23/11/2012

Besoin urgent d’aide médicale

Un appel urgent m’est parvenu de Olivier Vallon. Français de Lyon, il est responsable pour l’organisation non-gouvernementale HAGAR, qui s’occupe des handicapés en Palestine. Il y a des besoins pressants et nouveaux suite aux bombardements de la bande de Gaza entre le 15 et le 21 novembre.

Olivier écrit :

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09:34 Publié dans Connaissance du Monde, Général | Tags : aide médical, gaza, hagar, hôpitaux, amputés, blessés | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

24/03/2008

SOS de Gaza

L’espoir rime avec le jour et la lumière ; le désespoir avec la nuit et le noir. Le jour de Pâques, Dr Eyad El Sarraj a écrit une note courte mais puissante de désespoir sur le site du Gaza Community Mental Health Programme (http://www.gcmhp.net) dont il est le fondateur et l’âme.

Dr. Sarraj était l’invité de la branche genevoise des Universitaires pour la paix israélo-palestinienne en juin 2006. Diplômé d’un PhD en psychologie de l’Université de Harvard, il a fait trois séjours dans les prisons de l’Autorité Palestinienne pour ses critiques du gouvernement. Il est mondialement sollicité pour ses vues de la situation en Palestine et surtout dans la bande de Gaza, d’où il est originaire.

Lors de mon séjour à Gaza, Dr Sarraj luttait contre la leucémie dans un hôpital israélien. Depuis, il est revenu a Gaza pour dénoncer la situation du siège actuel avec des organisations non-gouvernementales israéliennes (voir blog du 17 février sur le convoi israélien du 26 janvier). 

  
Dr Sarraj a investi toute son énergie professionnelle pour les enfants de Gaza. Maintenant, il assiste à la mort de tout ce qu’il a construit. Il dresse un bien sombre tableau des jours à venir :


 
 

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plage de Gaza la nuit (photo Carol)


 

« Dans une heure arrive la nuit 


L’établissement militaire israélien a décidé d’arrêter l’arrivée de l’électricité et de carburant à Gaza. Depuis jeudi [20 mars], la bande de Gaza n’a reçu ni aide humanitaire ni nourriture. On ne peut même pas pomper l’eau pour avoir un verre d’eau. Chaque nuit, mon fils doit resté branché sur un ventilateur à cause de son asthme. Que va-t-il lui arriver lorsque notre générateur ne fonctionnera plus ? Qu’en est-il des hôpitaux, des banques de sang, et les vaccins ? Et que va-t-il se passer pour les patients en besoin de dialyse et les bébés dans les couveuses ?


Avant que la nuit tombe, avant qu’il n’y ait plus de communication avec le monde extérieur, je veux vous dire que la politique actuelle de l’Etat d’Israël - qui consiste à nous presser comme un citron - a un but précis : Israël veut obliger l’Egypte à ouvrir ses frontières avec Gaza, ramenant ainsi la situation à celle d’avant 1967 [l’année où Israël a occupé Gaza et la Cisjordanie pendant la Guerre de Six Jours].  Si l’Egypte ouvre ses frontières, Israël scellera ses frontières avec la bande de Gaza, la coupant définitivement de la Cisjordanie, ce qui anéantira tout projet de paix pour un seul ou deux états.


Bref, Israël est en train d’achever la stratégie Sharon de retrait unilatéral. Si jamais l’Egypte n’ouvre pas ses frontières avec Gaza, Israël nous poussera par Rafah dans le désert du Sinaï. Préparez-vous à l’Exode. »

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11/03/2008

Rêves d’un meilleur avenir pour Gaza

La parole est à Fida Qishta, journaliste et éducatrice de la petite enfance dont l’article original se trouve sur http://electronicintifada.net/. Fida a 25 ans.

Les autorités israéliennes ont annoncé le 3 mars que leur opération militaire dans la bande de Gaza est terminée, mais les attaques vont continuer, et nous craignons qu’Israël planifie toujours une invasion majeure.  Le 29 février, Matan Vilnai, député ministre de la défense, a averti que les palestiniens allaient subir un « plus grand holocauste ».

Entre le 27 février et le 2 mars, l’armée israélienne a tué environ 110 palestiniens de Gaza, dont presque la moitié sont des civils, et le quart des enfants. Ce sont les statistiques du Centre palestinien des Droits Humains de Gaza. Des centaines de personnes ont été blessées. Les palestiniens ont tué deux soldats israéliens et un civil israélien.

