27/04/2018

Ne Tirez Pas !

Depuis le 4 avril, l’organisation israélienne B’Tselem demande aux soldats postés à Gaza de désobéir aux ordres illégaux de tirer sur des civils qui ne posent pas de danger mortel. Fondé en 1989, B’Tselem décrit sa raison d’être ainsi : « La régime israélienne de l’occupation est liée inextricablement aux violations des droits humains. B’Tselem fait tout son possible à mettre fin à l’occupation puisque c’est la seule manière de garantir un futur pour les droits humains, la démocratie, la liberté et l’égalité des deux peuples, palestiniens et israéliens, qui vivent entre le fleuve du Jourdain et la Méditerranée.

B’Tselem a publié le témoignage d’une femme palestinienne blessée lors de la première manifestation du vendredi 31 mars. Son histoire montre mieux que toute statistique ce qui arrive sur la frontière israélienne-palestinienne quand les gens de Gaza marchent pour exprimer leurs droits de tout simplement exister.

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Message de la page web de B’Tselem, qui a aussi publié un appel de ne pas ouvrir le feu sur des gens qui de toute évidence ne posent aucune menace.

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05/04/2018

Non-violence : de la résistance efficace ?

Quand des milliers de personnes de tout âge, femmes et hommes, à Gaza, décident d’une « Longue Marche » pacifique le long de leur frontière avec Israël, c’est une question d’envie populaire qui dépasse complètement n’importe organisation. C’est la population civile qui anime les villages de tentes et les manifestations, les danses et les chants, ce vendredi 30 mars. Elle appelle à manifester pour pouvoir rester sur la terre, à résister à toutes les entraves de l’occupation israélienne et le blocus infligée sur la bande de Gaza depuis 11 ans.

Ce projet de non-violence est mis à rude épreuve juste au début des manifestations : l’armée israélienne a tiré sur un agriculteur sur ses terres trop près de la frontière à son goût. Il meurt. La marche pacifique s’est agitée par quelques jets de pierres et de cocktails Molotov lancés par une petite minorité. Mais les gens se sont rassemblés pour marcher pacifiquement. Ils avancent, forts de n’avoir rien à perdre. Pas une seule personne n’a transgressé la frontière interdite mais les snipers israéliens ont tiré – beaucoup de balles réelles - dans les têtes, dans la poitrine, dans le ventre, dans les jambes. Des individus sans aucune arme meurent : dix-huit à ce jour, 1'400 blessés – les blessures béantes des balles explosives posent problème aux médecins. (À lire, l’article de Piotr Smolar dans Le Monde du 4 avril : « Retour sur une répression meurtrière à Gaza.»)

            Quel est le sens de cette confrontation ? Pourquoi cette envie de marcher pacifiquement, s’exposant ainsi à des risques sous le gaz lacrymogène et les tirs pour mettre en lumière une situation que le monde a choisi d’ignorer ? Un article en anglais dans le journal israélien Haaretz répond à la question. J’en restitue l’essentiel ici en français.

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Manifestants palestiniens à l’est de Khan Younis, 31 mars, 2018 (SAID KHATIB / AFP)

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09/03/2018

Jeunes de Gaza confrontés aux témoignages des soldats

En visite la semaine passée à Genève, l’avocat israélien Michel Sfard a enjoint son public à la Maison de la Paix de lire Haaretz et + 972 mag pour comprendre les évènements et les développements en Israël-Palestine. Récemment, un article publié en anglais sur «+ 972 mag » a décrit les réactions de jeunes gazaouis à une pièce de théâtre créée par un membre du Jewish Voice for Peace (Voix juive pour la paix) aux Etats-Unis. J’en livre la traduction ici.

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Arrestation de Fawzi al-Juneidi, 16 ans, 7 décembre 2017, Hébron (Wisam Hashlamoun / APA images

 

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13/05/2016

Quelqu’un ?

D’habitude, ce jeune musicien écrit des paroles de rap qu’il chante avec son frère. Mais il a quelque chose à dire au monde hors du seul monde qu’il connaît dans la bande de Gaza. Il a publié son message sur l’Electronic Intifada en anglais. Nous le traduisons ici.

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Mohammed El Susi enregistrant une chanson dans un studio, ville de Gaza, 23 mars 2015 (photo Edouardo Soteras Jalil / Al Jazeera)

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17/07/2015

La vie reprend des couleurs

Une jeune journaliste égyptienne qui a l’œil pour une jolie histoire a publié l’article dont je vous soumets la traduction ici. On peut lire l’original, en anglais, sur le site d’Al Jazeera.

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Un quartier de la ville de Gaza transformé par des couleurs (Walaa Ghussein / Al Jazeera)

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24/04/2015

« Vivre ici, ce n’est pas possible !

