24/04/2015

« Vivre ici, ce n’est pas possible !

Les jeunes de Gaza cherchent à se faire entendre. Ils seront soutenus par un groupe de femmes israéliennes à Tel Aviv le 29 avril. Yael Marom est responsable de communication pour Just Vision ainsi que coéditrice du Local Call, site « sœur » de + 972 mag. Elle a publié l’appel des jeunes, en premier lieu sur le site de Local Call, en hébreu. Le site de + 972 mag l’a ensuite publié en anglais. Je livre une traduction française pour ceux qui veulent rester au courant de la vie des gens ordinaires, et surtout le sentiment des jeunes, enfermés dans la bande de Gaza.

Fady Bakhti.jpg
Fady Al Sheik Yousef, 27 ans, a aidé les enfants à changer leurs idées pendant l’offensive sur la bande de Gaza en été 2014 (photo Fares Chahine)

Lire la suite

10/12/2014

Si proche et pourtant si loin

Un jeune de 20 ans de Gaza vit depuis l’âge de 12 ans sous le blocus. Dès l’âge de 14 ans, il a survécu à trois attaques majeures de l’armée israélienne avec toutes ses conséquences. Son monde est étriqué et fermé. L’éducation a toujours tenu une place de première importance pour les familles palestiniennes et surtout dans la situation de Gaza aujourd’hui. Les études, et surtout les études supérieures, ouvrent l’esprit à un monde auquel les jeunes n’ont pas d’accès sauf par la télévision ou par Internet.

Les jeunes savent que les adultes très âgés de Gaza ont étudié avec les Anglais à Jérusalem. Ils envient les adultes en-dessus de 40 ans ayant étudié en Cisjordanie, aux universités de Birzeit, Naplouse et Bethléem, où ils ont perfectionné leur anglais. Beaucoup de personnes de cette génération ont étudié également aux Etats-Unis, en Russie, au Caire et dans bien d’autres pays. Les francophones ont appris le français en Algérie et en France. Tout ceci est du passé. Pour la plupart des jeunes de Gaza, la possibilité de poursuivre leurs études à l’extérieur est minime et d’autant plus enviée. Un article en anglais du Monitor nous raconte la situation de 1'500 étudiants bloqués actuellement à Gaza avec des bourses et des visas qui ne leur servent à rien. Je le traduis ici. 

Gaza, blocus, armée israélienne, éducation, jeunes, étudiants, bourses, visas, fermetrue, Rafah, Erez, université, droit d'étudier, manifestation, libre circulation, Israël, Cisjordanie
Les jeunes de Gaza aspirent à la liberté :
Parkour dans des maisons détruites par l’armée israélienne cet été à Khan Younis, 4 novembre 2014 (photo par Ashfar Amra / APA images)

Lire la suite

24/08/2014

Message d’une jeune palestinienne de Gaza

C’est lorsque j’ai commencé ce blog à Gaza, en mars 2007, que j’ai rencontré Karama. Son nom veut dire « dignité », « honneur », ou encore « respect » en arabe. En 2007, Karama, née au début de la première Intifada, avait 17 ans. Elle parlait l’anglais avec beaucoup de plaisir. Elle aimait danser et écouter la musique des Back Street Boys. C’était une jeune fille qui avait un regard positif : « Demain, ça ira mieux, » se disait-elle chaque jour.

Puis, tard dans la nuit au mois de juin, l’armée israélienne a tiré deux missiles sur un immeuble en face de chez Karama. Toutes les vitres de leur appartement sont parties en éclats, causant des blessures légères à trois personnes de sa famille. Le jour après, son visage était éteint. Je reconnaissais à peine la souriante jeune fille. Karama m’a confié :’C’est la première fois dans ma vie que je me dis que, peut-être, demain ne sera pas meilleur.’ 

Gaza, armée israélienne, missiles, lendemain, études, université, peur, Bande de Gaza, armes, humanité, dormir, tuer, explosion, attaques, bombes, nuit, mort, compassion, message
Dommages (photo Carol juin 2007), il n'y a plus de vitres et les cadres sont déformés.

Quand je suis retournée à Gaza en 2011, j’ai retrouvé Karama, une jeune femme. Elle terminait ses études d’anglais à l’université tout en enseignant l’arabe qui est parlé à Gaza. Après mon départ de Gaza en 2012, nous sommes restées en contact. Karama me demande maintenant de traduire et publier un texte qu’elle a écrit tout récemment. Le voici.