Ce qui se passe à Gaza nuit à tous les gazouis, pas seulement au Hamas. Avant cette attaque, la bande de Gaza et ses 1,5 million d’habitants ressemblait déjà à une prison sous siège.  Les approvisionnements de nourriture, de médicaments, de carburants, d’eau propre et d’électricité diminuaient et la pauvreté augmentait. Bien nombreuses sont les familles qui ne mangent qu’un repas par jour. L’électricité manque entre 6 à 12 heures par jour.

Le 1er mars, j’étais chez moi avec ma famille dans la ville de Rafah à l’extrême sud de la bande de Gaza. Nous regardions la télé pour voir ce qui se passait au nord. Vers 10 heures du soir, on a soudainement entendu le son des avions de combat M-16 israéliens. « Quelque chose va arriver, » j’ai dit à ma maman. Le bruit des avions devenait plus fort. Puis, il y a eu une explosion assourdissante de roquettes.

Ma sœur courait en criant, « C’est tout près d’ici. »  Ma maman s’est coupé la main en essayant de se protéger la tête du verre qui tombait. Beaucoup de nos fenêtres se sont brisées.

Nous sommes sortis dans la rue puisqu’il n’y avait plus d’électricité. Mon père a dit que nous étions plus en sécurité dehors. Là, au moins nous pouvions voir d’où venaient les missiles et où aller.

Quatre missiles se sont abattues sur la mosquée à 150 mètres de distance. Six civils ont été tués, trente blessés. Une des victimes était mon cousin Samer. Il avait 30 ans. Il était policier pour l’Autorité Palestinien du Fatah, marié, père d’une petite fille.

Les dernières attaques israéliennes ont débuté le 27 février, lorsque Israël a assassiné cinq combattants palestiniens à Gaza. En retour, les combattants palestiniens ont tiré des roquettes sur Israël, tuant un enseignant israélien de Sderot. Israël a tiré encore des missiles et ont commencé l’invasion.

Certains palestiniens pensent que tirer des roquettes sur Israël est le seul moyen de répondre aux attaques israéliennes répétées qui ont tué tant de civils et d’enfants, le seul moyen de protester de manière forte. Israël a assiégé Gaza après que le Hamas a gagné les élections palestiniennes en janvier 2006. En 2006 et 2007, 823 habitants de Gaza sont morts, selon l’organisation des droits humains israélienne B’Tselem. Le Hamas a proposé un cessez-le-feu à plusieurs reprises, mais le gouvernement israélien a rejeté ses offres. Des roquettes de Gaza ont tué quatorze israéliens depuis 2000.

Apparemment, le monde est au courant que les israéliens de Sderot ont peur des roquettes de Gaza, mais on ne voit pas ce que fait l’armée israélienne. J’ai parfois le sentiment que les gens de Gaza vivent dans un monde à part.

L’armée israélienne a détruit notre maison familiale par bulldozer en 2004. [Lire « Lumière à travers le Mur » du 31 janvier 2008 : http://www.apartheidmasked.org ]

En 2006. ils ont bombardé une maison à 40 mètres de chez nous. Le soir du samedi, ils auraient pu frapper notre maison. Je lutte avec toutes mes forces pour écarter la haine de mon cœur, mais j’ai peur quelquefois de ne plus pouvoir résister. J’espère que je peux continuer à gagner dans cette lutte contre moi-même.

La violence et la mort donnent naissance à la violence et la mort. L’espoir donne le jour à l’espoir. En dépit de tout, les enfants de Rafah me racontent qu’ils espèrent jouer, s’amuser, voyager et rencontrer des enfants d’Egypte. Ce sont les rêves de ces enfants qui me redonnent du courage. 

Fida Qishta  est la fondatrice et le responsable du Life Makers Center, qui desservit 70 enfants entre 6 et 18 ans à Rafah. [ http://www.lifemakerscenter.net/ ]  

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Fête au jardin d'enfants, Bureij, Gaza (photos Carol)

 

 

                                              

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07/03/2008

Gaza-Sderot : la pétition

 

Hope man et Peace man ( http://gaza-sderot.blogspot.com/ ) vous prient de signer leur pétition : un appel à un mois d’arrêt d’hostilités pour donner aux responsables politiques un espace de réflexion. Ils se veulent porte-parole de la grande majorité d’israéliens et de palestiniens sans voix et sans espoir. La pétition est à lire en hébreu, anglais et arabe sur www.one-month.org .

