27/09/2018

Entre voisins : « La vie plutôt que la mort »

De plus en plus nombreux, des dizaines d’activistes israéliens et internationaux se rassemblent régulièrement avec des interlocuteurs palestiniens le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Vendredi dernier 21 septembre, photographe/journaliste Oren Ziv a capturé cet évènement de résistance pacifique où des Israéliens se joignaient à des Gazaouis pour réclamer leurs droits fondamentaux à la liberté de mouvement et à la fin du blocus. Les Israéliens contestaient également la ségrégation forcée qui leur impose le gouvernement israélien, en empêchant tout contact avec leurs voisins palestiniens. Voici ma traduction de l’article de Ziv, paru en anglais sur le site du + 972

 

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Des activistes israéliens et internationaux à la frontière entre Israël et la bande de Gaza le 21 septembre (Oren Ziv/Activestills.org)

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20/09/2018

« L’esprit de notre temps »

Il y a des Gazaouis qui lisent + 972 Magazine ! Le refus du service militaire de Hilel Garmi (voir mon blog du 11 septembre) a suscité une réponse du pacifiste de Gaza Ahmed Abou Artema sur le même site. Cette réponse, rédigée en arabe, a été traduite en hébreu et publiée dans Local Call. Elle a paru ensuite en anglais dans + 972, et c’est ce texte dont je vous livre ici la traduction. Que c’est beau, cette danse des langues et surtout ces affirmations de valeurs et d’espoirs réciproques !

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Ahmed Abou Artema et Hilel Garmi : les précurseurs d’un changement de paradigme (photo Local Call)

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13/09/2018

L’heure du thé

Tout est possible. C’est une approche qui apporte du bien et de l’énergie. Rien n’est possible. C’est une conviction qui confirme le désespoir et l’impasse. Au milieu de tout cela, le changement s’annonce, inexorable. Résister, c’est se faire mal. C’est une constatation dans les arts martiaux et dans les défis que la vie avec les autres nous imposent. Le changement, par contre, peut venir à tout petits pas, comme celui de la résistance de l’objecteur de conscience de notre dernier article. Et comme l’invitation au thé de quelques Palestiniens de Gaza à des voisins Israéliens, vendredi dernier, au milieu des manifestions pacifiques et pourtant mortelles pour certains. Une histoire qui ne risque pas à être raconté dans les médias, parue sur le site + 972 mag en anglais. Je vous livre la traduction en français ici. Demain, c’est vendredi.

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L’heure du thé le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza lors de la Grande Marche du Retour, 7 septembre 2018 (Haim Schwarczenberg)

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11/09/2018

Bonne et heureuse, la nouvelle année de Hilel Garmi !

La troisième condamnation en prison pour l’objecteur de conscience israélien Hilel Garmi tombe au moment de à la nouvelle année juive. Garmi refuse le service comme bien d’autres jeunes avant lui, il cite notamment les idées de résistance non-violente d’un des penseurs gazaoui de la Grande Marche de Retour, Ahmed Abou Artema. Enas Fares Ghannam a expliqué comment Artema, qu'elle appelle Ratima,déjà en 2011, inspiré par le printemps arabe, a eu l’idée d’un grand rassemblement pacifique aux frontières avec l’Etat d’Israël pour demander d’appliquer des droits humains élémentaires. Artema et deux autres collègues de la société civil disaient entre eux que la situation spécialement critique à Gaza était un moment propice pour essayer cette approche, en visant, à la longue, un seul état « avec des Palestiniens et le peuple juif réunis sous un gouvernement élu par les deux parties. »

Ratima (ou Artema) était idéaliste. Garmi l’est aussi. Un article récent en anglais du + 972 mag, une traduction d’un article à l’origine en hébreu, relate le raisonnement expressif de ce jeune de 18 ans. Je le traduis ici en français.

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Hilel Garmi (photo Yoav Eshel)

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06/07/2018

Une affaire de famille

C’est une famille de femmes dont il s’agit. Et encore, des femmes palestiniennes et israéliennes, juives et arabes, qui se sont unies en faisant parler leurs corps et leurs voix le 3 juillet 2018. L’histoire est d’abord parue sur Al Monitor : « Des milliers de femmes palestiniennes se rassemblent le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza ». Ensuite, le 4 juillet, Meron Rapoport dans + 972 mag : « Des femmes palestiniennes organisent la toute dernière marche le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza ». Puis, on en trouve la trace dans le journal israélien Haaretz : « Des femmes israéliennes se rassemblent de l’autre côté de la frontière en solidarité avec la marche des femmes de Gaza ». Le 3 juillet, pour la première fois depuis le début de la Grande Marche du Retour le 31 mars, les femmes de Gaza ont organisé une marche le long de la frontière avec Israël, en s’approchant jusqu’à 50 mètres de la barrière. L’armée israélienne a utilisé des cannettes des bombes lacrymogène et des grenades de fumée pour les disperser. Selon le Ministre de Santé à Gaza, les services médicaux ont dû prendre en charge 124 personnes, dont 17 blessées par balle. Pendant la marche, les activistes israéliennes ont communiqué avec leurs sœurs palestiniennes. Elles refusent les barrières matérielles, linguistiques et politiques. Leur histoire est publiée en anglais. Je résume ici leurs propos en français.

