26/11/2012

Une rentrée particulière

Samedi, les enfants de Gaza ont rejoint leurs écoles pour la première fois depuis le 15 novembre. Il y avait bien des places vides avec 34 élèves tués dans les bombardements récents, et 274 enfants qui se remettent de leurs blessures. Ma’an News Agency raconte cette rentrée particulière.

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21/12/2009

Une histoire peut en cacher une autre

Un aperçu de la vie des enfants de Gaza un an après raconte l’histoire d’une fille de treize ans dont l’oncle, gynécologue et obstétricien de Gaza, travaillait en Israël au Sheba Medical Center (Tel Hashomer) après avoir passé des années à l’Hôpital de Soroka University à Beersheva. Dans un entretien en 2006, ce médecin qu’on appelait « le médecin de la paix » ou « le médecin qui sourit » dit par rapport au conflit israélo-palestinien : ‘Nous pouvons parvenir à nos buts avec la raison plutôt qu’avec la force brutale. La science est notre atout le plus précieux et la vie est plus précieuse que toute autre chose au monde.’

Voici l’histoire d’une tragédie et d’une résilience peu communes.

 

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11/11/2009

Le mystère de la maison sous le sable

Basel (voir le blog du 12.10.09) a rendu visite récemment à un ami qui ne vit pas loin de l’hôpital al-Shifa situé au milieu de la ville de Gaza. Comme la plupart des immeubles, la maison de son ami a un toit. Le toit des petits immeubles est un endroit privilégié pour pendre la lessive, fumer une cigarette, jouer, regarder le ciel et les rues autour, dormir dans la chaleur de l’été ou prendre l’air. Les deux amis sont donc montés sur le toit de la maison. Basel a alors remarqué un immeuble de quatre étages, tout près, complètement enseveli sous du sable : on pouvait tout juste distinguer la forme de son toit. « Que s’est-il passé ? », demande Basel.

 

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Gaza après les bombardements (Mohamed Abusal)

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01/01/2009

La vie et l'horreur

Le psychiatre Dr Eyad Sarraj s’est rendu plusieurs fois en Suisse et à Genève pour parler du Programme pour la santé mentale de la communauté de Gaza, qu’il a fondé en 1990 (http://www.gazamentalhealth.org). Dr Sarraj détient un journal de bord publié sur le site du Gaza Mental Health Foundation, établi aux Etats-Unis en 2001. (http://www.gazamentalhealth.org) Voici sa publication la plus récente. Elle revient sur la frappe initiale israélienne le samedi 27 décembre, à l’heure de la sortie des écoles. Deux cents personnes sont mortes dans l’attaque, dont beaucoup de civils.

« La vie et la mort sous les F16

Gaza, 31 décembre 2008

Ma femme et moi, nous parlions du repas de midi. Elle m’expliquait que la soupe aux lentilles était hors de question puisqu’il n’y avait plus de lentilles dans les magasins, ni de farine de riz.

Soudain, il y a eu le bruit assourdissant de ce qui semblait être une énorme explosion, suivie par une succession de pétards que je n’avais jamais entendus de ma vie. Notre maison était violemment secouée, les fenêtres vibraient.

C’était la panique. Nous sommes accourus dans le petit vestibule de notre maison où nous avons trouvé ma sœur, qui vit à l’étage au-dessus. Elle était pâle et tremblait : sa fille n’était pas encore de retour de l’école. Le petit Sari, un de nos voisins, a frappé à la porte. Lui aussi, tremblait pendant qu’il nous racontait comment, lorsqu’il rentrait de l’école en taxi, il y a eu une explosion terrible. Le conducteur du taxi a quitté la voiture et couru pour se mettre à l’abri. Ses passagers ont couru dans tous les sens. 

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par Salwa Sawalhi de Gaza, alors qu’elle avait 14 ans

Sari aussi courait sans penser à rien, il avait l’impression que les explosions le poursuivaient. Tout à coup, il a commencé à voir des gens couchés dans la rue. Ils saignaient. Il s’est approché d’un homme en voulant lui porter aide. Sari a touché sa main et a réalisé avec horreur qu’il ne tenait qu’un morceau de chair brûlé. Quelqu’un lui a crié de courir loin de là, ce qu’il a fait.

Nous avons appris les nouvelles par des coups de fil et des bribes de nouvelles à la télévision. Plus de deux cents personnes venaient d’être tuées, et encore plus blessées, en moins de dix minutes. … Les bombardements ne se sont pas arrêtés. Dans un seul raid, plus de cent F16 ont frappé plus que trois cent cibles. Les pilotes ont certainement signalé un bon travail de fait à leurs supérieurs. Mais ils n’ont pas pu décrire la douleur et les souffrances des gens innocents ni la peur qu’ils ont semé dans les cœurs de nos enfants.

Ma belle-fille Noor est réduite à un silence total, d’où elle sort parfois maintenant pour pleurer ou rire hystériquement. C’est une fille douée et artiste qui aime la poésie.  

Le carnage continue alors qu’une crise humanitaire est toujours en cours à cause du siège israélien : manque de médicaments, de pain, de farine, de gaz, d’électricité, de carburant et presque de tout. Le siège a fait de Gaza une énorme prison. Pendant que j’écris cette note, il y a des explosions tout autour de moi. Gaza est une ville fantôme, ses rues désertes – les gens n’osent plus sortir.

Le pire, ce sont les souffrances des enfants. Ils voient la peur dans les yeux de leurs mères. Déjà, le père n’est plus un symbole de sécurité puisqu’il n’est plus capable de leur procurer de la nourriture ni de les protéger. Il y a de grandes probabilités que ces enfants soient attirés par le Hamas, qui remplacera le père en tant que celui qui est fort et qui donne un sentiment de sécurité. A la fin, ce que nous fait Israël en ce moment ne fera que renforcer le Hamas. »