Carte Gaza-Sderot

 

Voici le dernier billet de Hope man de Sderot du jeudi 6 mars 2008

 

 

Des représailles ou du terrorisme

Ce soir, nous avons appris que, dans une école religieuse de Jérusalem, au moins 7 jeunes étudiants ont été tués et 7 autres blessés, certains très gravement.

 

 

Il y a environ une heure et demie de route de Sderot à Jérusalem, mais cette dernière subit maintenant les conséquences de la violence endémique dans la région de Gaza/Sderot.

En écrivant le titre de ce billet, je me suis demandée : est-ce que cela a vraiment de l’importance ? Quelle importance pour le père, la mère, la sœur et le frère, l’ami et l’étudiant-camarade ?

 

 

Il y a moins d’une semaine, une famille de 7 personnes a été tuée dans une attaque israélienne à Gaza. Représailles ou terrorisme ? Action défensive ou offensive ? Est-ce que cela a vraiment de l’importance pour la parenté et les voisins ? Pour les amis et les connaissances ?

 

 

Il y a deux jours, un bébé d’un mois était tué dans une attaque israélienne. Il était tué pendant qu’Israël cherchait un militant du Hamas. Le militant a été tué, mais comment justifier la mort du bébé ?

 

 

Après des jours terriblement violents qui ont commencé il y a une semaine, ces derniers jours à Sderot ont été un peu plus calmes. Seulement un peu, puisque la maison de la famille d’un collègue a été fort endommagée par une roquette hier et, aujourd’hui, encore deux maisons de plus ont été très touchées par deux frappes directes. Dans tous les cas, personne n’a souffert de blessures graves. Néanmoins, les blessures profondes de la peur, de l’angoisse et de la douleur risquent de rester béantes pour toujours.

 

 

Si notre initiative One Month (« un mois ») a l’air peut-être naïve, alors les initiatives de nos chefs politiques sont-elles meilleures ? Les roquettes frappent toujours des deux côtés, et elles n’ont rien fait pour nous avancer vers une solution. Tout ce qui a été fait est d’amener encore de la douleur et de la frustration. Notre initiative n’est pas pire que ce qu’on a essayé jusqu'à présent.

 

 

Des gens des deux côtés de cette souffance se joignent pour arrêter cette folie. Même si ce n’est que pour un mois, c’est précieux. Et qui sait, si ça marche pour un mois, pourquoi pas pour deux ?

 

 

Nous, la majorité, ne devons pas rester silencieux. S’il vous plaît, rejoignez-nous : www.one-month.org

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28/02/2008

Gaza : la mort de la floriculture

Ce billet est un raccourci du cinquième article dans la série « Récits du Siège », que l’on peut trouver sur le site du Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme (www.pchrgaza.org). L’original, en anglais, date du 24 février 2008.
 
 
Avec son climat doux à proximité de la mer et son sol perméable, la bande de Gaza est un endroit idéal pour la culture commerciale de fleurs. Plus de cent petites exploitations emploient quelques 7`000 ouvriers.
 
 
La majorité de ces exploitations se trouvent autour de Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza. Mais Hassan Hijazi et sa famille habitent au sud, tout près de Rafah. Ils cultivent des œillets et des chrysanthèmes sur leur 24 dunums (1 dunum = environ 1'000 mètres carrés). Hassan Sheikh Hijazi est le responsable du syndicat local des producteurs de fleurs. Il est depuis 17 ans dans le métier.
 
 

« Il y a 10 ans, floriculteurs de Gaza exportaient 80 millions de fleurs par année vers l’Europe, roses comprises, » il explique. « Mais ces dernières années ont été extrêmement difficiles, et cette année, la pire de toutes. … J’ai perdu plus d’ un million de shekels, mais c’est pareil pour tous les floriculteurs de Gaza. »

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roses de Gaza, photo Carol


 
Le chiffre d’affaires moyen annuel de l’industrie des fleurs gazaouie est de l’ordre de 13 millions de dollars. Les agriculteurs dépensent encore 5 millions de dollars pour planter et soigner leurs fleurs : le coût d’investissement par dunam revient à 7'750 dollars. Selon l’Association agricole de Beit Hanoun, les floriculteurs de Gaza n’ont pas pu exporté plus que 5,5 millions de fleurs coupées en 2007, comparé à 45 millions en 2006 (chiffre de l’Autorité Palestinienne). La fermeture de la bande de Gaza a été dévastatrice pour l’industrie des fleurs.
 
