30/04/2018

« Où vas-tu Papa ?

Les questions d’un garçon de sept ans ont inspiré son père pour publier un article dans The New York Times le 27 avril. Fadi Abou Shammalah est l’un des coproducteurs d’un film qui était sur les écrans du festival FIFDH à Genève en mars: Naila and the Uprising. Directeur exécutif de l’Union Général de Centres Culturels, Shammalah pose une question à son tour : Pourquoi risque-t-il sa vie en allant aux manifestations non-violentes qui se passent actuellement à Gaza tous les vendredis sous le feu de l’armée israélienne ? Nassim Nicholas Taleb, dans son dernier livre Skin in the Game aurait l’explication : « Tu prends des risques, tu te sens participer à l’histoire. » (p.104) Les manifestations citoyennes qui se déroulent depuis un mois à Gaza sont véritablement un évènement historique. Shammalah, refugié de 1948 de la troisième génération, explique son envie de faire partie de l’histoire dans l’article en anglais que je livre ici en français.

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Deux ados près de la frontière à Khuza’a, au sud de la bande de Gaza, 6 avril 2018. La clé est le symbole du droit du retour (photo Hosam Salem/Al Jazeera)

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13/04/2018

Les yeux dans les yeux

Pourquoi maintenant ? Jean-Pierre Filiou dans son Histoire de Gaza explique l’urgence : « La paix entre Israël et Palestine ne prendra de sens et de substance qu’à Gaza, elle en sera la pierre de touche comme la pierre de voûte. » Amir Rotem l’a compris. Il est directeur du Département publique à Gisha, une organisation israélienne non-gouvernementale qui promet les droits humains, notamment la liberté de circuler, particulièrement pour les résidents de Gaza. Rotem vient d’écrire un article qui est apparu en hébreu sur Local Call, traduit en anglais sur + 972 mag, afin de mettre la Grande Marche populaire, qui se passe en ce moment le long de la frontière entre Gaza et Israël, en perspective. Je traduis ici ses propos en français. 

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Une femme palestinienne manifeste contre le blocus ou la fermeture de la bande de Gaza, qui dure depuis 11 ans, devant les bureaux d’UNESCO, ville de Gaza, 13 mars 2018 (Mahmoud Ajour / APA images)

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05/04/2018

Non-violence : de la résistance efficace ?

Quand des milliers de personnes de tout âge, femmes et hommes, à Gaza, décident d’une « Longue Marche » pacifique le long de leur frontière avec Israël, c’est une question d’envie populaire qui dépasse complètement n’importe organisation. C’est la population civile qui anime les villages de tentes et les manifestations, les danses et les chants, ce vendredi 30 mars. Elle appelle à manifester pour pouvoir rester sur la terre, à résister à toutes les entraves de l’occupation israélienne et le blocus infligée sur la bande de Gaza depuis 11 ans.

Ce projet de non-violence est mis à rude épreuve juste au début des manifestations : l’armée israélienne a tiré sur un agriculteur sur ses terres trop près de la frontière à son goût. Il meurt. La marche pacifique s’est agitée par quelques jets de pierres et de cocktails Molotov lancés par une petite minorité. Mais les gens se sont rassemblés pour marcher pacifiquement. Ils avancent, forts de n’avoir rien à perdre. Pas une seule personne n’a transgressé la frontière interdite mais les snipers israéliens ont tiré – beaucoup de balles réelles - dans les têtes, dans la poitrine, dans le ventre, dans les jambes. Des individus sans aucune arme meurent : dix-huit à ce jour, 1'400 blessés – les blessures béantes des balles explosives posent problème aux médecins. (À lire, l’article de Piotr Smolar dans Le Monde du 4 avril : « Retour sur une répression meurtrière à Gaza.»)

            Quel est le sens de cette confrontation ? Pourquoi cette envie de marcher pacifiquement, s’exposant ainsi à des risques sous le gaz lacrymogène et les tirs pour mettre en lumière une situation que le monde a choisi d’ignorer ? Un article en anglais dans le journal israélien Haaretz répond à la question. J’en restitue l’essentiel ici en français.

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Manifestants palestiniens à l’est de Khan Younis, 31 mars, 2018 (SAID KHATIB / AFP)

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02/04/2018

Repousser les limites !

Il y a deux ans, une jeune femme gazaouie a fini ses études d’ingénieur en se disant qu’elle voulait faire quelque chose de ses connaissances. Depuis, on parle de Majd Mashharawi dans les média en anglais, japonais, arabe, allemand, hébreu et italien. A l’âge de 24 ans, elle a déjà développé une brique écologique sans ciment et une boîte solaire qui fournit l’électricité – des inventions qui s’attaquent à deux problèmes primordiaux à Gaza : le manque de matériaux pour la reconstruction de maisons détruites dans les derniers bombardements israéliens en 2014 et la pénurie extrème en électricité. Majd se réjouit d’offrir ces accomplissements comme exemple à toutes les jeunes femmes de Gaza, souvent découragées par la société conservatrice de se lancer dans une vie professionnelle. Son histoire est remarquable. Je vous livre une traduction de l’anglais en français d’un article récent, qui ne serait certainement pas le dernier, sur une jeune femme qui surmonte des obstacles avec une vision et une détermination rarissime.

