13/09/2018

L’heure du thé

Tout est possible. C’est une approche qui apporte du bien et de l’énergie. Rien n’est possible. C’est une conviction qui confirme le désespoir et l’impasse. Au milieu de tout cela, le changement s’annonce, inexorable. Résister, c’est se faire mal. C’est une constatation dans les arts martiaux et dans les défis que la vie avec les autres nous imposent. Le changement, par contre, peut venir à tout petits pas, comme celui de la résistance de l’objecteur de conscience de notre dernier article. Et comme l’invitation au thé de quelques Palestiniens de Gaza à des voisins Israéliens, vendredi dernier, au milieu des manifestions pacifiques et pourtant mortelles pour certains. Une histoire qui ne risque pas à être raconté dans les médias, parue sur le site + 972 mag en anglais. Je vous livre la traduction en français ici. Demain, c’est vendredi.

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L’heure du thé le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza lors de la Grande Marche du Retour, 7 septembre 2018 (Haim Schwarczenberg)

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30/04/2018

« Où vas-tu Papa ?

Les questions d’un garçon de sept ans ont inspiré son père pour publier un article dans The New York Times le 27 avril. Fadi Abou Shammalah est l’un des coproducteurs d’un film qui était sur les écrans du festival FIFDH à Genève en mars: Naila and the Uprising. Directeur exécutif de l’Union Général de Centres Culturels, Shammalah pose une question à son tour : Pourquoi risque-t-il sa vie en allant aux manifestations non-violentes qui se passent actuellement à Gaza tous les vendredis sous le feu de l’armée israélienne ? Nassim Nicholas Taleb, dans son dernier livre Skin in the Game aurait l’explication : « Tu prends des risques, tu te sens participer à l’histoire. » (p.104) Les manifestations citoyennes qui se déroulent depuis un mois à Gaza sont véritablement un évènement historique. Shammalah, refugié de 1948 de la troisième génération, explique son envie de faire partie de l’histoire dans l’article en anglais que je livre ici en français.

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Deux ados près de la frontière à Khuza’a, au sud de la bande de Gaza, 6 avril 2018. La clé est le symbole du droit du retour (photo Hosam Salem/Al Jazeera)

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23/04/2018

Filmer, c’est risquer sa vie

L’armée israélienne poursuit son opération meurtrière contre les milliers de citoyens de Gaza qui manifestent paisiblement depuis trois semaines le long de la frontière avec Israël. Parmi les militaires, cent tireurs d’élites tuent et mutilent avec des balles réelles et des balles qui explosent à l’intérieur du corps, sans qu’un seul soldat souffre d’une égratignure. Les journalistes chevronnés et amateurs qui s’aventurent sur la frontière, qui osent montrer la monstruosité de la situation, eux, risquent tout. Filmer, c’est montrer les gens dans les camps de fortune le long de la frontière, qui piqueniquent, qui dansent la danse traditionnel du dabké, qui jouent au ballon, qui racontent des histoires de leurs anciennes terres et villages … La plupart des résidents de Gaza sont des réfugiés de 1948 et 1967, beaucoup peuvent voir leur lieu d’origine depuis l’intérieur de la bande de Gaza où ils sont confinés. La fermeture quasi-totale des frontières avec l’Egypte et avec Israël depuis onze années étouffe les presque deux millions de résidents dans un espace équivalent à celle du canton de Genève.

Filmer, c’est aussi montrer comment on tire sur des innocents qui ne menacent en rien la sécurité de l’Etat d’Israël, comme Yousef, sur qui un soldat a tiré pas une, mais deux fois, dans les deux jambes. Il portait une veste avec « PRESS » écrit dessus, comme neuf autres journalistes blessés le 30 mars. Son collègue Yasser Murtaja, qui a travaillé avec Ai Wei Wei pour son film Human Flow, actuellement aux salles de cinéma à Genève, est mort de ses blessures. Yousef a parlé avec Karama Fadel avant d’être évacué à Ramallah, où on espère sauver sa deuxième jambe. Je traduis ici l’article de cette dernière originalement en anglais.

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Yousef chez lui dans le camp de réfugiés d’Al Burej, au centre de la bande de Gaza, 15 avril 2018 (photo par Abeer Abu al-Naja)

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