 
Certains producteurs ont été obligés de déraciner des milliers de fleurs qu’ils ne pouvaient pas cultiver, faute d’argent. Ces dernières semaines ont vu des manifestations d’horticulteurs à Beit Hanoun et à Rafah, avec des bouquets offerts à des femmes et des fillettes et même des fleurs données à manger aux vaches et aux chèvres pour symboliser le gaspillage total.
 
 
Ahmed Fujou a travaillé pour M. Hijazi depuis treize ans. Il a montré les fleurs déjà récoltées dans l’espoir vain de les vendre, à l’intérieur d’un grand réfrigérateur industriel – plus que 100`000 fleurs de toutes les couleurs, dont 50 variétés de différentes couleurs d’œillets. Tout comme la même quantité de fleurs en attente d’exportation stockées dans un deuxième frigo, qui vont se transformer en repas pour du bétail. La facture pour l’électricité dépasse les moyens des Hijazis.

PCHR Mohammed Hijazi

Palestinian Center for Human Rights (PCHR)

 

Hassan et son fils Mohammed (voir photo) se dissent fâchés et frustrés de voir comment Israël est en train de tuer toute l’industrie de la floriculture dans la bande de Gaza. Mais ils tiennent également l’Autorité Palestinienne et l’Union Européenne pour responsables de leur inaction face au siège qui perdure. Leur silence est assourdissant. « Pouvez-vous me dire, » demande Mohammed Hijazi, « comment l’exportation de fleurs est une menace à la sécurité ? »


 

PCHR fleurs

Fleurs invendues dans le réfrigérateur de l’exploitation d’Hijazi (PCHR)

 

 

 

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23/02/2008

Gaza-Sdérot : un blog pour un avenir nouveau

Le journal Haaretz (http://www.haaretz.com) en a parlé le 20 février, exactement un mois après que deux amis aient commencé leur blog.
 
 
Ce 20 janvier 2008, « L’homme de l’espoir » de la ville de Sdérot a pris l’initiative de téléphoner à « l’homme de la paix », son ami et voisin de Gaza. Les deux se sont tout de suite mis d’accord pour lancer un blog « La vie doit continuer à Gaza et Sderot » : http://gaza-sderot.blogspot.com
 
 

Ils écrivent en anglais. Voici donc une traduction du premier billet daté du 20 janvier 2008.

 Paix

« Premier texte
 

Aujourd’hui, tout est calme, jusqu’à présent. Seulement une sirène.  J’ai entendu le bruit lointain d’une roquette, puis une deuxième un peu plus près. Pas trop près. J’étais content que mes gamins soient déjà à l’école, loin de la chute des roquettes.

Aujourd’hui, tout est calme, jusqu’à présent. Seulement une sirène.  J’ai entendu le bruit lointain d’une roquette, puis une deuxième un peu plus près. Pas trop près. J’étais content que mes gamins soient déjà à l’école, loin de la chute des roquettes.

La semaine passée était vraiment dure : environ 200 roquettes avec plusieurs blessés. Deux roquettes sont tombées à une distance d’environ 50 mètres de notre maison. Une est tombée sans sirène d’avertissement : j’étais coincé dans la douche.
 
 
Ce matin, j’ai téléphoné à mon ami  L’homme de la paix  de Gaza. Il m’a dit que tout était calme de son côté. Israël a totalement coupé l’arrivée de biens et de carburant à Gaza. Cela veut dire qu’ils peuvent compter sur une heure d’électricité par jour. Il a peur de ne plus avoir d’électricité du tout. Je lui ai demandé sil y avait assez de nourriture. Il m’a dit que les prix ont augmenté encore plus, à cause de la pénurie des biens alimentaires.
 
 
Cette dernière semaine, Israël a eu recours à la force plus souvent que dans les mois derniers. Beaucoup de palestiniens sont morts dans cette nouvelle enchaînement de violence, environ la moitié étaient des civils innocents. Comme résultat, le Hamas, qui n’avait pas tiré sur Sdérot pendant plusieurs mois, a recommencé à nous envoyer des obus.
 
 
Nous avons décidé de commencer ce blog pour informer les gens sur ce que deux personnes en quête de la paix, chacun de son côté respectif de cette situation folle, ressentent, pensent et vivent.
 
