11/11/2018

Les petites gens de Gaza

Un simple citoyen de Gaza a longuement mûri l’idée de la non-violence comme force capable de changer la vie du peuple palestinien soumis à la violence de l’occupation là où il habite. La Grande Marche du Retour s’est mise en branle et Ahmed Abou Artema a constaté que son idée d’une marche pacifique prenait des dimensions insoupçonnées en réponse aux espoirs et aux besoins divers de ses concitoyens. Selon toutes les apparences, les gens ordinaires de Gaza ont saisi cette possibilité d’exprimer leurs aspirations à une vie normale, se mettant physiquement en route une fois par semaine depuis le 30 mars. On peut critiquer les cerfs-volants qui mettent le feu aux terres situées de l’autre côté de la barrière en Israël, on peut dire que ceux qui essaient de couper les fils de la barrière constituent un danger existentiel pour les Israéliens, si vraiment on le croit. De toute manière, l’armée est là pour tuer, pour estropier, pour envoyer des cannettes de gaz lacrymogène contre des gens simples « armés » de drapeaux et de frondes et surtout d’une rage contre leur condamnation injuste et intolérable à une vie qui n’en est pas une.

Les tués (117) et les blessés (9'353 – statistiques du PCHR) semaine après semaine face aux armes mortelles d’une armée qui se croit en droit de légitime défense ont protesté contre une vie misérable, en cage. Les Palestiniens de Gaza sont en train d’envoyer un message au monde en usant du seul moyen qu’ils peuvent imaginer. L’histoire d’un jeune parmi des milliers d’autres illustre bien leur détermination. L’article a paru récemment sur Mondoweiss en anglais. Je le traduis en français ici.

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Des manifestants se protègent du gaz lacrymogène lancé par l‘armée israélienne le 15 mai 2018 (Photo : Ashraf Amra /APA images)

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06/07/2018

Une affaire de famille

C’est une famille de femmes dont il s’agit. Et encore, des femmes palestiniennes et israéliennes, juives et arabes, qui se sont unies en faisant parler leurs corps et leurs voix le 3 juillet 2018. L’histoire est d’abord parue sur Al Monitor : « Des milliers de femmes palestiniennes se rassemblent le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza ». Ensuite, le 4 juillet, Meron Rapoport dans + 972 mag : « Des femmes palestiniennes organisent la toute dernière marche le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza ». Puis, on en trouve la trace dans le journal israélien Haaretz : « Des femmes israéliennes se rassemblent de l’autre côté de la frontière en solidarité avec la marche des femmes de Gaza ». Le 3 juillet, pour la première fois depuis le début de la Grande Marche du Retour le 31 mars, les femmes de Gaza ont organisé une marche le long de la frontière avec Israël, en s’approchant jusqu’à 50 mètres de la barrière. L’armée israélienne a utilisé des cannettes des bombes lacrymogène et des grenades de fumée pour les disperser. Selon le Ministre de Santé à Gaza, les services médicaux ont dû prendre en charge 124 personnes, dont 17 blessées par balle. Pendant la marche, les activistes israéliennes ont communiqué avec leurs sœurs palestiniennes. Elles refusent les barrières matérielles, linguistiques et politiques. Leur histoire est publiée en anglais. Je résume ici leurs propos en français.

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Manifestantes palestiniennes le long de la frontière le 3 juillet 2018 (Mohammad Za-‘anoun / Activestills.org) (Za-‘anoun a été blessé à une distance de 600 mètres de la barrière.)

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05/04/2018

Non-violence : de la résistance efficace ?

Quand des milliers de personnes de tout âge, femmes et hommes, à Gaza, décident d’une « Longue Marche » pacifique le long de leur frontière avec Israël, c’est une question d’envie populaire qui dépasse complètement n’importe organisation. C’est la population civile qui anime les villages de tentes et les manifestations, les danses et les chants, ce vendredi 30 mars. Elle appelle à manifester pour pouvoir rester sur la terre, à résister à toutes les entraves de l’occupation israélienne et le blocus infligée sur la bande de Gaza depuis 11 ans.

