01/10/2018

Liberté, style gazaoui : il ne reste rien à perdre

L’Editorial du premier journal israélien Haaretz du 29 septembre résume la situation. Janis Joplin l’a déjà chanté: « Freedom’s just another word for nothin’ left to lose ». La culture palestinienne a pris un grand coup lors de la destruction du Centre culturel al Mishal par des bombes israéliennes le 9 août. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les hôpitaux sont au bout des fournitures de toute espèce. Le rapport hebdomadaire du Centre palestinien des droits humains de la semaine passée confirme des attaques contre des pêcheurs. Tout projet éducatif, social ou artistique est impossible à entreprendre, faute de fonds.  L’éditorial, qui est en anglais, ne peut être plus clair quant à la limite critique où arrive la politique israélienne dans la bande de Gaza. Je vous livre ici sa version en français.

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Avenir for Children (Fondation PACF), salle de classe endommagée après une frappe israélienne, 15 juillet 2018 (photo Mohammed Zaanoun/ APA images)

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27/09/2018

Entre voisins : « La vie plutôt que la mort »

De plus en plus nombreux, des dizaines d’activistes israéliens et internationaux se rassemblent régulièrement avec des interlocuteurs palestiniens le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Vendredi dernier 21 septembre, photographe/journaliste Oren Ziv a capturé cet évènement de résistance pacifique où des Israéliens se joignaient à des Gazaouis pour réclamer leurs droits fondamentaux à la liberté de mouvement et à la fin du blocus. Les Israéliens contestaient également la ségrégation forcée qui leur impose le gouvernement israélien, en empêchant tout contact avec leurs voisins palestiniens. Voici ma traduction de l’article de Ziv, paru en anglais sur le site du + 972

 

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Des activistes israéliens et internationaux à la frontière entre Israël et la bande de Gaza le 21 septembre (Oren Ziv/Activestills.org)

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02/09/2018

Pourquoi les affaires ne marchent pas ? [2e partie]

Lorsque j’ai commencé ce blog à Gaza en 2007, je fréquentais une imprimerie où les employés avaient des relations téléphoniques quotidiennes avec une firme en Israël qui leur fournissait du papier de meilleure qualité et meilleur marché que celui disponible depuis l’Egypte. Un employé de l’imprimerie en particulier apprenait l’anglais (dans un cours que j’enseignais) avec plaisir afin de mieux discuter avec son homologue israélien. Leurs discussions professionnelles tournaient autour des difficultés de l’importation de ce papier que l’Israélien voulait vendre et que le Palestinien voulait acheter. Cela me semblait absurde.

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Marché de la ville de Gaza, 6 mars 2018 (Ashraf Amra / APA images)

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29/08/2018

Pourquoi les affaires ne marchent pas ?

Un article récent en anglais dans le journal israélien Haaretz offre un aperçu rare et complet du cauchemar des commerçants des deux côtés de la frontière entre Israël et la bande de Gaza. L’article montre comment des difficultés inouïes liées aux échanges commerciaux ne sont pas inéluctables mais qu’ils sont soumis aux péripéties de la politique, sans aucune considération de la vie ordinaire souhaitée et souhaitable par et pour tous. Je propose de traduire l’article en quatre parties, vu sa longueur. C’est le titre de l’article qui m’a attiré tout d’abord, puisqu’il concerne une jeune entrepreneuse qui a figuré dans un blog précédant .

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Le passage commercial principal de Kerem Shalom, fermé en juillet 2018

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31/05/2018

Rien n’est plus comme avant

Douze enfants (tenant peut-être à la main des cailloux ou de petits drapeaux ou encore un cerf-volant ou qui, simplement, couraient), deux journalistes (appareil de photo entre leurs mains) et un auxiliaire de santé en train de secourait des blessés : des soldats israéliens ont choisi de mettre fin à leurs vies. Pourquoi ceux-là ? Ils font partie des 121 morts et près de 14,000 blessés de la Grande Marche de Retour. Selon quels critères les militaires visent-ils ? Et comment, mais comment, des tireurs de l’élite de l‘armée israélienne continuent-ils à vivre avec le souvenir de ce qu’ils ont fait aux vivants et aux morts ?

