19/04/2015

Avec un pinceau

Vivre au milieu de la dévastation inspire deux artistes pour un travail de mémoire.  Journaliste Rami Almeghari le raconte dans un article en anglais pour l’Electronic Intifada que je traduis ici.

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Elham al-Astal dédie son travail à la préservation de la mémoire des victimes à Gaza (photo par Shadi Alqarra)

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17/04/2015

L’élan extraordinaire de la jeunesse

Pendant les huit années du blocus israélien sur la bande de Gaza 400'000 enfants sont nés. Ces jeunes enfants et les adolescents vivent avec comme seule mémoire la privation totale de leurs droits élémentaires : pas de possibilité de voir leur famille en Cisjordanie ou à l’étranger ou avoir leurs visites, donc sans pouvoir embrasser leurs grands-parents ou jouer avec leurs cousins ; peu de chances d’étudier comme ils auraient choisi, donc pas une possibilité de faire des projets de vie. Ils ont besoin de gagner de l’argent pour une famille dont le père est au chômage forcé face à un marché de travail saturé (presque la moitié de la population dépend de l’aide alimentaire internationale). Les jeunes subissent la violence de l’occupation israélienne et même des trois attaques féroces depuis 2008 comme une fatalité qu’ils ne peuvent pas changer. Ils vivent avec. Il est difficile de se mettre à leur place : comment sauter les obstacles énormes qui se dressent dans leur chemin ? Comment refuser la violence quotidienne dont ils sont les témoins ? Un article en anglais et des photos offrent un regard sur le monde des jeunes de Gaza qui, envers et contre tout, cultivent l’espoir. Je traduis l’article – les photos parlent d’elles-mêmes !

parkour_activestills20.jpgDans une rue principale de la ville de Gaza (photo par Basel Yazouri)

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09/04/2015

Sans l’occupation et le blocus, il n’y aurait aucun besoin d’aide humanitaire !

Ce sont les propos de James Rawley, Coordinateur humanitaire des Nations Unies pour la Palestine, à la fin du mois de mars. L’UNRWA (l’organisation de l’ONU pour les réfugiés palestiniens) souligne que “Plus de sept mois après l’annonce du cessez-le-feu à Gaza, pas un seul foyer totalement détruit n’a été reconstruit.”, le 3 avril (#Gaza). Le Ministère de Santé de Gaza a saisi l’occasion de la Journée mondiale pour la santé le 7 avril pour rappeler en détail la situation catastrophique de la population. Un résumé de ces informations fut publié par Ma’an News sur son site en anglais. Je le traduis ici. Pour ceux qui maîtrisent l’américain, on peut aussi écouter le témoignage édifiant du 3 avril de l’étudiante Shaima Ziara du Comité populaire contre le siège. 

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Une famille vit dans une tente sur les ruines de leur maison (photo : Ylenia Gostoli, décembre 2014, Qantara.de)

Pour ceux qui s’intéressent, il y aura une conférence du professeur Christophe Oberlin, médecin français qui travaille à Gaza, organisée par la Centrale sanitaire Suisse Romande : « Gaza sous siège, nouvelles du terrain et actualités sanitaires », le 28 avril à 18h, auditoire Yersin au CHUV, Lausanne. 

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08/04/2015

De la Méditerranée à l’Océan Pacifique

GISHA (Le Centre juridique pour la libre circulation), organisation non-gouvernementale israélienne, a récemment annoncé le départ d’un surfeur qui quitte la Méditerranée de sa Gaza natale pour un mois en destination de l’Océan Pacifique. L’organisation américaine Explore Corps continue à soutenir le sport du surf pour les jeunes de Gaza. L’article original est en anglais. Je le traduis ici.

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Il n’y a qu’une trentaine de sportifs pratiquant le surf de façon régulière dans la bande de Gaza. (Photo : Gisha)

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02/04/2015

Pas de poisson d’avril pour les pêcheurs

 Un dépêche du 1er avril de Ma’an News annonce que la marine israélienne a tiré sur trois bateaux de pêcheurs dans la région d’al-Sudaniyya, au nord-ouest de la bande de Gaza, tôt ce matin-là. Sudaniyya, d’où venaient les rougets tous frais que le pêcheur nous amenait parfois le matin lors de mon séjour en hiver 2012. Il les nettoyait pour nous avant de repartir chez d’autres clients. A la fin de l’après-midi, il rejoignait son bateau pour une autre nuit de travail. Toujours de bonne humeur, cet homme avait sept bouches à nourrir et une vie de travail quasi ininterrompue. Les bateaux de guerre ont tiré hier matin sur des hommes qui pêchaient à une distance autorisée de deux miles nautiques de la côte. A chaque incident pareil, je pense à cet homme.

pecheurs_150330-zanoun-hajj-rajab.jpgHajj Rajab, 81 ans, a pêché le long de la côte de Gaza depuis 6 décennies. Il n’a jamais vu des conditions si difficiles que celles d’aujourd’hui. (photo Ezz Zanoun)

Pourquoi cet acharnement ? Les instances internationales abandonnent ces petits gens dans un océan d’indifférence. Un journaliste et un photographe réagissent dans un article de l’Electronic Intifada. Je le traduis ici.

