20/09/2018

« L’esprit de notre temps »

Il y a des Gazaouis qui lisent + 972 Magazine ! Le refus du service militaire de Hilel Garmi (voir mon blog du 11 septembre) a suscité une réponse du pacifiste de Gaza Ahmed Abou Artema sur le même site. Cette réponse, rédigée en arabe, a été traduite en hébreu et publiée dans Local Call. Elle a paru ensuite en anglais dans + 972, et c’est ce texte dont je vous livre ici la traduction. Que c’est beau, cette danse des langues et surtout ces affirmations de valeurs et d’espoirs réciproques !

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Ahmed Abou Artema et Hilel Garmi : les précurseurs d’un changement de paradigme (photo Local Call)

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13/04/2018

Les yeux dans les yeux

Pourquoi maintenant ? Jean-Pierre Filiou dans son Histoire de Gaza explique l’urgence : « La paix entre Israël et Palestine ne prendra de sens et de substance qu’à Gaza, elle en sera la pierre de touche comme la pierre de voûte. » Amir Rotem l’a compris. Il est directeur du Département publique à Gisha, une organisation israélienne non-gouvernementale qui promet les droits humains, notamment la liberté de circuler, particulièrement pour les résidents de Gaza. Rotem vient d’écrire un article qui est apparu en hébreu sur Local Call, traduit en anglais sur + 972 mag, afin de mettre la Grande Marche populaire, qui se passe en ce moment le long de la frontière entre Gaza et Israël, en perspective. Je traduis ici ses propos en français. 

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Une femme palestinienne manifeste contre le blocus ou la fermeture de la bande de Gaza, qui dure depuis 11 ans, devant les bureaux d’UNESCO, ville de Gaza, 13 mars 2018 (Mahmoud Ajour / APA images)

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02/02/2018

Deux millions d’âmes perdues

Professeur de français à Gaza, Ziad Medoukh forme des futurs enseignants et amène ses étudiants à découvrir les gens ordinaires de leur petit enclave. Il essaye d’améliorer leurs compétences et ouvre leurs yeux aux réalités du monde extérieur en invitant des visiteurs enseignants, médecins et écrivains à s’adresser à ses étudiants, à les aider à se former et à répondre à leurs questions. Ayant organisé plusieurs échanges avec des étudiants en France par le passé, il écrit au monde, maintenant fermé à ses élèves, en espérant que sa voix non-violente se fera entendre.

Son E-mail de ce matin constate que tout ceci semble être vain. Face aux entraves d’Israël, aux négligences de l’Autorité palestinienne et au refus de l’Union européenne de s’adresser aux racines du mal, cet énorme mal fait aux habitants civils de Gaza, les gazaouis se sentent oubliés et condamnés.

Je vous livre ici, une partie de ses réflexions pour que vous puissiez vous faire votre propre idée.

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Les étages de l’hôpital Al-Shifa, l’équivalent des HUG ou du CHUV, montrent le manque sévère de médicaments. Ce lundi,
un hôpital a dû fermer ses portes, faute de fuel.

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17/04/2015

L’élan extraordinaire de la jeunesse

Pendant les huit années du blocus israélien sur la bande de Gaza 400'000 enfants sont nés. Ces jeunes enfants et les adolescents vivent avec comme seule mémoire la privation totale de leurs droits élémentaires : pas de possibilité de voir leur famille en Cisjordanie ou à l’étranger ou avoir leurs visites, donc sans pouvoir embrasser leurs grands-parents ou jouer avec leurs cousins ; peu de chances d’étudier comme ils auraient choisi, donc pas une possibilité de faire des projets de vie. Ils ont besoin de gagner de l’argent pour une famille dont le père est au chômage forcé face à un marché de travail saturé (presque la moitié de la population dépend de l’aide alimentaire internationale). Les jeunes subissent la violence de l’occupation israélienne et même des trois attaques féroces depuis 2008 comme une fatalité qu’ils ne peuvent pas changer. Ils vivent avec. Il est difficile de se mettre à leur place : comment sauter les obstacles énormes qui se dressent dans leur chemin ? Comment refuser la violence quotidienne dont ils sont les témoins ? Un article en anglais et des photos offrent un regard sur le monde des jeunes de Gaza qui, envers et contre tout, cultivent l’espoir. Je traduis l’article – les photos parlent d’elles-mêmes !

parkour_activestills20.jpgDans une rue principale de la ville de Gaza (photo par Basel Yazouri)

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13/02/2015

Danser la vie

Tu es jeune. Tu es Palestinien de Gaza. La vie ne te tient aucune promesse. Autour de toi, tu ne vois que les restes d’une guerre à laquelle tu as survécu, pour la troisième fois dans cinq ans. Tu vois beaucoup de misère. Tu n’y es pour rien. Tu n’y peux rien. Que faire ?

Alors, tu fonces. Tu choisis la vie sur la mort, l’espoir sur la déprime noire. Tu oses imaginer la vie au milieu des ruines de la guerre. Tu refuses la violence, la haine et le désespoir. Tu invoques la joie, la vie et la beauté. Tu danses ! Tu filmes ! Tu transmets !

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C’est cela, le choix de l’équipe Camp Breakerz qui font du breakdance depuis dix ans. Ces jeunes ont créé une Académie des arts dans le camp de réfugiés de Nuseirat au milieu de la bande de Gaza en 2012. Ils dansent en ce moment sur Youtube, pour une cause : ils veulent créer une deuxième école de breakdance au nord de la bande de Gaza dans une région particulièrement dévastée par les bombardements de l’été passé. Un article de L’Agence Média Palestine (traduit par Julie V.) raconte les détails de ce projet.

Ces jeunes se donnent corps et âme pour faire passer leur message – oui à la vie ! Ils défient toute personne qui désespère, qui condamne ou qui, depuis son fauteuil confortable, se résigne à l’inévitabilité d’une prochaine guerre. Nous leur souhaitons plein de succès.

28/01/2014

Deux mères veulent la réconciliation

On guette des signes d’espoir dans la bande de Gaza sous blocus depuis bientôt sept ans. Hier, 27 janvier, le Premier Ministre du gouvernement du Hamas Ismail Haniyeh a invité 120 membres du parti Fatah, bannis de la bande de Gaza en 2007, à revenir. A son avis, il faut de tels gestes concrets pour accélérer une vraie réconciliation. Peu de temps avant, Rami Almeghari parlait avec deux femmes exemplaires dans un article en anglais publié sur l’Electronic Intifada. En voici ma traduction. 

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 Manifestation des femmes à Gaza pour la fin des conflits Fatah-Hamas, 15 mars 2011 (Photo Hosam Salem pour Demotix)

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