Lire la suite

09/08/2014

Mourir rapidement ou mourir lentement ?

L’IRIN (Service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies) a publié en anglais le témoignage d’un Gazaoui, Haytham Besaiso, qui a survécu aux attaques de ce dernier mois. Je le traduis ici. Haytham est ingénieur civil. Il a un Master en Science de l’Université de Manchester en Angleterre.

 IRIN, Gaza, frappes aériennes, missile, mosquée, université, Université islamique de Gaza, ear, pain, centrale électrique, mosquée Al-Amine Mohamed, cessez-le-feu, eau courante, générateur, Palestiniens, mort, vie, Israël
Vue des bombardements depuis la fenêtre de Haytham (Photo : Haytham Besaiso/IRIN)

Lire la suite

18/10/2012

Huis clos : La dure réalité des universitaires

Une vis se serre de plus en plus injustement autour des étudiants gazaouis. Voici un résumé de la situation décrite dans un article publié par l’Associated Press le 15 octobre 2012.   

"Les USA laissent tomber des bourses pour Gaza suite à l’interdiction de déplacement imposée par l’Etat d’Israël 

par Lauren E. Bohn, Associated Press 

bourse, Gaza, Israël, Hillary Clinton, Hamas, études, université, Cisjordanie, USA, armée israélienne, terroristes

 (Photo: Adel Hana / AP)

L’étudiante Amal Ashour, 18 ans, pose avec ses livres d’études chez elle à Gaza-city, le 11 octobre 2012. Amal avait reçu une bourse pour étudier cet automne dans une université en Cisjordanie grâce à un programme américain. Mais Amal a récemment été informée que cette bourse n’est plus valable pour les étudiants de Gaza. Suite à des pressions israéliennes, les autorités américaines ont annulé ce programme initié il y a deux ans pour des étudiants gazaouis. Des diplomates avaient loué cette initiative pour sa valeur éducative offerte aux étudiants des territoires palestiniens.

Lire la suite

09/03/2010

Cultiver l’espoir

Les activités de la faculté de français de l’Université al-Aqsa foisonnent depuis le retour de Ziad Medoukh avec son doctorat en poche.

Lire la suite

09:26 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, université, français, francophone, étudiants | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

13/11/2009

L’arme du futur : le droit

Les attaques sur Gaza ont stimulé une réflexion sans précédent parmi les étudiants de droit des universités palestiniennes. Ces jeunes veulent une fin à la violence, ils se munissent des moyens légaux pour faire valoir leurs droits et croient dans leurs capacités d’y arriver.

091106-justice-makers.jpg

 atelier des Justice Makers pour étudiants de droit à l’Université al-Azhar (Bianca Zammit)

 

Lire la suite

03/11/2009

Etudiante à l’Université de Bethléem déportée à Gaza deux mois avant la fin de ses études

2009_062a.jpg

Berlanty Azzam

 

Le frère Jack Curran, professeur américain à l’Université de Bethléem en Cisjordanie depuis de nombreuses années, a lancé un appel mercredi 28 octobre. Trop tard. Une jeune chrétienne de Gaza, dans sa quatrième année à l’université à Bethléem, avait déjà été déportée à Gaza malgré que le conseiller juridique de l’armée israélienne ait promis qu’elle allait pouvoir rester le temps d’un recours. Berlanty Azzam, 21 ans, a été transportée à Gaza, menottée, les yeux bandés, dans une jeep miliaire israélienne la nuit de son arrestation. (Détails en anglais sur : http://www.bethlehem.edu/archives/2009/2009_062.shtml )

 

Lire la suite

23:25 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, bethléem, université, étudiante, armée israélienne, déportation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

14/09/2008

Blocus des jeunes cerveaux

L’article, dont la traduction suit, est paru dans The Guardian (www.guardian.co.uk) du 11 septembre. Peut-on espérer une suite heureuse pour son jeune auteur, comme pour Wissam Abuajwa à sa sortie du passage d’Erez le 15 juillet ? A l’âge de 31 ans, après presque 8 ans de démarches, il peut enfin poursuivre des études pour un Master en Angleterre.

Wissam_Abuajwa_38441t.jpg

photo : Wissam Abuajwa le 15 juillet 2008 à la sortie du passage d’Erez,            

Quique Kiersyenbaum pour The Independent

 

 

« Blocus des jeunes cerveaux

 

Mon rêve est de devenir médecin spécialiste des os. Mais le gouvernement israélien ne m’autorise pas à partir pour poursuivre mes études à l’étranger. 

