05/05/2016

Une Mère Courage

L’endroit où nous sommes nés, l’endroit où nous vivons, détermine la qualité de notre vie. Nous ne le choisissons pas : nous en profitons ou nous le subissons. A Gaza, dix ans de blocus israélien ont réduit la vie des habitants à une existence de non-choix. Chacun agit en conséquence comme cette mère de famille suivie pendant un jour dans sa vie par deux journalistes de Gaza. Je traduis, ici, leur reportage, dont l’original est en anglais. 

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Tôt le matin, Jihad et ses deux fils partent pour ramasser ce qu’ils peuvent trouver dans la rue

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25/10/2015

Des jeunes sont désespérés

En anglais, Maan News nous apprend l’étendue du désespoir à Gaza, où Israël garde bientôt 2 millions d’êtres humains dans une prison sans exutoire. Quand ce sont des jeunes qui n’arrivent plus à tenir, le point de non-retour est particulièrement palpant. Je traduis l’article ici.

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Lune de sang au-dessus de Deir al-Balah au début de l’éclipse totale de la lune, 28 septembre 2015 (Ashraf Amra / APA images)

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06/05/2010

Coupe du monde à Gaza

L’association de football de Gaza (Palestine Football Association – PFA) revit sur l’initiative du gazaoui Ashraf Mohammed Hamad et d’un Américain qui vit et enseigne à Gaza depuis un an. Le parcours exceptionnel de Patrick McGrann et son idée d’une Gaza World Cup 2010, est décrite par Jay Weiner dans le Minnesota Post du 4 mai. Les matchs ont démarré le 2 mai pour une période de deux semaines.  

  

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Italie a battu la Palestine le 2 mai 1-0. (BBC)

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06/02/2010

L’école dans tous ses états

L’hiver est long. Faute d’alimentation, l’unique centrale électrique de Gaza risque de fermer complètement. Pour la plupart des gazaouis, la vie est une misérable survie de jour en jour. L’UNRWA est débordée par l’ampleur des besoins. Les enfants de Gaza vivent dans leur chair le désespoir des adultes – parents et enseignants - impuissants devant le blocus. L’IRIN, le département d’informations humanitaires des Nations Unies, a publié cet article il y a deux jours.

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27/11/2009

Ouvrier de construction au chômage alors que tout est à reconstruire !

Eid al-Adha – le Noël des musulmans – arrive. Dans le camp de réfugiés d’al-Maghazi, beaucoup de familles n’ont pas les moyens de faire la fête. Rami Almeghari, lui-même d’al-Maghazi, a rendu visite à une de ces familles. A Gaza, son histoire se répète par milliers.

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30/11/2008

Espoir : demain les nouvelles seront bonnes !

Ramzy Baroud, journaliste palestinien et américain,  (http://www.ramzybaroud.net) a grandi dans un camp de réfugiés dans la bande de Gaza. Cet article est la traduction de son dernier blog.

Lorsque par moments, l’électricité est disponible, la plupart des palestiniens de la bande de Gaza appauvrie et affamée se rassemblent autour de la télévision. Ce n’est pas pour voir « American Idol » ou « Dancing with the Stars » - c’est pour les actualités.

Les gazaouis ont un rapport tout à fait particulier et complexe avec les media. Comme la majorité des palestiniens dans le monde, ils regardent et écoutent les nouvelles dans l’espoir que le salut arrivera sous la forme d’une dépêche de presse. Ils sont de toute évidence toujours en attente.

Cependant, ils ne peuvent pas s’empêcher de lire, de regarder, d’écouter : ce que le reste du monde dit de leur destin et de leur lutte leur importe énormément. Ils se demandent surtout s’il y a quelqu’un qui s’inquiète de leur sort.

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 famille qui regarde la télé

Pendant les couvre-feux longs et brutaux de la première Intifada à Gaza, ma famille se groupait autour d’une petite radio avec une appréhension permanente que les piles nous fassent défaut, nous abandonnant à une panne totale de nouvelles, un vrai cauchemar.

Lorsque l’armée israélienne se préparait à investir un camp de réfugiés, ils coupaient d’abord l’eau et l’électricité. C’est encore la pratique ces jours-ci, à un échelle infiniment plus grande : il y a une pénurie de carburant, de nourriture, et de provisions médicales, et les générateurs d’eau fonctionnent à peine. Cette punition collective a toujours été le summum de la politique israélienne dans la bande de Gaza. Certaines choses ne changent jamais.

Mais Gaza arrive miraculeusement à survivre toutes ses épreuves, on ne sait pas comment. Les habitants de ce petit bout de terre trouvent les moyens de faire face à leurs tragédies multiples, tout comme ils arrivaient à s’accommoder au premier influx de réfugiés assoiffés et désespérés lors de la Nakba [« catastrophe » en arabe] de 1948. Ils pleurent et enterrent leurs morts [dont le dernier, tué par un obus le 28 novembre – Ma’an News], prient pour la clémence de Dieu et retournent à leurs maisons pour se retrouver autour de la radio, guettant une lueur d’espoir dans les nouvelles qu’ils écoutent.