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12/03/2015

Elles remettent ça

Les femmes de l’organisation israélienne « Les femmes font la paix » ne veulent pas que l’on écarte une discussion sur une paix permanente avant la votation israélienne du 17 mars. « Women Wage Peace » a bien grandi depuis ses débuts l’été passé. Le dernier conflit avec Gaza fut la ligne rouge à ne pas franchir pour beaucoup de citoyennes qui auparavant ne ressentaient pas le besoin de s’exprimer publiquement. Un article dans l’Independent résume leur engagement. J’en traduis l’essentiel ici. 

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Women Wage Peace descend sur la Knesset (parlement israélien) mercredi 4 mars 2015 (photo EPA)

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06/03/2015

Gaza en point de mire

“La route qui mène à un état palestinien passe par Gaza” : c’est l’intitulé d’un article de Salam Fayad pour le «+ 972 Blog » du « + 972 mag » le 5 mars. M. Fayad était premier ministre de la Palestine entre 2007 et 2009. Parmi d’autres, cette semaine, il insiste sur l’urgence d’un changement radical de la situation désastreuse dans la bande de Gaza. Cet élan provient de multiples instances.

Pour M. Fayad, la réactivation du Cadre de direction unifié (ULF) et une réunion du Conseil législatif palestinien est primordiale afin d’habiliter le gouvernement à « reconstruire Gaza, réunifier toutes les institutions palestiniennes et les structures juridiques en Cisjordanie ainsi qu’à Gaza. »

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Couverture du rapport de l’UNRWA de cette semaine

Le rapport hebdomadaire de l’UNRWA (l’agence de l’ONU responsable pour les réfugiés palestiniens) relève l’urgence de la situation. Pierre Krähenbühl, Commissaire général, dans un discours le 2 mars au Comité des affaires étrangères du Parlement européen, a décrit Gaza comme « une bombe à retardement ». Le même jour, Robert Serry, Coordinateur spécial des Nations Unies pour la paix au Moyen Orient depuis 2007, était en visite à Gaza où il a appelé à la fin du blocus et l’adoption d’une stratégie de « Gaza d’abord » - « Pour en finir avec l’occupation et arriver à une solution à deux états, il faut régler le problème politique de Gaza, » a dit Serry, comme M. Fayad.

Tout en annonçant de nouvelles contributions du Japon et d’une banque allemande pour aider les Palestiniens toujours sans logement, particulièrement ceux vivant encore dans des centres collectifs, le rapport de l’UNRWA souligne la grande difficulté de la situation générale à Gaza. L’économie et les infrastructures, dévastées avant le conflit de l’été passé, sont instables. En effet, l’unique centrale électrique de Gaza a arrêté de fonctionner mercredi soir, 4 mars, faute de carburant. L’UNRWA cite un communiqué du 26 février de Gisha sur l’économie palestinienne qui renforce la position de M. Fayad : « L’économie palestinienne n’a aucune chance de réaliser son potentiel sans lien entre ses deux parties territoriales [Cisjordanie et Gaza] – sans cela, des discussions sur la reconstruction ne sont pas réalistes. » L’UNRWA mentionne que, selon des sources, le gouvernement israélien retient environ 375  millions de $ d’impôts palestiniens [cette situation dure depuis trois mois ndlt]. 

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Directeur exécutif de l’ONG israélienne Gisha (Eitan Diamond)

Le 2 mars, le directeur exécutif de Gisha Eitan Diamond a rejoint Messieurs Krähenbühl et Serry dans un entretien à la radio de l’armée israélienne : « Les restrictions sur la libre circulation entre Gaza et la Cisjordanie créent une situation qui empêche la reconstruction. Aussi longtemps que ces restrictions sont en place, une économie viable n’est pas réaliste » a-t-il souligné. Pour M. Diamond, la stratégie israélienne de séparer les deux parties de la Palestine n’a pas du tout amélioré la sécurité de l’Etat d’Israël. 

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Un policier inspecte un bateau de pêcheur endommagé par des tirs de la marine israélienne, 3 janvier 2015 (photo par Abed Rahim Khatib / APA Images)

Toujours selon le rapport de l’UNRWA, l’armée israélienne a tiré chaque jour de cette semaine sur des Palestiniens près de la barrière (où ils essayent de planter et soigner leurs champs, ndlt) et sur des bateaux des pêcheurs [et sur des pêcheurs ndlt]. « La situation, » dit M. Diamond, «est vraiment terrible ».

