06/03/2015

Gaza en point de mire

“La route qui mène à un état palestinien passe par Gaza” : c’est l’intitulé d’un article de Salam Fayad pour le «+ 972 Blog » du « + 972 mag » le 5 mars. M. Fayad était premier ministre de la Palestine entre 2007 et 2009. Parmi d’autres, cette semaine, il insiste sur l’urgence d’un changement radical de la situation désastreuse dans la bande de Gaza. Cet élan provient de multiples instances.

Pour M. Fayad, la réactivation du Cadre de direction unifié (ULF) et une réunion du Conseil législatif palestinien est primordiale afin d’habiliter le gouvernement à « reconstruire Gaza, réunifier toutes les institutions palestiniennes et les structures juridiques en Cisjordanie ainsi qu’à Gaza. »

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Couverture du rapport de l’UNRWA de cette semaine

Le rapport hebdomadaire de l’UNRWA (l’agence de l’ONU responsable pour les réfugiés palestiniens) relève l’urgence de la situation. Pierre Krähenbühl, Commissaire général, dans un discours le 2 mars au Comité des affaires étrangères du Parlement européen, a décrit Gaza comme « une bombe à retardement ». Le même jour, Robert Serry, Coordinateur spécial des Nations Unies pour la paix au Moyen Orient depuis 2007, était en visite à Gaza où il a appelé à la fin du blocus et l’adoption d’une stratégie de « Gaza d’abord » - « Pour en finir avec l’occupation et arriver à une solution à deux états, il faut régler le problème politique de Gaza, » a dit Serry, comme M. Fayad.

Tout en annonçant de nouvelles contributions du Japon et d’une banque allemande pour aider les Palestiniens toujours sans logement, particulièrement ceux vivant encore dans des centres collectifs, le rapport de l’UNRWA souligne la grande difficulté de la situation générale à Gaza. L’économie et les infrastructures, dévastées avant le conflit de l’été passé, sont instables. En effet, l’unique centrale électrique de Gaza a arrêté de fonctionner mercredi soir, 4 mars, faute de carburant. L’UNRWA cite un communiqué du 26 février de Gisha sur l’économie palestinienne qui renforce la position de M. Fayad : « L’économie palestinienne n’a aucune chance de réaliser son potentiel sans lien entre ses deux parties territoriales [Cisjordanie et Gaza] – sans cela, des discussions sur la reconstruction ne sont pas réalistes. » L’UNRWA mentionne que, selon des sources, le gouvernement israélien retient environ 375  millions de $ d’impôts palestiniens [cette situation dure depuis trois mois ndlt]. 

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Directeur exécutif de l’ONG israélienne Gisha (Eitan Diamond)

Le 2 mars, le directeur exécutif de Gisha Eitan Diamond a rejoint Messieurs Krähenbühl et Serry dans un entretien à la radio de l’armée israélienne : « Les restrictions sur la libre circulation entre Gaza et la Cisjordanie créent une situation qui empêche la reconstruction. Aussi longtemps que ces restrictions sont en place, une économie viable n’est pas réaliste » a-t-il souligné. Pour M. Diamond, la stratégie israélienne de séparer les deux parties de la Palestine n’a pas du tout amélioré la sécurité de l’Etat d’Israël. 

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Un policier inspecte un bateau de pêcheur endommagé par des tirs de la marine israélienne, 3 janvier 2015 (photo par Abed Rahim Khatib / APA Images)

Toujours selon le rapport de l’UNRWA, l’armée israélienne a tiré chaque jour de cette semaine sur des Palestiniens près de la barrière (où ils essayent de planter et soigner leurs champs, ndlt) et sur des bateaux des pêcheurs [et sur des pêcheurs ndlt]. « La situation, » dit M. Diamond, «est vraiment terrible ».

17/10/2014

Il n’y a plus d’inégalité entre riches et pauvres à Gaza !

Sara Roy, fine connaisseuse de la bande de Gaza depuis plus de 30 ans, était l’invitée récente de la Fondation Heinrich Böll à Berlin où elle a livré son appréciation de la situation à Gaza après les 51 jours de bombardements israéliens de cet été. Elle avait déjà proposé une analyse percutante du « péril d’oublier Gaza » en juin 2009. Son intervention à Berlin est décrite sur le site de Qantara.de en anglais et en allemand. Ma traduction en français suit.

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« GAZA LOVES LIFE! » (Photo: Maurice Jacobsen pour son exhibition « We All Live in Gaza », Grand Rapids, Michigan, USA)

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08/10/2014

L’électricité d’abord

L’homme d’affaires américain-palestinien Sam Bahour est né à Youngstown, Ohio, où il a grandi et fait ses études universitaires. Il s’est établi en Cisjordanie lors des Accords d’Oslo quand la paix semblait promise à un proche lendemain. Il y travaille comme consultant tout en enseignant à l’Université de Bir Zeit. Pragmatique, il explique pourquoi les énormes problèmes d’approvisionnement de l’électricité pour la bande de Gaza ne sont pas inéluctables. Le règlement de cette question pourrait servir d’exemple à la conférence internationale des donateurs qui s’ouvre le 12 de ce mois au Caire. Sam Bahour publie ses idées dans un article en anglais publié sur la site du + 972 mag. Je le traduis ici. 

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Consultant Bahour

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09/08/2014

Mourir rapidement ou mourir lentement ?

L’IRIN (Service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies) a publié en anglais le témoignage d’un Gazaoui, Haytham Besaiso, qui a survécu aux attaques de ce dernier mois. Je le traduis ici. Haytham est ingénieur civil. Il a un Master en Science de l’Université de Manchester en Angleterre.

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Vue des bombardements depuis la fenêtre de Haytham (Photo : Haytham Besaiso/IRIN)

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03/08/2014

Du jamais vu : une guerre contre des civils

Martin Lejeune, qui serait le seul journaliste allemand actuellement dans la bande de Gaza, nous livre une tranche de sa vie ces derniers neuf jours de juillet 2014. Sa conclusion en titre de ce billet est claire. Il publie sur son blog http://martin-lejeune.tumblr.com/ en anglais. Je vous traduis un article publié sur le site du Mondoweiss le 2 août 2014  ici. Je travaille en écoutant les nouvelles du bombardement d’une troisième école de l’UNRWA à Beit Lahiya, tuant et blessant des civils qui y avaient pris refuge après avoir suivi les conseils de l’armée israélienne d’abandonner leurs maisons. 

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Martin Lejeune avec ses amis médecins à l’Hôpital de Shifa, Ville de Gaza, juillet 2014

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