Aujourd’hui, ils font confiance aux différents agences de presse qui s’engagent à rapporter leurs souffrances comme ils les subissent,  le contre-pied des communiqués de presse de l’armée israélienne. Ce n’est pas toujours l’amour entre eux et les media importants tels le BBC ou le Voice of America. Même si la plupart des gazaouis approuvent les reportages d’al Jazeera, ils ne peuvent pas leur pardonner d’offrir une voix aux politiciens et aux militaires israéliens. Malgré cette réticence, c’est les nouvelles d’al Jazeera que la plupart des gazaouis écoutent aux moments où la tragédie frappe, hélas trop fréquemment.

Les nouvelles de Gaza et les nouvelles au sujet de Gaza n’ont presque jamais été si désespérantes que ces jours-ci : tous les jours les déclarations des représentants de l’ONU ou des organisations des droits de l’homme qui dénoncent le siège de Gaza, l’étranglement de toute une population et le silence accablante de la communauté internationale face à la catastrophe humanitaire la plus imminente du monde. Les palestiniens de Gaza écoutent attentivement. Ils ont un petit espoir que les Etats-Unis exercera de la pression sur Israël pour adoucir ce siège, pour permettre des soins médicaux, en particulier pour les malades en phase terminale, pour permettre la livraison du carburant. Mais jour après jour, la situation empire, avec peu de progrès vers la justice.

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enfants qui font leurs devoirs à la lumière d’une lampe à l’huile

Les gens de Gaza s’approchent de leurs écrans de télévision pour écouter le Secrétaire générale de l’ONU Ban Ki-Moon ou l’ancien Commissaire pour les droits humains Mary Robinson qui demandent à Israël de relâcher ou d’arrêter les sanctions. Ils persistent à croire que, tôt ou tard, l’Etat d’Israël entendra ces appels, mais rien ne se passe.

Le 4 novembre, Robinson, ancien président de l’Irelande, a déclaré à la BBC que c’était « tout simplement incroyable » que le monde ne se souciait pas d’ « une violation choquante de tant de droits humains ». « Toute leur civilisation a été détruite, et je n’exagère pas, » a-t-elle dit.

Le même jour, l’armée israélienne a envahi Gaza avec l’intention de provoquer un conflit, mettant fin à la trêve fragile avec le Hamas, en place depuis le mois du juin. L’armée a tué six palestiniens et blessé trois autres.

Le directeur de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (l’UNWRA) John Ging a déclaré au Washington Post le 15 novembre , « La situation est désastreuse, et elle ne fait qu’empirer … c’est la première fois que l’ONU ne peux pas transporter des provisions à une population dans une telle détresse ; il s’agit de beaucoup de familles qui dépendent de notre aide depuis des années, et ils vivent au jour le jour. »

Amnesty International dans la voix de Philip Luther condamne : « L’augmentation du verrouillage du blocus par l’Etat israélien a rendu la situation humanitaire à la limite de soutenable et même pire. »

Le journal The Independant a publié une fuite d’un rapport de la Croix rouge : « Il y a une augmentation dans la malnutrition chronique et des carences alarmantes en micronutriments. » Selon la Croix rouge, les restrictions israéliennes sont en train de causer « une détérioration progressive dans la sécurité alimentaire pour 70% de la population gazaouie. »

Et les gens de Gaza continuent toujours à zapper d’une station de radio à l’autre, à gauche puis à droite, pendant que le monde fait la sourde oreille. Ils se demandent pourquoi leur situation a moins d’urgence que la bateau piraté de la Mer Rouge ou même le drame du Congo, vu que leur misère perdure depuis des générations et s’enfonce encore.

Les gazaouis écoutent en vain les stations arabes. Ils se demandent comment les autres arrivent à s’amuser pendant cette désolation totale qui progresse à Gaza. Ils écoutent les insultes crachés entre des représentants du Fatah et du Hamas, qui se disputent par rapport à des positions d’un gouvernement qui n’existe pas et des territoires sans souveraineté. Ils font non de la tête en consternation et persévèrent dans l’espoir que demain, juste une fois, les nouvelles seront bonnes.

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27/10/2008

Les tunnels de Gaza

Le contrôle total imposé par l’Etat d’Israël sur la bande de Gaza – son air, sa terre et sa mer – fait que l’espace sous-terre est devenu le seul endroit de liberté de mouvement, selon Eyal Weizman dans son dernier livre « Hollow Land ». Dans ces lieux dangereux, où le radar israélien ne peut pénétrer, un commerce hautement risqué s’active. Rami Almeghari, journaliste de Gaza, est l’auteur de l’article suivant, dont l’original en anglais se trouve sur
http://electronicintifada.net/v2/article9912.shtml .

