19/04/2015

Avec un pinceau

Vivre au milieu de la dévastation inspire deux artistes pour un travail de mémoire.  Journaliste Rami Almeghari le raconte dans un article en anglais pour l’Electronic Intifada que je traduis ici.

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Elham al-Astal dédie son travail à la préservation de la mémoire des victimes à Gaza (photo par Shadi Alqarra)

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28/02/2015

Une nouvelle perspective juridique

 Le 22 février, « Diviser et vaincre » (« Divide and Conquer »), un rapport en anglais de 91 pages, fut publié par Al-Haq, organisation non-gouvernementale associée à la Commission internationale des Juristes à Genève, entre autres. Cet analyse met en lumière certaines graves violations du droit humanitaire par l’Etat d’Israël envers les résidents de la bande de Gaza l’été passé.

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Ce qui reste de la maison d’Um Fadi Al-Najjar à Khuza’a, 13 janvier 2015
« La guerre n’a pas détruit que nos maisons, elle a détruit nos vies. » Hussain, 19 ans (photo et citation de Ylenia Gostali, http://en.qantara.de/content/rebuilding-gaza-left-out-in-the-cold)

Je traduis ici le résumé de Divide and Conquer ». Le rapport intégral peut être consulté ici : http://www.alhaq.org/publications/publications-index/item/divide-and-conquer.

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08/12/2014

Trois mois après

Cette semaine des articles d’Haaretz et de Maan News annonçaient le début du déblayage des débris dans le quartier de Shujahiya. C’est grâce au gouvernement suédois que le travail a enfin pu commencer. À Shujahiya, il s’agit de 140'000 tonnes de débris. Dans la bande de Gaza, il y a environ 100'000 structures en ruines, beaucoup d’autres sont partiellement endommagées. La Suède se porte garant pour les 1'500 familles qui ont perdu leurs maisons.

Une initiative originale décrite par le journaliste Mohammed Othman contribue à la reconstruction. Je résume son article ici.

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La ville de Khuzua’a doit attendre son tour. 6 novembre 2014 : Le travail de récupération continue jour et nuit. (photo par Anne Paq / Activestills.org)

 

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17/10/2014

Il n’y a plus d’inégalité entre riches et pauvres à Gaza !

Sara Roy, fine connaisseuse de la bande de Gaza depuis plus de 30 ans, était l’invitée récente de la Fondation Heinrich Böll à Berlin où elle a livré son appréciation de la situation à Gaza après les 51 jours de bombardements israéliens de cet été. Elle avait déjà proposé une analyse percutante du « péril d’oublier Gaza » en juin 2009. Son intervention à Berlin est décrite sur le site de Qantara.de en anglais et en allemand. Ma traduction en français suit.

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« GAZA LOVES LIFE! » (Photo: Maurice Jacobsen pour son exhibition « We All Live in Gaza », Grand Rapids, Michigan, USA)

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21/09/2014

Enfin, la rentrée !

 

Dans la bande de Gaza, l’école s’est ouverte avec deux semaines de retard, le dimanche 14 septembre. Les assauts israéliens ont détruit ou endommagé 69% des écoles selon Connie Hackbarth du Centre des informations alternatives à Jérusalem. Dans ce contexte, Chris Gunness, porte-parole et directeur du soutien et des communications stratégiques de l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, témoigne de la situation des écoliers de Gaza. Il écrit en anglais. Je traduis ses propos ici.

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Des écoliers boivent du jus assis sur un mur de leur école endommagée à
Shujahiya dans la ville de Gaza le jour de la rentrée, 14 septembre 2014 (Photo par AP)

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11/09/2014

« C’était au-delà des mots »

Un entretien avec Dr Mona El-Farra, directrice des projets à Gaza pour le Middle East Children’s Alliance (MECA) aide à comprendre l’état d’esprit des gens ayant survécu aux horreurs des sept semaines de juillet et d’août. Journaliste, Nora Barrows-Friedman connaît Dr El-Farra depuis des années. Elle l’a interviewée pour le podcast hebdomadaire de l’Electronic Intifada, en anglais. Ci-dessous, je traduis le témoignage de cette doctoresse.

