25/07/2018

Le Quatorze Juillet à Gaza

A Genève, c’était la Belgique contre l’Angleterre. Le temps n’était pas meilleur pour la fête du quatorze juillet. Le long de la frontière avec Gaza, le soldat israélien Aviv Levi, 21 ans, fut abattu par des tirs. C’était la première issue fatale israélienne. (Depuis le 31 mars, on compte 142 morts et plus de 16'000 blessés Palestiniens.) En représailles, l’armée israélienne a bombardé une soixantaine d’immeubles liés, selon elle, au Hamas. Un de ces immeubles à la place Katiba, un parc dans la ville de Gaza, était vide – presque.

Deux amis inséparables de 15 et 16 ans qui se trouvaient sur le toit de l’immeuble abandonné ont rejoint le sergent Levi dans l’au-delà. Quel gâchis ! Selon le dictionnaire online, Aviv veut dire « printemps » ou « jeune ». Amir veut dire « prince », Luay, « perle ». Les trois familles et beaucoup de jeunes amis sont en grand deuil.

Un écrivain palestinien de 23 ans raconte en anglais le contexte de la courte vie d’Amir et Luay. Je traduis ces propos ici. Il faudrait qu’un ami d’Aviv prenne la plume également. La mort de ces jeunes pèse. Lourdement. La plupart des morts gazaouis de la Grande Marche du Retour sont des hommes, dont la plupart ont le même âge que les soldats qui tirent sur eux. Que les armes cessent de parler à la place des gens !

quatorze, Gaza, frontière, soldat israélien, morts, blessés, armée israélienne, Katiba, Grande Marche du Retour, avions israéliens, chaleur, Mondial, bombardements , plage, polllution, électricité

Un ami d’Amir et Luay endeuillé à Gaza (Al Jazeera)

 

Lire la suite

27/06/2018

Vivre ensemble : des citoyens israéliens persistent et signent

Depuis le 7 juin, des groupes d’Israéliens ont manifesté de différentes manières leur désaccord avec les actions récentes de leur armée à Gaza. Le 13 juin, l’Assemblée Générale des Nations Unies a passé une résolution condamnant « l’utilisation de force excessive » contre les civils palestiniens de Gaza. Cent trente-cinq morts – en majorité des jeunes, y compris une fille de 14 ans -  et des milliers de blessés, parmi eux beaucoup de cas graves de balles explosives qui rend l’amputation ou de nombreuses opérations consécutives nécessaires – sont le bilan des manifestations hebdomadaires de la Grande Marche de Retour. Le personnel médical signale également l’utilisation d’un gaz lacrymogène inconnu qui cause des convulsions. Oren Ziv, photojournaliste du collectif Activestills, a décrit en anglais une action à la barrière de séparation entre Israël et la bande de Gaza le 26 juin. Je traduis ses propos

 

Israéliens, armée, Gaza, Assemblée Générale, Nations Unies, civils palestiniens, force excessive, morts, blessés, balles exlosives, manifestations, Grande marche de Retour, gaz lacrymogène, Activestills, barrière, Israël, bande de Gaza, photos, barbelés, société civile palestinienne, crise, enfants, travailleurs médicaux, journalistes, handicapés, solidarité, liberté. justice, mémoire, message, occupation, siège, lutte, sacrifice, vivre ensemble, soldats, activistes

Hussein Madi, qui aurait eu 14 ans le 9 avril, a été tué par une balle dans le cœur trois jours avant son anniversaire, fêté ici symboliquement. (photo Ashraf Amra / APA images)

Lire la suite

15/06/2018

Dans les coulisses

Mohammed Arafat ne se laisse rattraper facilement sur le site We Are Not Numbers (WANN) – on peut choisir entre trois différents articles rédigés en une semaine !  La maîtrise de l’anglais de ce diplômé de l’Université Islamique de Gaza est vaste et sensible. En cliquant sur son blog https://moharafat.wordpress.com/, on découvre une quantité dense d’articles et de poèmes écrits depuis mai 2016. Arafat publie sur bien d’autres sites. Son choix de publier sur WANN est important : il a 25 ans, son écriture est un exemple parmi d’autres articles par ses collègues. Ces jeunes Palestiniens offrent un aperçu frais sur la situation dans la bande de Gaza ce jour d’Eid 2018. Je traduis un des derniers écrits d’Arafat. Il nous dévoile l’essentiel de la pauvreté grimpante dans la bande de Gaza à travers des rencontres personnelles. C’est le contexte dans lequel la Grande Marche de Retour continue envers et contre tout.