 

Le commerce florissant des tunnels de Gaza

Depuis que le blocus de Gaza a commencé il y a plus de seize mois, les résidents palestiniens de cette petite bande côtière dépendent de la contrebande pour subvenir à leur besoins élémentaires. Un rapport récent des Nations Unis raconte que le marché local ne pourrait exister sans ce commerce des tunnels ou « commerce de la mort » qui a déjà coûté la vie de 40 personnes. On les appelle « les fossoyeurs » - ces quelques trois milliers d’hommes qui gagnent leur vie en creusant des tunnels. Dans ces tunnels, ils transportent des biens essentiels de provenance égyptienne: de la nourriture, du gaz pour faire la cuisine, du pétrole, du bétail et même des appareils électriques.  

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photo : Iyad Albaba

Les tunnels se trouvent tous alignés le long de la route Philadelphia sur la frontière entre l’Egypte et Gaza. De la marchandise produite en Egypte ou importée d’Egypte remplit les marchés de Gaza en ce moment. Ceci est surtout vrai des souks de Rafah, au sud de la bande de Gaza, où le commerce des tunnels se concentre.

« Je suis content que j’ai au moins quelque chose à vendre plutôt que rien, mais je ne suis pas fier de moi-même comme commerçant en ayant besoin de vendre de la marchandise de contrebande. Les prix sont assez élevés tandis que le pouvoir d’achat des gens est vraiment minimal. Pouvez-vous imaginer, vous êtes obligés d’acheter des vêtements venant de la contrebande pour vos enfants ! Ce sont l’Amérique, Israël et certains [pays] arabes qui ont forcé un peuple entier à vivre de la contrebande, » explique Abu Jamal, 43 ans, vendeur des appareils électriques.  

… Abu Nasser, un travailleur dans les tunnels, partage l’avis d’Abu Jamal : « Malgré le siège israélienne de Gaza, nous arrivons à subvenir ainsi à nos besoins. Nous pouvons au moins faire du pain et faire la cuisine, en dépit des prix élevés. » Pendant qu’il charge un camion de bouteilles de gaz devant la tente de son tunnel, Abu Jamal explique : « Tous les jours, nous transportons entre 300 à 400 bouteilles de gaz depuis les territoires égyptiennes …. Chaque bouteille coûte malheureusement $100, mais c’est mieux que ne pas en avoir du tout. »

Abu Hassan est encore en train de construire son tunnel a lui, un travail qui dure entre 3 et 4 mois. On utilise une machine qui évacue le sable, formant un trou de 21 mètres de profondeur. Père de sept enfants, Abu Hassan explique que « ce qui m’a poussé à travailler dans ces tunnels est le fait que depuis ces derniers 16 mois, j’ai été au chômage. Comment pouvoir nourrir ma famille ? Je sais que c’est un travail risqué, mais quoi faire ? Je n’ai pas d’autre solution. »

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photo - Jerusalem Post

Ces derniers mois, des dizaines de travailleurs des tunnels sont morts, soit pendant qu’ils creusaient, soit parce que les autorités égyptiennes ont fait s’effondrer certains des tunnels. Malgré cela, le commerce va bon train, stimulée par le blocus israélien.

Abu Mohammed, un résident de Khan Younis, a travaillé comme entrepreneur de tunnel depuis huis ans. L’été dernier, son frère et son neveu ont été tués pendant qu’ils creusaient un tunnel. «Suite à la mort la mort de mon frère Helmi et mon neveu, je me sens tellement déprimé, même malade. Mais si j’arrête de travailler, dites-moi, comment est-ce que ces gens pourraient vivre ? Il y a beaucoup de gens au chômage et croyez-moi, si vous venez ici dans l’après-midi, vous allez voir combien cherchent du travail en creusant! »

Récemment, le gouvernement du Hamas de Gaza a imposé des règles et des restrictions  nouvelles sur le commerce des tunnels pour éviter plus de morts et pour empêcher l’importation de drogues et d’autres substances prohibés. Cependant, le gouvernement de Hamas assiégé ne peut pas garantir une fin au commerce des tunnels sans que le blocus israélien ne s’arrête.

« Le siège répressif de Gaza a motivé le peuple palestinien résistant d’imaginer un moyen créatif de s’assurer un gagne-pain. Nous essayons d’organiser un mouvement sur la frontière avec l’Egypte, par exemple en établissant des lignes de conduites quant au commerce et le type de biens qui sont admis dans la bande. Selon moi, cette situation exceptionnelle n’existera plus si le blocus israélien vient à sa fin, » dit Ehab al-Ghosain, porte-parole du Ministère de l’Intérieur.

Israël a commencé le siège après que le Hamas a saisi le pouvoir à Gaza dans le contexte de sa lutte avec le Fatah, le parti du Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas. Selon l’Etat juif, les tunnels de Gaza servent à la contrebande d’armes depuis l’Egypte à des groupes de résistance palestiniens basés à Gaza. Israël voudrait que l’Egypte ferme les tunnels. En juin, l’Egypte a agi en tant que négociateur d’une trêve entre Israël et les factions palestiniennes. Selon ses accords, Israël était censé lever le blocus sur Gaza petit à petit. Il ne l’a pas fait. L’ONU a appelé à rouvrir les passages officiels entre Gaza et Israël, y compris le passage de Rafah dans le sud de la bande de Gaza. C’est l’Egypte qui garde ce passage fermé depuis juin 2007. …

 

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