03/01/2019

Les précurseurs

Les deux derniers vendredis du mois de décembre, l’armée israélienne a continué à tirer contre des manifestants le long de la frontière de Gaza. Le 21 décembre, trois personnes (dont un enfant et une personne à mobilité réduite) ont été tuées et 115 blessées (dont 21 enfants, 2 femmes, 2 journalistes et 3 auxiliaires médicaux). Le 28 décembre, 40e jour de la Grande Marche du Retour, le 28 décembre, une personne à mobilité réduite a été tuée par balle et 18 autres blessés, dont 4 enfants et 2 travailleurs médicaux.

 Puis, le jour du 21, 45 manifestants israéliens se sont postés près de la barrière avec Gaza ; malgré l’arrivée des soldats, ils ont pu s’entretenir avec Sabrine al-Najjar, la mère de Razan al-Najjar, tuée par les militaires pendant qu’elle secourait un blessé. Mme al-Najjar travaille comme auxiliaire de santé pendant les manifestations depuis que sa fille a été tuée. L’élan de solidarité s’accroît : le 19 décembre au Hagada HaSmalit à Tel Aviv, des Israéliens qui refusent le service militaire ont discuté avec un des initiateurs de la Grande Marche du Retour, Ahmed Abou Artema. Ils sont tous jeunes, environ du même âge que la plupart des 177 Palestiniens tués à Gaza  depuis le début des manifestations en mars 2018. The Winds of Change commencent-ils à souffler ? C’est ce que fait espérer le tout récent article de + 972 mag, traduit par mes soins :

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Le Père Noël offre une fleur à un manifestant lors de la Grande Marche du Retour, le 21 décembre 2018

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27/06/2018

Vivre ensemble : des citoyens israéliens persistent et signent

Depuis le 7 juin, des groupes d’Israéliens ont manifesté de différentes manières leur désaccord avec les actions récentes de leur armée à Gaza. Le 13 juin, l’Assemblée Générale des Nations Unies a passé une résolution condamnant « l’utilisation de force excessive » contre les civils palestiniens de Gaza. Cent trente-cinq morts – en majorité des jeunes, y compris une fille de 14 ans -  et des milliers de blessés, parmi eux beaucoup de cas graves de balles explosives qui rend l’amputation ou de nombreuses opérations consécutives nécessaires – sont le bilan des manifestations hebdomadaires de la Grande Marche de Retour. Le personnel médical signale également l’utilisation d’un gaz lacrymogène inconnu qui cause des convulsions. Oren Ziv, photojournaliste du collectif Activestills, a décrit en anglais une action à la barrière de séparation entre Israël et la bande de Gaza le 26 juin. Je traduis ses propos

 

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Hussein Madi, qui aurait eu 14 ans le 9 avril, a été tué par une balle dans le cœur trois jours avant son anniversaire, fêté ici symboliquement. (photo Ashraf Amra / APA images)

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27/04/2018

Ne Tirez Pas !

Depuis le 4 avril, l’organisation israélienne B’Tselem demande aux soldats postés à Gaza de désobéir aux ordres illégaux de tirer sur des civils qui ne posent pas de danger mortel. Fondé en 1989, B’Tselem décrit sa raison d’être ainsi : « La régime israélienne de l’occupation est liée inextricablement aux violations des droits humains. B’Tselem fait tout son possible à mettre fin à l’occupation puisque c’est la seule manière de garantir un futur pour les droits humains, la démocratie, la liberté et l’égalité des deux peuples, palestiniens et israéliens, qui vivent entre le fleuve du Jourdain et la Méditerranée.

B’Tselem a publié le témoignage d’une femme palestinienne blessée lors de la première manifestation du vendredi 31 mars. Son histoire montre mieux que toute statistique ce qui arrive sur la frontière israélienne-palestinienne quand les gens de Gaza marchent pour exprimer leurs droits de tout simplement exister.

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Message de la page web de B’Tselem, qui a aussi publié un appel de ne pas ouvrir le feu sur des gens qui de toute évidence ne posent aucune menace.

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05/04/2018

Non-violence : de la résistance efficace ?

Quand des milliers de personnes de tout âge, femmes et hommes, à Gaza, décident d’une « Longue Marche » pacifique le long de leur frontière avec Israël, c’est une question d’envie populaire qui dépasse complètement n’importe organisation. C’est la population civile qui anime les villages de tentes et les manifestations, les danses et les chants, ce vendredi 30 mars. Elle appelle à manifester pour pouvoir rester sur la terre, à résister à toutes les entraves de l’occupation israélienne et le blocus infligée sur la bande de Gaza depuis 11 ans.

Ce projet de non-violence est mis à rude épreuve juste au début des manifestations : l’armée israélienne a tiré sur un agriculteur sur ses terres trop près de la frontière à son goût. Il meurt. La marche pacifique s’est agitée par quelques jets de pierres et de cocktails Molotov lancés par une petite minorité. Mais les gens se sont rassemblés pour marcher pacifiquement. Ils avancent, forts de n’avoir rien à perdre. Pas une seule personne n’a transgressé la frontière interdite mais les snipers israéliens ont tiré – beaucoup de balles réelles - dans les têtes, dans la poitrine, dans le ventre, dans les jambes. Des individus sans aucune arme meurent : dix-huit à ce jour, 1'400 blessés – les blessures béantes des balles explosives posent problème aux médecins. (À lire, l’article de Piotr Smolar dans Le Monde du 4 avril : « Retour sur une répression meurtrière à Gaza.»)