 
Nous essayerons d’écrire ici aussi souvent que possible. J’espère que  L’homme de la paix aura l’électricité qu’il lui faut pour écrire. »
 
 
posté par L’Homme de l’espoir
 
 
Il y a déjà 24 billets sur ce blog et de nombreux commentaires, en anglais et en espagnol. Bientôt en français ?!
 

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17/02/2008

La vengeance n’est pas une réponse

Les jours passent avec beaucoup de morts et blessés dans la bande de Gaza. Du côté israélien à Sdérot : une morte et deux blessés. Des deux côtés : des dommages matériels importants, la peur comme pain quotidien, un ras-le-bol et la fatigue de survivre au lieu de vivre. Mais les êtres humains sont capables d’une résilience inouïe !

 

Une voix du Centre d’Information Alternative, une ONG israélo-palestinienne (http://www.alternativenews.org - site en arabe, hébreu et anglais), éclaire l’impasse entre les villes voisines de Sdérot et Gaza. Shir Hever, jeune économiste israélien, parle des citoyens israéliens engagés pour changer la politique actuelle de l’Etat d’Israël dans la bande de Gaza.

 

Qu’ils mangent du Schadenfreude : la souffrance des gazaouis comme panacée pour Sdérot,  7 février 2008

 

L’échec prolongé du gouvernement israélien de venir en aide à Sdérot est attribuable à aucune impuissance, mais à une logique cruelle qui réfléchit les priorités des autorités politiques. Le seul bonheur accordé par le gouvernement à Sdérot en ce moment difficile est le Schadenfreude – le bonheur qui vient de la souffrance des autres. Au lieu d’assister les victimes, le gouvernement crée de nouvelles victimes à Gaza : pour chaque citoyen de Sdérot blessé par une roquette Qassam, l’armée israélienne tue des dizaines de palestiniens. Est-ce que cette situation réconforte les gens de Sdérot qui subissent les attaques Qassam ?

le gouvernement israélien déçoit les habitants du nord-ouest du Néguev.  Exercer de la violence envers des résidents de Gaza qui n’ont aucun moyen de défense ne constitue pas une réponse constructive à la détresse des gens dans le Néguev du nord-ouest.  En réalité, le gouvernement n’a pas de réponse à leur détresse.

La politique israélienne prouve continuellement aux palestiniens que des négociations avec Israël n’amènent pas à une amélioration de leur vie et que seule l’action violente est capable d’influencer l’opinion publique israélienne à examiner la situation des palestiniens.

 

En fait, dans sa détermination d’ignorer le droit international, les résolutions de l’ONU et les demandes des palestiniens pour leurs droits individuels et collectifs, Israël pousse la population palestinienne à l’ultime action possible de lutte pour leurs droits : le militantisme armé.

Israël doit être forcée de développer une approche alternative afin de montrer aux palestiniens qu’il existe un autre chemin pour la réalisation de leurs droits, d’ouvrir le passage sécurisé entre Gaza et la Cisjordanie, d’arrêter le siège économique et militaire des Territoires Occupées Palestiniennes, d’assumer la responsabilité pour les dégâts causés par l’occupation et de commencer à offrir des compensations à la population palestinienne pour la reconstruction des infrastructures détruites ou endommagées par les forces de l’occupation israélienne.

 

Le samedi 26 janvier, un long convoi d’israéliens provenant de partout dans le pays a convergé vers le checkpoint d’Erez pour demander une fin du siège et pour essayer de faire passer de la nourriture essentielle de l’autre côté.  Des citoyens de Sdérot se sont joints à ce mouvement sûrs d’une chose : affamer Gaza et le plonger dans le noir ne garantit en rien leur sécurité mais la prétérite encore plus. Ces gens de Sdérot font partie d’une minorité actuellement, mais ils représentent une fissure dans le mur de propagande sioniste qui exige du sang pour du sang comme unique solution. … Entre-temps, le gouvernement continue sa politique d’agression au prix de souffrances des deux côtés.

 

 

Shir Shodzik 

 

Shir Shodzik, résidente de la ville israélienne de Sdérot, à la manifestation du 26 janvier (photo : Bryan Atinsky, 2008).

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02/02/2008

Gaza : justice israélienne ou droit international ?