Le Haut-Commissaire des Droits Humains Zeid Ra’ad Al Hussein a bien posé la question : « Que deviens-tu lorsque tu tires avec l’intention de tuer sur quelqu’un sans aucune défense qui ne te pose aucune menace immédiate ? » Un acte pareil ne sert ni à défendre son pays ni à protéger la frontière. Pour les proches des victimes, il reste « l’après ». Une journaliste de Gaza nous fait rentrer dans l’intimité des familles en deuil qui ne comprennent pas. Son article récent pour l’Electronic Intifada est en anglais. Je le traduis ici en français.

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Un garçon palestinien avec un cerf-volant près de la frontière à l’est de la ville de Gaza, 18 avril 2018 (photo : Yasser Qudih / APA images)

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30/04/2018

« Où vas-tu Papa ?

Les questions d’un garçon de sept ans ont inspiré son père pour publier un article dans The New York Times le 27 avril. Fadi Abou Shammalah est l’un des coproducteurs d’un film qui était sur les écrans du festival FIFDH à Genève en mars: Naila and the Uprising. Directeur exécutif de l’Union Général de Centres Culturels, Shammalah pose une question à son tour : Pourquoi risque-t-il sa vie en allant aux manifestations non-violentes qui se passent actuellement à Gaza tous les vendredis sous le feu de l’armée israélienne ? Nassim Nicholas Taleb, dans son dernier livre Skin in the Game aurait l’explication : « Tu prends des risques, tu te sens participer à l’histoire. » (p.104) Les manifestations citoyennes qui se déroulent depuis un mois à Gaza sont véritablement un évènement historique. Shammalah, refugié de 1948 de la troisième génération, explique son envie de faire partie de l’histoire dans l’article en anglais que je livre ici en français.

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Deux ados près de la frontière à Khuza’a, au sud de la bande de Gaza, 6 avril 2018. La clé est le symbole du droit du retour (photo Hosam Salem/Al Jazeera)

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13/04/2018

Les yeux dans les yeux

Pourquoi maintenant ? Jean-Pierre Filiou dans son Histoire de Gaza explique l’urgence : « La paix entre Israël et Palestine ne prendra de sens et de substance qu’à Gaza, elle en sera la pierre de touche comme la pierre de voûte. » Amir Rotem l’a compris. Il est directeur du Département publique à Gisha, une organisation israélienne non-gouvernementale qui promet les droits humains, notamment la liberté de circuler, particulièrement pour les résidents de Gaza. Rotem vient d’écrire un article qui est apparu en hébreu sur Local Call, traduit en anglais sur + 972 mag, afin de mettre la Grande Marche populaire, qui se passe en ce moment le long de la frontière entre Gaza et Israël, en perspective. Je traduis ici ses propos en français. 

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Une femme palestinienne manifeste contre le blocus ou la fermeture de la bande de Gaza, qui dure depuis 11 ans, devant les bureaux d’UNESCO, ville de Gaza, 13 mars 2018 (Mahmoud Ajour / APA images)

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05/04/2018

Non-violence : de la résistance efficace ?

Quand des milliers de personnes de tout âge, femmes et hommes, à Gaza, décident d’une « Longue Marche » pacifique le long de leur frontière avec Israël, c’est une question d’envie populaire qui dépasse complètement n’importe organisation. C’est la population civile qui anime les villages de tentes et les manifestations, les danses et les chants, ce vendredi 30 mars. Elle appelle à manifester pour pouvoir rester sur la terre, à résister à toutes les entraves de l’occupation israélienne et le blocus infligée sur la bande de Gaza depuis 11 ans.