We Are Not Numbers, bande de Gaza, pauvreté, Grande Marche de Retour, frontière, Israël, dangers, manifestation, manifestants, morts, blessés, tireurs d'élite israéliens, fumée, vendeurs ambulants, Autorité palestinienne, salaires, chômage, travail, études, soldats, gaz lacrymogène

Un garçon sur les lieux de la Grande Marche ramasse des déchets de recyclage à revendre (photo de Mohammed Arafat)

Lire la suite

31/05/2018

Rien n’est plus comme avant

Douze enfants (tenant peut-être à la main des cailloux ou de petits drapeaux ou encore un cerf-volant ou qui, simplement, couraient), deux journalistes (appareil de photo entre leurs mains) et un auxiliaire de santé en train de secourait des blessés : des soldats israéliens ont choisi de mettre fin à leurs vies. Pourquoi ceux-là ? Ils font partie des 121 morts et près de 14,000 blessés de la Grande Marche de Retour. Selon quels critères les militaires visent-ils ? Et comment, mais comment, des tireurs de l’élite de l‘armée israélienne continuent-ils à vivre avec le souvenir de ce qu’ils ont fait aux vivants et aux morts ?

Le Haut-Commissaire des Droits Humains Zeid Ra’ad Al Hussein a bien posé la question : « Que deviens-tu lorsque tu tires avec l’intention de tuer sur quelqu’un sans aucune défense qui ne te pose aucune menace immédiate ? » Un acte pareil ne sert ni à défendre son pays ni à protéger la frontière. Pour les proches des victimes, il reste « l’après ». Une journaliste de Gaza nous fait rentrer dans l’intimité des familles en deuil qui ne comprennent pas. Son article récent pour l’Electronic Intifada est en anglais. Je le traduis ici en français.

journalistes, auxiliaire de santé, Grande Marche de Retour, militaires, tireurs de l'élite, armée israélienne, morts, blessés, deuil, Haut Commissaire des Droits Humains, Ramadan, Gaza, Israël, bande de Gaza, massacre du 14 mai, gilet orange,barrière, familles, blocus, Autorité palestinienne, salaires des fonctionnaires, manifestants non-armés, perte, douleur

Un garçon palestinien avec un cerf-volant près de la frontière à l’est de la ville de Gaza, 18 avril 2018 (photo : Yasser Qudih / APA images)

Lire la suite

13/04/2018

Les yeux dans les yeux

Pourquoi maintenant ? Jean-Pierre Filiou dans son Histoire de Gaza explique l’urgence : « La paix entre Israël et Palestine ne prendra de sens et de substance qu’à Gaza, elle en sera la pierre de touche comme la pierre de voûte. » Amir Rotem l’a compris. Il est directeur du Département publique à Gisha, une organisation israélienne non-gouvernementale qui promet les droits humains, notamment la liberté de circuler, particulièrement pour les résidents de Gaza. Rotem vient d’écrire un article qui est apparu en hébreu sur Local Call, traduit en anglais sur + 972 mag, afin de mettre la Grande Marche populaire, qui se passe en ce moment le long de la frontière entre Gaza et Israël, en perspective. Je traduis ici ses propos en français. 

Gaza, Palestine, Israël, Gisha Grande Marche, blocus, fermeture, bande de Gaza, forces armées. Israéliens, Palestiniens, morts, blessés, électricité, eau, chômage, Hamas, passage de Rafah, Egypte, communnauté internationale, reconstruction, infrastructure, espoir, vie, droits

Une femme palestinienne manifeste contre le blocus ou la fermeture de la bande de Gaza, qui dure depuis 11 ans, devant les bureaux d’UNESCO, ville de Gaza, 13 mars 2018 (Mahmoud Ajour / APA images)

Lire la suite

05/04/2018

Non-violence : de la résistance efficace ?

Quand des milliers de personnes de tout âge, femmes et hommes, à Gaza, décident d’une « Longue Marche » pacifique le long de leur frontière avec Israël, c’est une question d’envie populaire qui dépasse complètement n’importe organisation. C’est la population civile qui anime les villages de tentes et les manifestations, les danses et les chants, ce vendredi 30 mars. Elle appelle à manifester pour pouvoir rester sur la terre, à résister à toutes les entraves de l’occupation israélienne et le blocus infligée sur la bande de Gaza depuis 11 ans.

