09/10/2018

Les enfants qui meurent dans l’indifférence du monde

Depuis six mois, des enfants de Gaza meurent avec les adultes parce qu’ils osent espérer une meilleure vie. Ils veulent participer à la Grande Marche du Retour, faire partie d’un mouvement pacifique investi par le Hamas, mais qui a ses origines essentiellement dans le peuple gazaoui, qui n’en peut plus.  Les tireurs d’élite israéliens font leur travail mortel en toute impunité. À ce jour, 45 garçons et filles de moins de 18 ans sont morts, soit sous des tirs à balles réelles, soit par l’impact d’une cannette de gaz lacrymogène. Comme le signale le rapport de Defense Children International, cela revient à tuer 44 enfants en l’espace de 40 semaines. Nous parlons d’enfants qui ne représentaient aucun danger pour qui que ce soit.

 

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Une jeune fille de la famille de Mahmoud Abou Taima, tué avec 57 autres dans la Grande Marche du Retour le 14 mai, pleure sa perte. (Haaretz)

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05/04/2018

Non-violence : de la résistance efficace ?

Quand des milliers de personnes de tout âge, femmes et hommes, à Gaza, décident d’une « Longue Marche » pacifique le long de leur frontière avec Israël, c’est une question d’envie populaire qui dépasse complètement n’importe organisation. C’est la population civile qui anime les villages de tentes et les manifestations, les danses et les chants, ce vendredi 30 mars. Elle appelle à manifester pour pouvoir rester sur la terre, à résister à toutes les entraves de l’occupation israélienne et le blocus infligée sur la bande de Gaza depuis 11 ans.

Ce projet de non-violence est mis à rude épreuve juste au début des manifestations : l’armée israélienne a tiré sur un agriculteur sur ses terres trop près de la frontière à son goût. Il meurt. La marche pacifique s’est agitée par quelques jets de pierres et de cocktails Molotov lancés par une petite minorité. Mais les gens se sont rassemblés pour marcher pacifiquement. Ils avancent, forts de n’avoir rien à perdre. Pas une seule personne n’a transgressé la frontière interdite mais les snipers israéliens ont tiré – beaucoup de balles réelles - dans les têtes, dans la poitrine, dans le ventre, dans les jambes. Des individus sans aucune arme meurent : dix-huit à ce jour, 1'400 blessés – les blessures béantes des balles explosives posent problème aux médecins. (À lire, l’article de Piotr Smolar dans Le Monde du 4 avril : « Retour sur une répression meurtrière à Gaza.»)

            Quel est le sens de cette confrontation ? Pourquoi cette envie de marcher pacifiquement, s’exposant ainsi à des risques sous le gaz lacrymogène et les tirs pour mettre en lumière une situation que le monde a choisi d’ignorer ? Un article en anglais dans le journal israélien Haaretz répond à la question. J’en restitue l’essentiel ici en français.

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Manifestants palestiniens à l’est de Khan Younis, 31 mars, 2018 (SAID KHATIB / AFP)

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02/04/2015

Pas de poisson d’avril pour les pêcheurs

 Un dépêche du 1er avril de Ma’an News annonce que la marine israélienne a tiré sur trois bateaux de pêcheurs dans la région d’al-Sudaniyya, au nord-ouest de la bande de Gaza, tôt ce matin-là. Sudaniyya, d’où venaient les rougets tous frais que le pêcheur nous amenait parfois le matin lors de mon séjour en hiver 2012. Il les nettoyait pour nous avant de repartir chez d’autres clients. A la fin de l’après-midi, il rejoignait son bateau pour une autre nuit de travail. Toujours de bonne humeur, cet homme avait sept bouches à nourrir et une vie de travail quasi ininterrompue. Les bateaux de guerre ont tiré hier matin sur des hommes qui pêchaient à une distance autorisée de deux miles nautiques de la côte. A chaque incident pareil, je pense à cet homme.

pecheurs_150330-zanoun-hajj-rajab.jpgHajj Rajab, 81 ans, a pêché le long de la côte de Gaza depuis 6 décennies. Il n’a jamais vu des conditions si difficiles que celles d’aujourd’hui. (photo Ezz Zanoun)

Pourquoi cet acharnement ? Les instances internationales abandonnent ces petits gens dans un océan d’indifférence. Un journaliste et un photographe réagissent dans un article de l’Electronic Intifada. Je le traduis ici.

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