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Manifestantes palestiniennes le long de la frontière le 3 juillet 2018 (Mohammad Za-‘anoun / Activestills.org) (Za-‘anoun a été blessé à une distance de 600 mètres de la barrière.)

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27/06/2018

Vivre ensemble : des citoyens israéliens persistent et signent

Depuis le 7 juin, des groupes d’Israéliens ont manifesté de différentes manières leur désaccord avec les actions récentes de leur armée à Gaza. Le 13 juin, l’Assemblée Générale des Nations Unies a passé une résolution condamnant « l’utilisation de force excessive » contre les civils palestiniens de Gaza. Cent trente-cinq morts – en majorité des jeunes, y compris une fille de 14 ans -  et des milliers de blessés, parmi eux beaucoup de cas graves de balles explosives qui rend l’amputation ou de nombreuses opérations consécutives nécessaires – sont le bilan des manifestations hebdomadaires de la Grande Marche de Retour. Le personnel médical signale également l’utilisation d’un gaz lacrymogène inconnu qui cause des convulsions. Oren Ziv, photojournaliste du collectif Activestills, a décrit en anglais une action à la barrière de séparation entre Israël et la bande de Gaza le 26 juin. Je traduis ses propos

 

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Hussein Madi, qui aurait eu 14 ans le 9 avril, a été tué par une balle dans le cœur trois jours avant son anniversaire, fêté ici symboliquement. (photo Ashraf Amra / APA images)

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23/06/2018

Encore des voix depuis l’autre côté

Tout s’est fait dans la nuit et le silence. Un article du blog israélien + 972 mag signale une action subtile de protestation survenue à Tel Aviv dans la nuit du dimanche 17 juin. Des activistes israéliens ont trouvé un moyen non-violent créatif pour exprimer leur désapprobation envers les actions de leur armée qui se multiplient à Gaza depuis deux mois et demi. L’article de la journaliste Orly Noy, a été d’abord publié sur Local Call en hébreu. Je traduis ici sa version en anglais.

 

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Le boulevard Rothschild, Tel Aviv, la nuit du 17 juin 2018 :des cerfs-volants avec les photos, les noms et les dates de naissance des Palestiniens tués par l’armée pendant les manifestations de La Grande Marche de Retour à Gaza

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24/05/2018

Assumer sa responsabilité

Moria Shlomat est actuellement avocate pour Ayelet Brachfeld, jeune israélienne qui refuse le service militaire, ou refusnik, comme les jeunes qui refusent le service militaire s’appellent en Israël. Ayelet a déclaré que la « tuerie insensée » le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, a renforcé sa détermination de refuser de servir dans l’armée. Déjà en 2002, l’organisation des refusniks Yesh Gvul (en hébreu : « Il y a une limite ») a publié des annonces dans le journal israélien Haaretz intitulée « L’occupation : une malédiction des deux peuples.» Les évènements récents le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza met la position de la jeune Ayelet Brachfeld dans une perspective tout particulière. Je traduis ici les propos de son avocate, Moria Shlomot, publiés cette semaine dans le journal Haaretz.

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Ayelet Brachfeld a déjà passé plus de 70 jours incarcérée dans une prison militaire pour son refus de servir dans l’armée. (photo: https://www.wri-irg.org/)

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30/04/2018

« Où vas-tu Papa ?

Les questions d’un garçon de sept ans ont inspiré son père pour publier un article dans The New York Times le 27 avril. Fadi Abou Shammalah est l’un des coproducteurs d’un film qui était sur les écrans du festival FIFDH à Genève en mars: Naila and the Uprising. Directeur exécutif de l’Union Général de Centres Culturels, Shammalah pose une question à son tour : Pourquoi risque-t-il sa vie en allant aux manifestations non-violentes qui se passent actuellement à Gaza tous les vendredis sous le feu de l’armée israélienne ? Nassim Nicholas Taleb, dans son dernier livre Skin in the Game aurait l’explication : « Tu prends des risques, tu te sens participer à l’histoire. » (p.104) Les manifestations citoyennes qui se déroulent depuis un mois à Gaza sont véritablement un évènement historique. Shammalah, refugié de 1948 de la troisième génération, explique son envie de faire partie de l’histoire dans l’article en anglais que je livre ici en français.

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Deux ados près de la frontière à Khuza’a, au sud de la bande de Gaza, 6 avril 2018. La clé est le symbole du droit du retour (photo Hosam Salem/Al Jazeera)

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13/04/2018

Les yeux dans les yeux

Pourquoi maintenant ? Jean-Pierre Filiou dans son Histoire de Gaza explique l’urgence : « La paix entre Israël et Palestine ne prendra de sens et de substance qu’à Gaza, elle en sera la pierre de touche comme la pierre de voûte. » Amir Rotem l’a compris. Il est directeur du Département publique à Gisha, une organisation israélienne non-gouvernementale qui promet les droits humains, notamment la liberté de circuler, particulièrement pour les résidents de Gaza. Rotem vient d’écrire un article qui est apparu en hébreu sur Local Call, traduit en anglais sur + 972 mag, afin de mettre la Grande Marche populaire, qui se passe en ce moment le long de la frontière entre Gaza et Israël, en perspective. Je traduis ici ses propos en français. 

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Une femme palestinienne manifeste contre le blocus ou la fermeture de la bande de Gaza, qui dure depuis 11 ans, devant les bureaux d’UNESCO, ville de Gaza, 13 mars 2018 (Mahmoud Ajour / APA images)

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