré – beaucoup de balles réelles - dans les têtes, dans la poitrine, dans le ventre, dans les jambes. Des individus sans aucune arme meurent : dix-huit à ce jour, 1'400 blessés – les blessures béantes des balles explosives posent problème aux médecins. (À lire, l’article de Piotr Smolar dans Le Monde du 4 avril : « Retour sur une répression meurtrière à Gaza.»)

            Quel est le sens de cette confrontation ? Pourquoi cette envie de marcher pacifiquement, s’exposant ainsi à des risques sous le gaz lacrymogène et les tirs pour mettre en lumière une situation que le monde a choisi d’ignorer ? Un article en anglais dans le journal israélien Haaretz répond à la question. J’en restitue l’essentiel ici en français.

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Manifestants palestiniens à l’est de Khan Younis, 31 mars, 2018 (SAID KHATIB / AFP)

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07/02/2018

La résistance des femmes

Le statut de Jérusalem, la ville sainte des trois religions monothéistes, est mis en question. Sa reconnaissance comme capital politique de l’Etat d’Israël par Donald Trump a fait des vagues. Depuis, en Cisjordanie et à Gaza, le peuple palestinien, comme le peuple suisse, manifeste contre cette déclaration. Les femmes à Gaza font entendre leurs voix dans la tradition des femmes héroïnes de la premier Intifada comme Tahani Abu Daqa et Nema El Helo, dont les vies sont décrites dans le livre de Haim Gordon, Rivca Gordon et Taher Shriteh en 2003 : Beyond Intifada. Quinze ans plus tard, une nouvelle génération commence à oser se montrer dans les manifestations, galvanisée par l’exemple de la jeune Ahed Tamimi, incarcérée dans une prison israélienne depuis le 19 décembre. Sarah Algherbawi décrit l’air de changement dans un article récent en anglais pour l’Electronic Intifada. Je le traduis ici.

 

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Des femmes palestiniennes protestent l’annonce de Donald Trump, ville de Gaza, 6 décembre 2018. (Ashraf Amra APA images)

 

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