 

Cette année aurait dû être ma première année d’études de médecine. Au lieu de cela, je suis enfermé à Gaza chez mon père dans le camp de réfugiés de Jabalia sans possibilité et de sortie. Lorsque j’ai terminé le lycée l’année passée, j’ai décidé que je voulais être médecin. Gaza a grand besoin de spécialistes des os, mais la formation n’existe qu’à l’étranger.

 

Lorsque j’ai obtenu une place à une université médicale en Allemagne, mes parents étaient fiers. Je me réjouissais de suivre mon frère aîné, qui y étudie déjà. En février, les autorités allemandes m’ont accordé un visa d’entrée. J’ai immédiatement demandé la permission aux autorités israéliennes pour voyager en Europe. Mais on m’a répondu qu’on émit un visa  seulement aux malades en besoin urgent de soins – pas aux étudiants.

 

Il y a des centaines d’autres jeunes gens enfermés dans la bande de Gaza qui ont été acceptés pour des études à l’étranger. Pour beaucoup d’entre nous, c’est la seule manière de continuer notre éducation. Gaza a une des densités de population la plus élevée au monde; il est un des endroits les plus pauvres : nous sommes 1,5 millions pour une parcelle de terre d’environ 41 kilomètres de long et 6-12 kilomètres de large. Nos hôpitaux manquent des équipements nécessaires pour plusieurs soins vitaux, par exemple des traitements de radiation pour des cancéreux et des traitements pour des patients cardiaques.

 

Les universités à Gaza sont surpeuplées et n’ont que peu de moyens. Maintes branches ne sont même pas offertes et il y a peu de programmes pour des études avancées. On refuse à des enseignants étrangers l’autorisation de venir à Gaza. Nous avons besoin de nous expatrier pour apprendre.

 

En juin, après que les Etats-Unis aient exercé de la pression sur Israël afin que des lauréats du Fulbright puissent quitter la bande de Gaza, l’armée israélienne a annoncé qu’elle accorderait des autorisations de sortie pour quelques étudiants dont la bourse est « reconnue » - mais pas des centaines. C’est ainsi que des centaines attendent encore, la plupart d’entre nous sans bourse prestigieuse qui pourrait attirer l’attention du monde. Je suis certain d’être parmi la majorité qui n’ont pas la possibilité de partir. La vie à Gaza m’a enlevé tout mon optimisme.

 

Mon père est enseignant et propriétaire d’un magasin de vêtements pour enfants. Ma mère est femme au foyer. J’ai six frères et trois sœurs. Nous sommes retournés en Palestine en 1996 de l’Arabie saoudite, où mon père enseignait. C’était au point culminant du processus de paix.  Mes parents ont mis leur espoir dans les accords d’Oslo signés en 1993; ils pensaient que la vie serait mieux pour nous ici.

 

Mais lorsque j’avais dix ans, la deuxième intifada a commencé. Mes années d’adolescence ont été marquées par l’effritement du processus de paix. Pendant ma troisième année du lycée, les autorités israéliennes ont fermé la bande de Gaza. Les contrôles aux frontières ont réduit le nombre de personnes autorisées à utiliser les passages au minimum et ont étranglé l’économie gazouie, en limitant  les imports et les exports et en coupant le livraison de carburant de d’électricité. Il n’y a plus de vêtements dans le magasin de mon père, alors qu’il était destiné à payer les études pour mon frère et moi.

 

Les Etats-Unis, le Canada et l’Union européen ont soutenu Israël dans son blocus contre le Hamas, qui a gagné les élections en 2006. Mais le blocus ne sert qu’à rendre les gens plus désespérés. Hamas et les autres groupes armés, je sais, ont tiré des roquettes depuis la bande de Gaza en tuant des civils dans des villes et des villages israéliens.

 

Mais j’ai aussi vu comment Israël a exercé des représailles avec des attaques aériennes et des incursions armées dans la bande de Gaza, y compris à Jabalia. Le blocus israélien est une punition collective. Il nous fait mal à nous tous, en dépit du fait que l’on soit pour le Hamas ou pas. Ce blocus détruit mon rêve de pouvoir écrire « médecin spécialiste des os » à la suite de mon nom.