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Des enfants palestiniens regardent par une ouverture de leur maison endommagée, le 26 août, jour suivant la déclaration de cessez-le-feu (Ramadan El-Agha / APA images)

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13/07/2014

Ces nuits à Gaza ne portent pas conseil

Journaliste et blogueuse Abir Ayoub raconte sa nuit du 10 juillet dans la ville de Gaza pour le journal israélien Haaretz. Il semble qu’elle croie encore au pouvoir protecteur du droit international comme garde-fou en temps de guerre .  L’article est en anglais, ma traduction suit. 

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Une poupée parmi les débris d’une maison détruite par une frappe israélienne sur la ville de Gaza le 11 juillet 2014 (AFP)

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05/03/2010

« Loin des yeux du monde »

Des histoires de gens ordinaires, des personnes sans importance dont la vie est boulversée par des évènements qui échappent à leur contrôle, voici le sujet des derniers articles d’Eva Bartlett. Il n’est pas question des tremblements de terre, mais des catastrophes sciemment planifiées et exécutées par des êtres humains. Dans l’article suivant, en anglais dans sa version originale, il s’agit de trois maisons et une ferme qui ont échappé à l’Opération Plomb Durci.

 

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le chemin aux terres dévastées

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09:57 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : armée israélienne, gaza, paysans, bulldozer, olives, arbres, destruction | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

30/05/2008

Dix-huit années de travail détruites en moins de quatre heures

Ces jours-ci, les media nous racontent les tragédies des catastrophes naturelles en Birmanie et en Chine. Il est particulièrement douloureux d’apprendre qu’au même moment des hommes orchestrent intentionnellement des tragédies contre d’autres hommes qui n’ont rien à se blâmer. Combien est-ce facile de détruire, combien plus difficile de construire et de nourrir la vie! C’est pourtant le défi le plus noble et l’action le plus satisfaisante que l’on puisse imaginer.

Je vous propose encore une histoire de destruction délibérée, gratuite, illégale, qui sort largement du cahier des charges de cette armée qui se vante régulièrement de ne faire que se défendre. Ceci dans le contexte d’une pénurie grave de nourriture dans la bande de Gaza. L’original se trouve en anglais à : www.pchrgaza.org.

« Dix-huit années de travail détruites en moins de quatre heures

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   ‘Maintenant il ne nous reste rien !’ (photo PCHR)

‘Nasser Jaber a mis 18 ans pour développer sa ferme d’élevage de poules dans le sud de la bande de Gaza. Il y a deux semaines, l’armée israélienne a rasé la ferme à l’aide de bulldozers, tuant 40'000 poules et décimant son entreprise.’

‘Ils sont venus à quatre heures du matin, avec deux bulldozers, et ils sont partis avant huit heures. Mes trois frères et moi, nous sommes les propriétaires de cette ferme. Nous avons travaillé nuit et jour pendant dix-huit ans pour consolider notre entreprise. Les israéliens ont tout détruit en moins de quatre heures.’

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Nasser Jaber (photo PCHR)

 

L’armée israélienne a détruit la ferme de Nasser Jaber par bulldozer tôt le matin du 16 mai, pendant qu’il dormait chez lui à Rafah, au sud de la bande de Gaza.  Il est toujours sous le choc. D’un air las, il nous guide dans les ruines de son entreprise. ‘C’était le travail d’une vie pour moi et mes frères’ dit-il pendant que nous nous frayons un chemin parmi les grabats, des fils, des feuilles de tôle fracassées et des milliers de poules en état de décomposition. ‘Je n’ai jamais fait parti d’aucun groupe politique, et je n’ai jamais fait de prison. Je ne sais pas pourquoi ils l’ont fait.’ Tous les ouvriers qui débarrassent les décombres portent des masques de protection. Il y a quarante mille poules mortes écrasées parmi les ruines, et l’odeur est nauséabonde. 