28/02/2015

Une nouvelle perspective juridique

 Le 22 février, « Diviser et vaincre » (« Divide and Conquer »), un rapport en anglais de 91 pages, fut publié par Al-Haq, organisation non-gouvernementale associée à la Commission internationale des Juristes à Genève, entre autres. Cet analyse met en lumière certaines graves violations du droit humanitaire par l’Etat d’Israël envers les résidents de la bande de Gaza l’été passé.

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Ce qui reste de la maison d’Um Fadi Al-Najjar à Khuza’a, 13 janvier 2015
« La guerre n’a pas détruit que nos maisons, elle a détruit nos vies. » Hussain, 19 ans (photo et citation de Ylenia Gostali, http://en.qantara.de/content/rebuilding-gaza-left-out-in-the-cold)

Je traduis ici le résumé de Divide and Conquer ». Le rapport intégral peut être consulté ici : http://www.alhaq.org/publications/publications-index/item/divide-and-conquer.

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01/02/2015

Sept mois sans salaires

Durant les situations cauchemardesques des attaques israéliennes de l’été et jusqu’à aujourd’hui, le personnel médical de Gaza a travaillé sans rémunération. En décembre 2014, les nettoyeurs des hôpitaux ont mené une grève pour attirer l’attention sur le fait qu’ils travaillaient sans paie depuis six mois. Sans résultat. Les médecins, les infirmiers, les ambulanciers et les aides-soignants ne sont pas les seuls. Selon les conclusions d’une mission récente du Fond monétaire international (FMI) publiées le jeudi 29 janvier, la guerre de Gaza a causé une baisse de 15% dans l’activité économique de Gaza déjà durement éprouvée. Le FMI a également déclaré que le refus d’Israël de payer les 127 millions de dollars d’impôts qu’il doit à l’Autorité palestinienne, prélevés sur les importations vers Gaza et la Cisjordanie, rend presque impossible le rétablissement de l’économie palestinienne cette année. Rami Almeghari raconte ce scandale dans un article en anglais pour l’Electronic Intifada que nous traduisons ici.

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28/01/2015

Ces Israéliens qui refusent de servir dans l’armée

Ils sont congédiés, les réservistes qui ont exprimé leurs critiques par rapport à l’occupation militaire israélienne dans les territoires occupés palestiniens. C’était en septembre que ces soldats de l’unité d’élite 8200 ont écrit une lettre pour refuser de servir dans l’armée israélienne. Ils mentionnaient, parmi d’autres motifs, la punition collective des habitants de Gaza pour expliquer leur décision. Les 43 hommes et femmes ont appris, le 26 janvier 2015, par les medias, que le commandant de l’unité 8200, le Brigadier Général Ehud Schneerson, les avait congédiés. Mairav Zonszein, journaliste qui écrit en anglais pour + 972 mag, cite la lettre dans laquelle ces ex-militaires des renseignements israéliens réagissent à la nouvelle. Ils soulignent que « la dure réalité » ne disparaîtra pas en les renvoyant.

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La base de l’unité 8200 en Israël central (photo par David Bachar)

Dans une autre lettre adressée aux étudiants du prestigieux lycée Israel Arts and Sciences Academy (IASA) à Jérusalem le 28 décembre 2014, soixante anciens élèves et enseignants de l’école n’ont pas seulement affiché leur intention de refuser le service militaire mais aussi encouragé le refus de la part des jeunes de leur école. Encore une fois, « le … massacre à Gaza, une horreur commise en notre nom contre presque deux millions de personnes – dont la moitié des enfants et des adolescents » est cité comme raison de la prise de position du groupe. Abby Martin de la télévision Russia Today (RT) à Washington, D.C. a interviewé un des signataires de la lettre, Amit Gilutz. Gilutz plaide pour un changement de pédagogie dans les écoles israéliennes. Il maintient que les écoles en Israël servent à endoctriner avant d’éduquer.

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Une soldate-enseignante dans une classe pendant la guerre au Liban de 2006 (photo par l’Education and Youth Corps de l’armée israélienne)

Compositeur et activiste, Gilutz explique que les signataires de la lettre s’inquiètent d’une violence et d’un racisme croissants dans leur société. Les femmes et les hommes « Palestiniens et Juifs » qui signent la lettre prônent la résistance au service militaire comme moyen de pression pour changer l’orientation militaire que les enfants israéliens reçoivent déjà au jardin d’enfants. Ils risquent la prison pour action illégale.

Nos remerciements à Ali Abunimah d’Electronic Intifada qui a décrit le contexte de cette lettre et l’entretien de Russia Today (en anglais).