 

Parfois, je regrette que je viens de Gaza. Mais je garde l’espoir de pouvoir aller à l’étranger, acquérir des aptitudes et retourner pour aider d’autres ici. Par moment, quand nous avons l’électricité, je regarde la télévision et je vois comment les gens vivent ailleurs. Je me demande pourquoi eux, ils peuvent voyager, étudier, aller en vacances, et moi, je ne peux pas me déplacer à l’étranger même pour étudier la médecine.

 

Nous sommes des étudiants, pas des soldats. Nous ne sommes pas des combatants dans ce conflit. Pourquoi est-ce qu’Israël refuse de nous autoriser de partir pour étudier ? Pourquoi est-ce que l’Europe et l’Amérique soutiennent-ils un blocus des jeunes cerveaux ? Bientôt, mes camarades des classe à l’université médicale commenceront leurs cours. Et en ce moment-là, moi, je serai probablement encore ici chez mon père, en attendant que le blocus prenne fin. »

 

The Guardian nous précise qu’Abdalaziz Okasha a reçu son diplôme de fin d’études du lycée dans la bande de Gaza en juin 2007.

 

21:04 | Tags : gaza, université, blocus, autorisation, visa, bourse d'étude | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

06/06/2008

Gaza : personne ne sort ! Même pas les étudiants doués…

En ce moment d’examens de fin d’année dans nos écoles et nos universités, j’ai appris avec consternation par le New York Times ( http://www.iht.com/articles/2008/05/29/africa/gaza.php ) que les Etats-Unis allaient retirer des bourses Fulbright de sept étudiants de Gaza. La décision découle du blocus israélien de la bande de Gaza.  L’article cite le rabbin Michael Melchior, responsable du comité du parlement israélien pour l’éducation, qui dénonce cette décision ainsi : « Ceci pourrait être interprété comme une punition collective. Cette politique ne respecte pas les normes internationales ni les normes éthiques des juifs, qui ont eux-mêmes souffert par le passé d’être privés de l’éducation supérieure. » Condoleeza Rice a exprimé sa surprise en apprenant les nouvelles : « S’il n’est plus possible de soutenir des jeunes et donner un horizon complet à leurs rêves et leurs attentes, je ne sais pas s’il y a un avenir pour la Palestine. » (http://www.nytimes.com/2008/06/02/world/middleeast/02fulb... 

Les USA semblent changer d’avis en faveur de ces 7 étudiants, mais, à Gaza,  il reste au moins 700 étudiants de l’éducation supérieure face au même refus israélien. L’original de cette traduction se trouve sur http://www.pchrgaza.org (Centre palestinien pour les droits humains) 

« Huis clos pour 700 universitaires de Gaza

Il y a trois jours, le 1er juin, Hadeel Abu Kwaik était assise dans la salle d’ordinateurs de l’Université Al-Azhar à Gaza avec un air soucieux et perplexe. Elle venait d’apprendre que sa bourse Fulbright n’était pas annulée, après tout. « Je suis heureuse mais encore en souci. Je ne sais toujours pas si nous allons tous pouvoir partir pour les Etats-Unis. »

Hadeel est une des sept étudiants qui, le 29 mai, ont reçu une lettre du Consulat américain à Jérusalem les informant que leur inscription pour une bourse Fulbright n’aurait pas de suite. (…) Les bénéficiaires – trois femmes et quatre hommes – étaient ‘fortement encouragés’ de s’inscrire à nouveau pour les mêmes bourses l’année suivante et assurés que leur inscription aurait ‘une considération prioritaire’.

Le retrait de ces bourses a provoqué un tollé au niveau international, les yeux du monde se sont tournés vers les sept étudiants. (…) Face à une critique croissante venant d’Israël et des Etats-Unis, le Département d’Etat américain a vite ré-attribué les sept bourses en assurant les étudiants le 2 juin qu’ils étaient en train de travailler ‘étroitement’ avec les autorités israéliennes pour obtenir des permis pour quitter Gaza. Maintenant, Hadeel attend de pouvoir voyager à Jérusalem, où elle devra être interviewée au consulat américain afin d’obtenir un visa pour les USA. Ensuite, elle retournera à Gaza pour se préparer pour le départ à la fin de l’été. Elle compte étudier en vue d’un Masters d’ingénieur-software à l’Université de Minnesota.