Les jeunes de Gaza cherchent à se faire entendre. Ils seront soutenus par un groupe de femmes israéliennes à Tel Aviv le 29 avril. Yael Marom est responsable de communication pour Just Vision ainsi que coéditrice du Local Call, site « sœur » de + 972 mag. Elle a publié l’appel des jeunes, en premier lieu sur le site de Local Call, en hébreu. Le site de + 972 mag l’a ensuite publié en anglais. Je livre une traduction française pour ceux qui veulent rester au courant de la vie des gens ordinaires, et surtout le sentiment des jeunes, enfermés dans la bande de Gaza.

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Fady Al Sheik Yousef, 27 ans, a aidé les enfants à changer leurs idées pendant l’offensive sur la bande de Gaza en été 2014 (photo Fares Chahine)

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17/04/2015

L’élan extraordinaire de la jeunesse

Pendant les huit années du blocus israélien sur la bande de Gaza 400'000 enfants sont nés. Ces jeunes enfants et les adolescents vivent avec comme seule mémoire la privation totale de leurs droits élémentaires : pas de possibilité de voir leur famille en Cisjordanie ou à l’étranger ou avoir leurs visites, donc sans pouvoir embrasser leurs grands-parents ou jouer avec leurs cousins ; peu de chances d’étudier comme ils auraient choisi, donc pas une possibilité de faire des projets de vie. Ils ont besoin de gagner de l’argent pour une famille dont le père est au chômage forcé face à un marché de travail saturé (presque la moitié de la population dépend de l’aide alimentaire internationale). Les jeunes subissent la violence de l’occupation israélienne et même des trois attaques féroces depuis 2008 comme une fatalité qu’ils ne peuvent pas changer. Ils vivent avec. Il est difficile de se mettre à leur place : comment sauter les obstacles énormes qui se dressent dans leur chemin ? Comment refuser la violence quotidienne dont ils sont les témoins ? Un article en anglais et des photos offrent un regard sur le monde des jeunes de Gaza qui, envers et contre tout, cultivent l’espoir. Je traduis l’article – les photos parlent d’elles-mêmes !

parkour_activestills20.jpgDans une rue principale de la ville de Gaza (photo par Basel Yazouri)

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09/04/2015

Sans l’occupation et le blocus, il n’y aurait aucun besoin d’aide humanitaire !

Ce sont les propos de James Rawley, Coordinateur humanitaire des Nations Unies pour la Palestine, à la fin du mois de mars. L’UNRWA (l’organisation de l’ONU pour les réfugiés palestiniens) souligne que “Plus de sept mois après l’annonce du cessez-le-feu à Gaza, pas un seul foyer totalement détruit n’a été reconstruit.”, le 3 avril (#Gaza). Le Ministère de Santé de Gaza a saisi l’occasion de la Journée mondiale pour la santé le 7 avril pour rappeler en détail la situation catastrophique de la population. Un résumé de ces informations fut publié par Ma’an News sur son site en anglais. Je le traduis ici. Pour ceux qui maîtrisent l’américain, on peut aussi écouter le témoignage édifiant du 3 avril de l’étudiante Shaima Ziara du Comité populaire contre le siège. 

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Une famille vit dans une tente sur les ruines de leur maison (photo : Ylenia Gostoli, décembre 2014, Qantara.de)

Pour ceux qui s’intéressent, il y aura une conférence du professeur Christophe Oberlin, médecin français qui travaille à Gaza, organisée par la Centrale sanitaire Suisse Romande : « Gaza sous siège, nouvelles du terrain et actualités sanitaires », le 28 avril à 18h, auditoire Yersin au CHUV, Lausanne. 

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06/03/2015

Gaza en point de mire

“La route qui mène à un état palestinien passe par Gaza” : c’est l’intitulé d’un article de Salam Fayad pour le «+ 972 Blog » du « + 972 mag » le 5 mars. M. Fayad était premier ministre de la Palestine entre 2007 et 2009. Parmi d’autres, cette semaine, il insiste sur l’urgence d’un changement radical de la situation désastreuse dans la bande de Gaza. Cet élan provient de multiples instances.

Pour M. Fayad, la réactivation du Cadre de direction unifié (ULF) et une réunion du Conseil législatif palestinien est primordiale afin d’habiliter le gouvernement à « reconstruire Gaza, réunifier toutes les institutions palestiniennes et les structures juridiques en Cisjordanie ainsi qu’à Gaza. »

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Couverture du rapport de l’UNRWA de cette semaine

Le rapport hebdomadaire de l’UNRWA (l’agence de l’ONU responsable pour les réfugiés palestiniens) relève l’urgence de la situation. Pierre Krähenbühl, Commissaire général, dans un discours le 2 mars au Comité des affaires étrangères du Parlement européen, a décrit Gaza comme « une bombe à retardement ». Le même jour, Robert Serry, Coordinateur spécial des Nations Unies pour la paix au Moyen Orient depuis 2007, était en visite à Gaza où il a appelé à la fin du blocus et l’adoption d’une stratégie de « Gaza d’abord » - « Pour en finir avec l’occupation et arriver à une solution à deux états, il faut régler le problème politique de Gaza, » a dit Serry, comme M. Fayad.