Nous revenons à l’article de Rami Almeghari du 20 janvier : « Destin de Gaza entre les mains de la justice israélienne ». Mercredi 30 janvier, après une délibération de trois mois, la Cour Suprême israélienne a rejeté la pétition de six organisations non-gouvernementales israéliennes et cinq organisations palestiniennes contre des coupures d’électricité et de carburant dans la bande de Gaza. Ces coupures, qui ont commencé en octobre 2007, concernent l’essence, le gaz-oil et le diesel industriel. L’hiver gazaoui est, à plusieurs titres, exceptionnel.


                      

La dernière audition de la Cour s’est déroulé dimanche 27 janvier sans les témoignages prévus des autorités de la centrale électrique de Gaza, qui ont été empêchées par les militaires israéliens d’assister à l’audience. La cour avait pourtant garanti leur droit d’y assister, selon GISHA (http://www.gisha.org). Témoignant à leur place, un représentant de l’armée israélienne a argumenté que les nouvelles coupures prévues à partir du 7 février n’incommoderont en rien les résidents de Gaza.

Cour Suprême israélienne

Cour Suprême israélienne


 

En ce moment, la bande de Gaza manque déjà de 20% de la quantité minimale d’électricité nécessaire. Depuis l’appel des Médecins pour les Droits Humains (voir blog du 10 janvier), il y a eu encore 28 morts: des personnes auxquelles on a refusé la  permission de quitter Gaza en vue de soins en Cisjordanie ou en Israël par le passage d’Erez. (Selon IMEMC (http://www.imemc.org), on dénombre 90 morts de ce genre depuis juin 2007.)


  

Grâce à l’ouverture du mur au sud, les gazaouis ont pu vivre quelques jours de liberté. Des grand parents venus d’Egypte ou retrouvés là-bas ont pu voir leurs petits enfants – bien moins petits qu’à leur dernière rencontre. Des parents ont pu embrasser leurs filles et leurs fils. Ceux qui avaient de l’argent ont pu acheter des vivres en anticipant la décision de la cour à Jérusalem. La cour a tranché pour une suite sans fin du siège de Gaza où, en ce début de mois de février, l’avenir est sombre.


 

 

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23/01/2008

Lettre de Gaza ... aucune attente

 

Une nouvelle voix gazaouie se lève sur le web, cette fois sur la page de l’UNWRA, l’agence des Nations Unies crée en 1949 pour parer aux besoins urgents des réfugiés palestiniens. Prévue pour n’être que provisoire, elle est toujours en fonction soixante ans plus tard.
 
 
Ceci est le troisième billet de Najwa Sheikh Ahmed, qui écrit dans un anglais impeccable. On peut lire les lettres dans l’original à http://www.un.org/unrwa/refugees/stories/2008
 
 
Lettres de Gaza (3)
 

…aucune attente


  

 Souper à la bougie

photo : souper à la bougie
 
 
Partout dans le monde il y a des gens et des organisations qui croient aux droits humains. Il y en a qui luttent jusqu’à leur dernier souffle pour protéger ces droits. Je m'interroge : nous à Gaza, faisons-nous partie de la race humaine, ou bien faisons-nous partie d’une catégorie de personnes exclues des droits humains ? Aujourd’hui, les croyances et les valeurs que j’ai acquises pendant mon enfance se sont effritées. Je suis forcée de croire que les palestiniens de Gaza ont été créés pour souffrir. 
 
 
Il y a tant d’efforts déployés pour nous voler chaque moment joyeux de notre vie. On nous traite comme des créatures étranges qu’il faut manier sans pitié. On détruit le moment le plus heureux qu’une famille aspire à vivre – le mariage d’un fils ; on tue à petit feu tout un peuple en leur niant le droit à l’eau, au carburant, à l’électricité, au chauffage et à la nourriture. Existe-t-il un être humain qui mérite d’être privé de ces besoins élémentaires ?
 
 
Jusqu’à il y a deux ans, Gaza n’avait jamais connu de pénurie d’électricité. Nous avions ce qu’il nous fallait. Puis les boycotts et ensuite les coupures ont commencé et, d’un jour à l’autre, il n’y avait plus d’électricité que huit heures par jour. Nous nous sommes beaucoup plaints de l’hiver rude que connaît notre région ! Mais aujourd’hui, avec les nouvelles mesures qui privent toute la Bande de Gaza d’électricité, nous vivons réellement dans le froid, comme au début du moyen âge. Personne n’est épargné – les enfants, les personnes âgées, les malades et les femmes enceintes.
 