151168002.jpg

Hadeel Abu Kwaik est une des 7 étudiants dont les bourses Fulbright étaient retirées puis ré-attribuées rapidement, par le Département d’Etat américain. Mais il reste presque 700 autres étudiants devant un huis clos à Gaza. (photo PCHR)

Les media ont vite fini avec ce ‘happy ending’. Mais pour des centaines d’autres étudiants empêchés de se rendre aux universités qui les ont acceptés, enfermés dans la bande de Gaza, c’est toujours le huis clos, et le nombre de cas augmentera sûrement cet été. Selon les statistiques du PCHR, il y a encore presque 700 étudiants gazouis en attente de permis nécessaires pour quitter Gaza afin de poursuivre leurs études à l’étranger au moyen d’une bourse. ‘ Ce chiffre sera à la hausse dans le mois qui vient, dès que les écoles annonceront les résultats des examens,’ estime Khalil Shaheen, chercheur senior au PCHR. ‘Les étudiants de Gaza veulent continuer leurs études – tous sont laissés sur le carreau à l’intérieur de la bande de Gaza à cause du siège imposé par Israël et du blocus. Leurs droits de poursuivre leur éducation et leur avenir sont bafoués.’

La Déclaration Universelle des Droits de L’Homme de 1948 et le Pacte internationale relatif aux droits civils et politiques de 1966 garantissent explicitement le droit de toute personne de se déplacer librement entre leur état et l’extérieur. Le blocus israélien de la bande de Gaza, qui entre bientôt dans sa troisième année, détruit de manière systématique et délibérée la vie économique de Gaza, ses services de santé et d’éducation, en écrasant tout espoir pour le futur de ses habitants. Les étudiants gazouis désirant poursuivre des études spécialisées à l’étranger, pour ensuite revenir à Gaza et assister à la reconstruction de leur pays, pour la plupart d’entre eux, sont empêchés d’exercer ce droit puisque l’état d’Israël persiste dans sa politique de punition collective. Une organisation de droits de l’homme israélienne, GISHA, vient de faire appel à la Cour Suprème israélienne pour que deux étudiants de Gaza, Wissam Abuajwa et Nibal Nayef, puissent quitter Gaza et étudier en vue d’un Masters en Grande Bretagne et en Allemagne.

Entre-temps, Said Ahmad Said Al-Madhoun attend depuis plus d’une année pour poursuivre son Masters en droit, à l’étranger. Said a gagné une bourse du Open Society Institute en janvier 2007 et a ensuite été accepté dans un programme de Masters au Washington College of Law, une université américaine. Mais Said n’a pas pu se rendre aux Etats-Unis. ‘J’ai pu sortir de Gaza en décembre 2007 jusqu’à la frontière égyptienne,’ raconte Said. ‘C’était un voyage compliqué – à cause du blocus, nous étions obligés de prendre le passage d’Erez (au nord de la bande de Gaza ) et puis, un autre passage à Kerem Shalom, jusqu'à la frontière. Mais là-bas, on m’a refoulé puisque je n’avais pas de visa américain.’  Il était impossible pour Said d’obtenir un visa pour les Etats-Unis parce que c’est interdit pour lui de se rendre à Jérusalem, où le consulat américain délivre les visas. Il a essayé de quitter Gaza une deuxième fois en janvier et a essuyé un deuxième refus à la frontière égyptienne. Sa carrière académique et sa vie sont en suspens. Said attend encore. ‘La situation est extrêmement frustrante pour moi et pour nous tous, les étudiants à Gaza,’ lâche-t-il d’un air fatigué. ‘Nous avons envie de travailler et d’apprendre. Nous voulons pouvoir nous déplacer en toute liberté. Nous avons envie de prendre notre avenir entre nos propres mains.’

Lorsque Hadeel Abu Kwaik a appris tout d’abord que sa bourse Fulbright a été retirée, elle dit avoir été fâchée et déçue. ‘Je me demande si Israël a envie d’un voisin éduqué ou un voisin fâché,’ a-t-elle déclaré publiquement. Comme Said, Hadeel veut étudier à l’étranger pour revenir ensuite à Gaza et travailler au centre de sa communauté. Bien qu’elle se réjouisse d’être à nouveau détentrice de la bourse Fulbright, elle admet qu’elle a toujours des doutes de réellement pouvoir quitter Gaza, et cette anxiété gâche sa joie. ‘Je ne me sentirai pas tranquille jusqu’à ce que nous arrivions pour de vrai aux Etats-Unis,’ dit Hadeel.   

21:53 Publié dans Connaissance du Monde | Tags : gaza, éducation, blocus, université, étudiant | Lien permanent | Commentaires (61) | |  Facebook | | | |