Ce projet de non-violence est mis à rude épreuve juste au début des manifestations : l’armée israélienne a tiré sur un agriculteur sur ses terres trop près de la frontière à son goût. Il meurt. La marche pacifique s’est agitée par quelques jets de pierres et de cocktails Molotov lancés par une petite minorité. Mais les gens se sont rassemblés pour marcher pacifiquement. Ils avancent, forts de n’avoir rien à perdre. Pas une seule personne n’a transgressé la frontière interdite mais les snipers israéliens ont tiré – beaucoup de balles réelles - dans les têtes, dans la poitrine, dans le ventre, dans les jambes. Des individus sans aucune arme meurent : dix-huit à ce jour, 1'400 blessés – les blessures béantes des balles explosives posent problème aux médecins. (À lire, l’article de Piotr Smolar dans Le Monde du 4 avril : « Retour sur une répression meurtrière à Gaza.»)

            Quel est le sens de cette confrontation ? Pourquoi cette envie de marcher pacifiquement, s’exposant ainsi à des risques sous le gaz lacrymogène et les tirs pour mettre en lumière une situation que le monde a choisi d’ignorer ? Un article en anglais dans le journal israélien Haaretz répond à la question. J’en restitue l’essentiel ici en français.

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Manifestants palestiniens à l’est de Khan Younis, 31 mars, 2018 (SAID KHATIB / AFP)

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05/01/2013

Toutes les oreilles sont-elles sourdes ?

Autrefois, les kibboutz ruraux étaient l’âme et la conscience même de l’Etat d’Israël. En ce moment, le kibboutz urbain de Sderot, voisin proche de Gaza, somme le gouvernement israélien de changer sa politique envers la bande de Gaza. Nomika Zion a publié une éloquente lettre en hébreu sur Internet durant les bombardements de novembre 2012. La traduction anglaise apparaît dans le New York Review of Books du 10 janvier 2013. Voici la traduction de cette lettre que Mme Zion adresse à Benjamin Netanyahou avec une introduction d’Avishai Margalit de Sderot. Elle date du 22 novembre 2012.

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28/12/2010

Manifestation à bicyclette pour Gaza : liberté d’expression bafouée à Tel Aviv

Pour avoir protesté à Tel Aviv, en janvier 2008, contre le blocus sur la bande de Gaza de façon non-violente, Jonatan Pollak ira le 11 janvier en prison. Ha’aretz et l’Electronic Intifada racontent le procès de ce jeune de 28 ans qui s’implique depuis longtemps pour une juste paix en Palestine/Israël. Je me rappelle ce grand garçon calme et courtois le 28 décembre 2002 dans le village de Habla près de Jayyous. Jonatan est resté toute une nuit à discuter avec des jeunes palestiniens qui n’avaient jamais rencontré un israélien auparavant. La plupart d’entre nous dormions. Cette nuit précédait la manifestation pacifique en protestation contre la construction du mur à Jayyous.

 

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 Jonatan (à droite) et Rabbi Arik Ascherman des Rabbis for Human Rights à Atil, Tulkarem, janvier 2003 dans une protestation contre le mur (Photo : Marty Federman)

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17/04/2010

Soutien non-violent aux paysans

La situation des paysans de Gaza reste dramatiquement précaire. Les instances internationales gardent le silence. Eva Bartlett accompagne ces fermiers qui luttent pour leur survie avec, comme tactique, la non-violence.

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11:05 Publié dans Conditions pour la paix | Tags : gaza, armée israélienne, zone tampon, paysan, récoltes, non-violence | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

30/03/2010

Le droit de protester contre l’injustice – une valeur universelle

La commémoration de la fusillade du 9 novembre 1932 sur la plaine de Plainpalais a son équivalent dans l’histoire palestinienne. Aujourd’hui, c’est la Journée de la Terre : ce jour-ci, en 1976, six palestiniens étaient tués dans une manifestation non-violente contre la confiscation des terres dans le Néguev. Ce jour marque le début d’une résistance pacifique palestinienne. Une banderole dans les rues de Genève posée aujourd’hui annonce une action dans le même esprit.

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 Une femme à Gaza peint une fresque murale à l’occasion de la Journée de la Terre le 30 mars 2010. (Maan Images/Wissam Nassar)

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