Ce projet de non-violence est mis à rude épreuve juste au début des manifestations : l’armée israélienne a tiré sur un agriculteur sur ses terres trop près de la frontière à son goût. Il meurt. La marche pacifique s’est agitée par quelques jets de pierres et de cocktails Molotov lancés par une petite minorité. Mais les gens se sont rassemblés pour marcher pacifiquement. Ils avancent, forts de n’avoir rien à perdre. Pas une seule personne n’a transgressé la frontière interdite mais les snipers israéliens ont tiré – beaucoup de balles réelles - dans les têtes, dans la poitrine, dans le ventre, dans les jambes. Des individus sans aucune arme meurent : dix-huit à ce jour, 1'400 blessés – les blessures béantes des balles explosives posent problème aux médecins. (À lire, l’article de Piotr Smolar dans Le Monde du 4 avril : « Retour sur une répression meurtrière à Gaza.»)

            Quel est le sens de cette confrontation ? Pourquoi cette envie de marcher pacifiquement, s’exposant ainsi à des risques sous le gaz lacrymogène et les tirs pour mettre en lumière une situation que le monde a choisi d’ignorer ? Un article en anglais dans le journal israélien Haaretz répond à la question. J’en restitue l’essentiel ici en français.

non-violence, Gaza, Longue Marche, frontière, Israël, bande de Gaza, blocus, occupation, terre, civils, marcher, snipers, balles réelles, risques, tirs, Journée de la Terre, réfugiés, asymétrie, morts, blessés, Hamas, armée israélienne

Manifestants palestiniens à l’est de Khan Younis, 31 mars, 2018 (SAID KHATIB / AFP)

Lire la suite

17/10/2015

Devant le mur de Gaza

Un communiqué (que je traduis ici de l'anglais) accompagné de plusieurs photos du Mouvement pour la solidarité internationale (ISM) décrit les manifestations à Gaza hier. C’est évident que les jeunes manifestants ne pouvaient en aucune manière dépasser le mur entre Israël et la Palestine. On se demande alors pourquoi l’armée israélienne persiste à tirer, à blesser et à tuer. 

Gaza, manifestations, morts, blessés, personnel paramédical. armée israélienne, ISM
Devant le mur : un manifestant considéré comme une menace (photo ISM)

Lire la suite

12/10/2015

Le quartier d’Al-Zeitoun porte le noir

Il y a peu de temps, Al-Zaytoun donnait l’exemple à la ville de Gaza en affichant des couleurs de l’espoir. Aujourd’hui, Zaytoun est dans le noir le plus écrasant. Une frappe aérienne israélienne, la première depuis la fin de la guerre de l’été 2014, y a dévasté une famille innocente dimanche 11 octobre 2015. Un article de Maan News en anglais raconte. Nous le résumons ici.

Ville de Gaza, Bande de Gaza, Al-Zeitoun, frappe aérienne israélienne, famille, maison, armée israélienne, morts, Khan Younis, rocquette
Yahya embrasse le corps de sa fille Rahaf que l’on vient enterrer (photo AFP)

Lire la suite

11/09/2014

« C’était au-delà des mots »

Un entretien avec Dr Mona El-Farra, directrice des projets à Gaza pour le Middle East Children’s Alliance (MECA) aide à comprendre l’état d’esprit des gens ayant survécu aux horreurs des sept semaines de juillet et d’août. Journaliste, Nora Barrows-Friedman connaît Dr El-Farra depuis des années. Elle l’a interviewée pour le podcast hebdomadaire de l’Electronic Intifada, en anglais. Ci-dessous, je traduis le témoignage de cette doctoresse.

Gaza, MECA, cessez-le-feu, enfants, traumatismes, fenêtres, appartements, immeubles, attaques, choc, destruction, blocus, eau, électricité, catastrophe, adolescents, blessés, morts, sécurité, Israël, résistance, armée, crimes de guerre, génocide, maisons, insécurité, tirs, santé mentale
Des enfants palestiniens regardent par une ouverture de leur maison endommagée, le 26 août, jour suivant la déclaration de cessez-le-feu (Ramadan El-Agha / APA images)

Lire la suite

28/07/2014

En attendant Godot

Journaliste Rami Almeghari persévère en communiquant la vie des gens ordinaires de la bande de Gaza. Son dernier article publié sur l’Electronic Intifada est rédigé en anglais. Je le traduis ici.

Bande de Gaza, Beit Hanoun, ékectricité, attaques, morts, eau, générateur, bombardement israélien, UNRWA, hôpital, Ramadan, Jérusalem, Erez
Une famille de Beit Hanoun au nord de la bande de Gaza trouve refuge dans un magasin du quartier avoisinant Jabalia, 24 juillet 2013 (Anne Paq / ActiveStills)

Lire la suite