Lorsque ses ouvriers l’ont réveillé pour lui apprendre qu’on détruisait sa ferme à l’aide de bulldozers, Nasser Jaber n’a pas couru à sa ferme. Il est resté chez lui jusqu’à ce que les israéliens soient enfin partis.  ‘Cela aurait été trop dangereux de s’approcher de la ferme pendant qu’ils démolissaient tout,’ dit-il. ‘Ce n’est pas la première fois que les israéliens sont passés par ici. La frontière (avec Israël) n’est qu’à deux kilomètres et demi, et ils font une incursion dans les parages tous les mois. Ils avaient détruit un de nos murs, et puis, nos réservoirs d’eau. Mais rien en comparaison avec ceci. ‘Une seule partie de la ferme est épargnée: une grange avec 9'000 poules, mais les bêtes sont traumatisées et pondent peu. Avant, la ferme produisait 45'000 œufs par jour ; maintenant, il n’y a plus que 2'000 œufs par jour, et Nasser Jaber craint un retour de l’armée israélienne pour raser ce qui reste de sa ferme. Selon ses calculs, lui et ses frères ont perdu ensemble plus d’un million de dollars.

‘Je suis un paysan tranquille.’, dit-il, ‘mais ils détruisent nos maisons, nos terres – tout.’

Pas loin de la ferme, le responsable des Relations Publiques du PCHR à Khan Younis, Abdel Halim Abu Samra, affirme que l’armée israélienne est en train de systématiquement détruire les terres agricoles de la bande de Gaza, surtout le long des frontières. ‘Nous avons une bonne terre fertile à Gaza, mais les paysans ont été chassés de leur terres dans ces régions près de la frontière par des harcèlements et des attaques comme celle-ci. Aujourd’hui, les terrains sont presque vides avant la frontière, à l’est, parce qu’il est trop dangereux d’y vivre ou d’y travailler.’

Sur la route qui mène au passage de Sufa (un des huit passages entre Gaza et Israël) au nord-est, nous ne rencontrons que peu de monde, parfois un vieux monsieur qui conduit un âne et un chariot. Ces régions rurales à l’est de la bande de Gaza se vident des paysans qui ont travaillé la terre depuis des générations : ils ont trop peur de vivre et de travailler sur leur propres terrains. Les implacables incursions israéliennes sont en train de réduire continuellement les espaces resserrés de la bande de Gaza, qui mesure quarante kilomètres de long et dix kilomètres de large.

Selon la loi international des droits humains, y compris la Quatrième Convention de Genève (articles 33 et 53), toute destruction délibérée de propriété civile est illégale. Depuis le début de la deuxième intifada en septembre 2000, le PCHR a documenté la destruction délibérée de plus que 40'000 dunums de terre agricole dans la bande de Gaza (1 dunum = environ 1'000 mètres carrés). Seulement cette année, les militaires israéliens ont rasé quelques 3'000 dunums de terrains cultivés autour de Khan Younis et Rafah. (dont 500 la semaine dernière). Les actions de l’armée israélienne ont décimé des terrains où poussaient des légumes dans des propriétés familiales, exacerbant ainsi la dévastation économique de la bande de Gaza.                                                          

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l’usine de ciment de Mohammed Abou Daggah (photo PCHR)

A quinze kilomètres de ce qui reste de la ferme de poules de Nasser Jaber, Mohammed Hamdan Abou Duggah reste debout au milieu des ruines de son usine de ciment. L’usine se trouvait à quatre kilomètres du passage de Sufa. L’armée israélienne l’a rasé à l’aide d’un bulldozer, le 24 mai. ‘J’ai commencé cette entreprise en janvier 2007’, dit-il. ‘Ma famille a tout investi dans cette usine. Nous avons pu importé du matériel de qualité avec un permis, et nous avions beaucoup de travail pour les gens ici et des Nations Unies à Gaza. Mais, il y a trois jours, les israéliens sont arrivés avec trois bulldozers, et ils ont tout arraché.’ L’usine employait quarante hommes du pays qui se trouvent maintenant sans gagne-pain. Abou Duggah n’a pas d’idée pourquoi son usine était ciblée : ‘Je n’ai jamais causé de problème, et je n’ai jamais été arrêté. Il n’y avait absolument aucune raison pour qu’ils le fassent – mais maintenant., il ne nous reste rien, sauf de lourdes dettes que nous ne pouvons pas payer.’ »

     

 

 

11:45 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, armée israélienne, destruction, poules, ciment | Lien permanent | Commentaires (46) | |  Facebook | | | |