 
Ce soir, de nouveau, je vais rester dans le froid et le noir avec mes trois enfants. Je ferai de mon mieux pour les occuper, mais le temps sera long, et il n’y aura ni chauffage ni lumière dans la pièce. Ils deviendront frustrés ; l’un d’eux commencera sûrement à pleurer ou à faire des histoires… Mon Dieu, que c’est fatiguant de vivre ainsi au vingt-et-unième siècle !
 
 
Lorsque je suis sortie de la maison pour aller au travail ce matin, j’ai dû attendre un taxi plus d’une heure dans la rue. Il n’y pas de carburant, alors les rues étaient vides et calmes – bien trop calmes, le genre de silence qui vous dit que quelque chose ne tourne pas rond. J’ai fait quatre boulangeries à la recherche de pain. Elles étaient soit fermées, soit elles débordaient de longues files de clients. Fatiguée (j’attends un bébé), j’ai renoncé, je m’en voulais de n’avoir pas gardé de la farine à la maison. Mais à quoi bon avoir de la farine chez soi s’il n’y a pas d’électricité pour cuire le pain ?
 
 
C’est vraiment bizarre de se trouver dans cette situation. On se sent tellement impuissante, puis on observe que ce sentiment d’impuissance se mue en apathie – pas que vous êtes indifférente, mais parce qu’il vous manque toute possibilité d’améliorer ou de changer quoi que ce soit.
 
 

A la fin d’une longue journée, je me trouve en train d’appréhender de me retrouver à la maison. Dans le bureau où je travaille, nous avons du chauffage et de la lumière. Mais rentrer à la maison veut dire une autre longue attente pour un taxi et ensuite une longue nuit dans le noir et le froid perçant, à l’affût des enfants qui commencent à pleurer. Comment leur expliquer ce noir soudain qui a envahi leurs jeunes vies ?

Najwa Sheikh et ses enfants, Gaza 

 
 
Photo : Najwa Sheikh et ses enfants
Gaza, janvier 2008
 
 
Najwa Sheikh Ahmed est une réfugiée palestinienne qui habite le camp de réfugiés de Nuseriat, au milieu de la Bande de Gaza avec son mari et ses trois enfants.

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21/01/2008

Catastrophe humaine à Gaza

Le moment choisi par l’Etat israélien pour serrer l’étau sur la bande de Gaza semble avoir été soigneusement choisi : il fait plus froid que d’habitude dans la région (il y a eu des sans-abri morts du froid en Israël), et c’est juste la période des examens dans les écoles et à l’université. Ramiz (voir la note du 11 juin) m’annonce qu’il a mené à bien ses examens. Les études sont sa source principale de stabilité et de son sens même d’exister. Les écoliers et les étudiants qui continuent à étudier, les professeurs qui continuent à enseigner, font partie de la fibre même de la société gazaouie.

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PHOTO : Rasha et son professeur d’anglais, Nabila

 

Ci-dessous, le témoignage de Ziad Medoukh, responsable de la faculté de français à l’Université d’Al-Aqsa, et fondateur de son Centre de paix, ville de Gaza.

Bonjour de Gaza

Je profite de ma présence à l’université, où nous avons le droit à deux heures d’électricité par jour – l’éducation est un élément sacré en Palestine – pour vous envoyer ce bref message.

La situation est catastrophique dans la Bande de Gaza à tous les niveaux ; depuis hier soir, toute la Bande de Gaza est plongée dans le noir; toutes les frontières sont fermées par ordre militaire. Rien n’arrive à Gaza. Il manque de tous les éléments de base pour une vie normale : carburants, médicaments, produits alimentaires, électricité, eau …

La vie est morte à Gaza. A part les universités et les hôpitaux, tout est fermé. Personne ne se rend au travail. Les rues sont presque vides.

S’ajoute à tout cela les attaques et les bombardements israéliens qui font des morts et des blessés. Si cette situation continue, le pire attend les citoyens de Gaza déjà enfermés et encerclés dans leur prison : des malades vont mourir et des dégâts très graves dans le domaine de la santé et de l’environnement vont se produire.

Un appel avant tout à la conscience internationale : sauvez Gaza ! Sauvez les habitants de Gaza, sauvez les malades de Gaza, sauvez les enfants de Gaza, sauvez l’espoir de Gaza. Devant cette catastrophe humaine, devant la complicité de beaucoup de pays, voire le silence international, il ne reste à Gaza que deux choses essentielles : la patience et l’espérance.

Amitiés de Gaza la résistante,

Ziad

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