Ce projet de non-violence est mis à rude épreuve juste au début des manifestations : l’armée israélienne a tiré sur un agriculteur sur ses terres trop près de la frontière à son goût. Il meurt. La marche pacifique s’est agitée par quelques jets de pierres et de cocktails Molotov lancés par une petite minorité. Mais les gens se sont rassemblés pour marcher pacifiquement. Ils avancent, forts de n’avoir rien à perdre. Pas une seule personne n’a transgressé la frontière interdite mais les snipers israéliens ont tiré – beaucoup de balles réelles - dans les têtes, dans la poitrine, dans le ventre, dans les jambes. Des individus sans aucune arme meurent : dix-huit à ce jour, 1'400 blessés – les blessures béantes des balles explosives posent problème aux médecins. (À lire, l’article de Piotr Smolar dans Le Monde du 4 avril : « Retour sur une répression meurtrière à Gaza.»)

            Quel est le sens de cette confrontation ? Pourquoi cette envie de marcher pacifiquement, s’exposant ainsi à des risques sous le gaz lacrymogène et les tirs pour mettre en lumière une situation que le monde a choisi d’ignorer ? Un article en anglais dans le journal israélien Haaretz répond à la question. J’en restitue l’essentiel ici en français.

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Manifestants palestiniens à l’est de Khan Younis, 31 mars, 2018 (SAID KHATIB / AFP)

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02/04/2018

Repousser les limites !

Il y a deux ans, une jeune femme gazaouie a fini ses études d’ingénieur en se disant qu’elle voulait faire quelque chose de ses connaissances. Depuis, on parle de Majd Mashharawi dans les média en anglais, japonais, arabe, allemand, hébreu et italien. A l’âge de 24 ans, elle a déjà développé une brique écologique sans ciment et une boîte solaire qui fournit l’électricité – des inventions qui s’attaquent à deux problèmes primordiaux à Gaza : le manque de matériaux pour la reconstruction de maisons détruites dans les derniers bombardements israéliens en 2014 et la pénurie extrème en électricité. Majd se réjouit d’offrir ces accomplissements comme exemple à toutes les jeunes femmes de Gaza, souvent découragées par la société conservatrice de se lancer dans une vie professionnelle. Son histoire est remarquable. Je vous livre une traduction de l’anglais en français d’un article récent, qui ne serait certainement pas le dernier, sur une jeune femme qui surmonte des obstacles avec une vision et une détermination rarissime.

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Majd à 22 ans avec ses briques « Green Cake », à base de cendres de bois ou de charbon - plus résistantes que des briques ordinaires, mais qui pèsent la moitié en poids et en prix ! (Photo : permission Green Cake)

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02/02/2018

Deux millions d’âmes perdues

Professeur de français à Gaza, Ziad Medoukh forme des futurs enseignants et amène ses étudiants à découvrir les gens ordinaires de leur petit enclave. Il essaye d’améliorer leurs compétences et ouvre leurs yeux aux réalités du monde extérieur en invitant des visiteurs enseignants, médecins et écrivains à s’adresser à ses étudiants, à les aider à se former et à répondre à leurs questions. Ayant organisé plusieurs échanges avec des étudiants en France par le passé, il écrit au monde, maintenant fermé à ses élèves, en espérant que sa voix non-violente se fera entendre.

Son E-mail de ce matin constate que tout ceci semble être vain. Face aux entraves d’Israël, aux négligences de l’Autorité palestinienne et au refus de l’Union européenne de s’adresser aux racines du mal, cet énorme mal fait aux habitants civils de Gaza, les gazaouis se sentent oubliés et condamnés.

Je vous livre ici, une partie de ses réflexions pour que vous puissiez vous faire votre propre idée.

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Les étages de l’hôpital Al-Shifa, l’équivalent des HUG ou du CHUV, montrent le manque sévère de médicaments. Ce lundi,
un hôpital a dû fermer ses portes, faute de fuel.

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