Tout en annonçant de nouvelles contributions du Japon et d’une banque allemande pour aider les Palestiniens toujours sans logement, particulièrement ceux vivant encore dans des centres collectifs, le rapport de l’UNRWA souligne la grande difficulté de la situation générale à Gaza. L’économie et les infrastructures, dévastées avant le conflit de l’été passé, sont instables. En effet, l’unique centrale électrique de Gaza a arrêté de fonctionner mercredi soir, 4 mars, faute de carburant. L’UNRWA cite un communiqué du 26 février de Gisha sur l’économie palestinienne qui renforce la position de M. Fayad : « L’économie palestinienne n’a aucune chance de réaliser son potentiel sans lien entre ses deux parties territoriales [Cisjordanie et Gaza] – sans cela, des discussions sur la reconstruction ne sont pas réalistes. » L’UNRWA mentionne que, selon des sources, le gouvernement israélien retient environ 375  millions de $ d’impôts palestiniens [cette situation dure depuis trois mois ndlt]. 

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Directeur exécutif de l’ONG israélienne Gisha (Eitan Diamond)

Le 2 mars, le directeur exécutif de Gisha Eitan Diamond a rejoint Messieurs Krähenbühl et Serry dans un entretien à la radio de l’armée israélienne : « Les restrictions sur la libre circulation entre Gaza et la Cisjordanie créent une situation qui empêche la reconstruction. Aussi longtemps que ces restrictions sont en place, une économie viable n’est pas réaliste » a-t-il souligné. Pour M. Diamond, la stratégie israélienne de séparer les deux parties de la Palestine n’a pas du tout amélioré la sécurité de l’Etat d’Israël. 

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Un policier inspecte un bateau de pêcheur endommagé par des tirs de la marine israélienne, 3 janvier 2015 (photo par Abed Rahim Khatib / APA Images)

Toujours selon le rapport de l’UNRWA, l’armée israélienne a tiré chaque jour de cette semaine sur des Palestiniens près de la barrière (où ils essayent de planter et soigner leurs champs, ndlt) et sur des bateaux des pêcheurs [et sur des pêcheurs ndlt]. « La situation, » dit M. Diamond, «est vraiment terrible ».

28/01/2015

Ces Israéliens qui refusent de servir dans l’armée

Ils sont congédiés, les réservistes qui ont exprimé leurs critiques par rapport à l’occupation militaire israélienne dans les territoires occupés palestiniens. C’était en septembre que ces soldats de l’unité d’élite 8200 ont écrit une lettre pour refuser de servir dans l’armée israélienne. Ils mentionnaient, parmi d’autres motifs, la punition collective des habitants de Gaza pour expliquer leur décision. Les 43 hommes et femmes ont appris, le 26 janvier 2015, par les medias, que le commandant de l’unité 8200, le Brigadier Général Ehud Schneerson, les avait congédiés. Mairav Zonszein, journaliste qui écrit en anglais pour + 972 mag, cite la lettre dans laquelle ces ex-militaires des renseignements israéliens réagissent à la nouvelle. Ils soulignent que « la dure réalité » ne disparaîtra pas en les renvoyant.

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La base de l’unité 8200 en Israël central (photo par David Bachar)

Dans une autre lettre adressée aux étudiants du prestigieux lycée Israel Arts and Sciences Academy (IASA) à Jérusalem le 28 décembre 2014, soixante anciens élèves et enseignants de l’école n’ont pas seulement affiché leur intention de refuser le service militaire mais aussi encouragé le refus de la part des jeunes de leur école. Encore une fois, « le … massacre à Gaza, une horreur commise en notre nom contre presque deux millions de personnes – dont la moitié des enfants et des adolescents » est cité comme raison de la prise de position du groupe. Abby Martin de la télévision Russia Today (RT) à Washington, D.C. a interviewé un des signataires de la lettre, Amit Gilutz. Gilutz plaide pour un changement de pédagogie dans les écoles israéliennes. Il maintient que les écoles en Israël servent à endoctriner avant d’éduquer.

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Une soldate-enseignante dans une classe pendant la guerre au Liban de 2006 (photo par l’Education and Youth Corps de l’armée israélienne)

Compositeur et activiste, Gilutz explique que les signataires de la lettre s’inquiètent d’une violence et d’un racisme croissants dans leur société. Les femmes et les hommes « Palestiniens et Juifs » qui signent la lettre prônent la résistance au service militaire comme moyen de pression pour changer l’orientation militaire que les enfants israéliens reçoivent déjà au jardin d’enfants. Ils risquent la prison pour action illégale.

Nos remerciements à Ali Abunimah d’Electronic Intifada qui a décrit le contexte de cette lettre et l’entretien de Russia Today (en anglais).