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Majd à 22 ans avec ses briques « Green Cake », à base de cendres de bois ou de charbon - plus résistantes que des briques ordinaires, mais qui pèsent la moitié en poids et en prix ! (Photo : permission Green Cake)

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02/02/2018

Deux millions d’âmes perdues

Professeur de français à Gaza, Ziad Medoukh forme des futurs enseignants et amène ses étudiants à découvrir les gens ordinaires de leur petit enclave. Il essaye d’améliorer leurs compétences et ouvre leurs yeux aux réalités du monde extérieur en invitant des visiteurs enseignants, médecins et écrivains à s’adresser à ses étudiants, à les aider à se former et à répondre à leurs questions. Ayant organisé plusieurs échanges avec des étudiants en France par le passé, il écrit au monde, maintenant fermé à ses élèves, en espérant que sa voix non-violente se fera entendre.

Son E-mail de ce matin constate que tout ceci semble être vain. Face aux entraves d’Israël, aux négligences de l’Autorité palestinienne et au refus de l’Union européenne de s’adresser aux racines du mal, cet énorme mal fait aux habitants civils de Gaza, les gazaouis se sentent oubliés et condamnés.

Je vous livre ici, une partie de ses réflexions pour que vous puissiez vous faire votre propre idée.

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Les étages de l’hôpital Al-Shifa, l’équivalent des HUG ou du CHUV, montrent le manque sévère de médicaments. Ce lundi,
un hôpital a dû fermer ses portes, faute de fuel.

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13/05/2016

Quelqu’un ?

D’habitude, ce jeune musicien écrit des paroles de rap qu’il chante avec son frère. Mais il a quelque chose à dire au monde hors du seul monde qu’il connaît dans la bande de Gaza. Il a publié son message sur l’Electronic Intifada en anglais. Nous le traduisons ici.

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Mohammed El Susi enregistrant une chanson dans un studio, ville de Gaza, 23 mars 2015 (photo Edouardo Soteras Jalil / Al Jazeera)

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15/02/2016

Partir ! S’échapper !

Ce weekend a vécu la rare ouverture du passage de Rafah avec l’Egypte. Selon Maan News, plus de 25'000 personnes, dont 3'500 cas médicaux, sont enregistrées et en attente. Quelques 700 ont pu passer en Egypte ce samedi. Simultanément, plus de 700 autres, bloquées en Egypte pendant plus de 70 jours, lors de la dernière ouverture du passage, ont pu regagner Gaza. Le porte-parole du Ministère de l’intérieur Iyad al-Bazam demande que l’ouverture soit prolongée quelques jours encore. Un photographe - journaliste de Gaza informe en anglais de la situation insoutenable à la frontière sur le site israélien « + 972 mag ». Nous traduisons son article ici.

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En attente au passage de Rafah, 14 février 2016 (Ezz Al Zanoon/Activestills.org)

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01/01/2016

Que la vie soit belle !

Voici une initiative positive d’artistes de la bande de Gaza. Je traduis ici l’article, dont l’original est en anglais.

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14:17 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, blocus, artistes, vie, guerre, graffitis, sable, israël, bande de gaza, suicide, egypte, palestiniens | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

21/11/2015

Il voulait un changement

Muhammad al-Bhaisy voulait montrer les couleurs du drapeau palestinien pour communiquer un message. Son père a cherché des mots pour expliquer les risques que son fils a pris en s’avançant près de la barrière entre Israël et Gaza le 6 novembre : « Il voulait que quelque chose change. » Les munitions de l’armée israélienne tirées contre les jeunes de Gaza sont inutiles et contreproductives. Mais en attendant une réponse plus adéquate de leur gouvernement au blocus qui étouffe la bande de Gaza depuis plus de 8 ans, les soldats tirent. Charlotte Silver raconte l’histoire d’un jeune non-violent en anglais. Je le traduis ici.

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Manifestation près de la barrière entre la bande de Gaza et Israël, 27 octobre 2015 (photo Yasser Qudih / APA images)

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12/08/2015

Pour la nouvelle génération

Lorsqu’on travaille en tant que chercheuse au milieu de la guerre, des rencontres marquantes sont inévitables. La journaliste Adeem Abu-Middain écrit depuis le Canada sur une personne qui lui a laissé un souvenir ineffaçable de son été 2014 à Gaza. Je résume et traduis l’article en anglais qu’elle a rédigé pour l’Electronic Intifada. 

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La journaliste a rencontré une femme en fin de grossesse qui a pu fuir le bombardement de cette école (24 juillet 2014, l’école des Nations Unies à Beit Hanoun, photo Mohammed Salem/Reuters)

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