            Quel est le sens de cette confrontation ? Pourquoi cette envie de marcher pacifiquement, s’exposant ainsi à des risques sous le gaz lacrymogène et les tirs pour mettre en lumière une situation que le monde a choisi d’ignorer ? Un article en anglais dans le journal israélien Haaretz répond à la question. J’en restitue l’essentiel ici en français.

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Manifestants palestiniens à l’est de Khan Younis, 31 mars, 2018 (SAID KHATIB / AFP)

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09/03/2018

Jeunes de Gaza confrontés aux témoignages des soldats

En visite la semaine passée à Genève, l’avocat israélien Michel Sfard a enjoint son public à la Maison de la Paix de lire Haaretz et + 972 mag pour comprendre les évènements et les développements en Israël-Palestine. Récemment, un article publié en anglais sur «+ 972 mag » a décrit les réactions de jeunes gazaouis à une pièce de théâtre créée par un membre du Jewish Voice for Peace (Voix juive pour la paix) aux Etats-Unis. J’en livre la traduction ici.

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Arrestation de Fawzi al-Juneidi, 16 ans, 7 décembre 2017, Hébron (Wisam Hashlamoun / APA images

 

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13/05/2016

Quelqu’un ?

D’habitude, ce jeune musicien écrit des paroles de rap qu’il chante avec son frère. Mais il a quelque chose à dire au monde hors du seul monde qu’il connaît dans la bande de Gaza. Il a publié son message sur l’Electronic Intifada en anglais. Nous le traduisons ici.

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Mohammed El Susi enregistrant une chanson dans un studio, ville de Gaza, 23 mars 2015 (photo Edouardo Soteras Jalil / Al Jazeera)

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17/07/2015

La vie reprend des couleurs

Une jeune journaliste égyptienne qui a l’œil pour une jolie histoire a publié l’article dont je vous soumets la traduction ici. On peut lire l’original, en anglais, sur le site d’Al Jazeera.

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Un quartier de la ville de Gaza transformé par des couleurs (Walaa Ghussein / Al Jazeera)

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24/04/2015

« Vivre ici, ce n’est pas possible !

Les jeunes de Gaza cherchent à se faire entendre. Ils seront soutenus par un groupe de femmes israéliennes à Tel Aviv le 29 avril. Yael Marom est responsable de communication pour Just Vision ainsi que coéditrice du Local Call, site « sœur » de + 972 mag. Elle a publié l’appel des jeunes, en premier lieu sur le site de Local Call, en hébreu. Le site de + 972 mag l’a ensuite publié en anglais. Je livre une traduction française pour ceux qui veulent rester au courant de la vie des gens ordinaires, et surtout le sentiment des jeunes, enfermés dans la bande de Gaza.

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Fady Al Sheik Yousef, 27 ans, a aidé les enfants à changer leurs idées pendant l’offensive sur la bande de Gaza en été 2014 (photo Fares Chahine)

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17/04/2015

L’élan extraordinaire de la jeunesse

Pendant les huit années du blocus israélien sur la bande de Gaza 400'000 enfants sont nés. Ces jeunes enfants et les adolescents vivent avec comme seule mémoire la privation totale de leurs droits élémentaires : pas de possibilité de voir leur famille en Cisjordanie ou à l’étranger ou avoir leurs visites, donc sans pouvoir embrasser leurs grands-parents ou jouer avec leurs cousins ; peu de chances d’étudier comme ils auraient choisi, donc pas une possibilité de faire des projets de vie. Ils ont besoin de gagner de l’argent pour une famille dont le père est au chômage forcé face à un marché de travail saturé (presque la moitié de la population dépend de l’aide alimentaire internationale). Les jeunes subissent la violence de l’occupation israélienne et même des trois attaques féroces depuis 2008 comme une fatalité qu’ils ne peuvent pas changer. Ils vivent avec. Il est difficile de se mettre à leur place : comment sauter les obstacles énormes qui se dressent dans leur chemin ? Comment refuser la violence quotidienne dont ils sont les témoins ? Un article en anglais et des photos offrent un regard sur le monde des jeunes de Gaza qui, envers et contre tout, cultivent l’espoir. Je traduis l’article – les photos parlent d’elles-mêmes !

parkour_activestills20.jpgDans une rue principale de la ville de Gaza (photo par Basel Yazouri)

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09/04/2015

Sans l’occupation et le blocus, il n’y aurait aucun besoin d’aide humanitaire !

Ce sont les propos de James Rawley, Coordinateur humanitaire des Nations Unies pour la Palestine, à la fin du mois de mars. L’UNRWA (l’organisation de l’ONU pour les réfugiés palestiniens) souligne que “Plus de sept mois après l’annonce du cessez-le-feu à Gaza, pas un seul foyer totalement détruit n’a été reconstruit.”, le 3 avril (#Gaza). Le Ministère de Santé de Gaza a saisi l’occasion de la Journée mondiale pour la santé le 7 avril pour rappeler en détail la situation catastrophique de la population. Un résumé de ces informations fut publié par Ma’an News sur son site en anglais. Je le traduis ici. Pour ceux qui maîtrisent l’américain, on peut aussi écouter le témoignage édifiant du 3 avril de l’étudiante Shaima Ziara du Comité populaire contre le siège. 

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Une famille vit dans une tente sur les ruines de leur maison (photo : Ylenia Gostoli, décembre 2014, Qantara.de)

Pour ceux qui s’intéressent, il y aura une conférence du professeur Christophe Oberlin, médecin français qui travaille à Gaza, organisée par la Centrale sanitaire Suisse Romande : « Gaza sous siège, nouvelles du terrain et actualités sanitaires », le 28 avril à 18h, auditoire Yersin au CHUV, Lausanne. 

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