Des trésors insoupçonnés dans la mer à Gaza

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La pollution de la mer était un concept inconnu pour notre famille, il y a belle lurette, sur les bords de l’Atlantique aux USA dans l’état de Maine. Lorsque la marée haute tournait, on jetait nos sacs poubelles à la mer et - loin des yeux, loin du cœur ! Aujourd’hui, la jeune génération à Gaza a pris la mesure de l’importance de veiller sur la propreté de la Mer Méditerranée. Un article récent en anglais dans We Are Not Numbers décrit une initiative pour améliorer la qualité de l’eau de la mer à Gaza et pour encourager des pratiques écologiques. Je traduis ses propos ici. Toutes les photos sont le travail des membres de We Are Not Numbers.

 

 

"S’approprier la mer de Gaza en recyclant des objets récupérés par Anas Jnena

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Pneus récupérés transformés en sièges

 

La plage est l‘unique endroit de refuge où les résidents assiégés dans la bande de Gaza peuvent aller pour se ressourcer depuis plus de quinze ans. C’est « l’échappatoire » pour tout le monde à la recherche de tranquillité, de liberté et de paix, même si on sait qu’il s’agit essentiellement d’une illusion.

 

Malheureusement, la pollution de la mer par l’eau des égouts a sapé ce sentiment de s’échapper des problèmes. Selon l’Autorité de la qualité environnementale à Gaza, 60% de l’eau à la plage est impropre pour nager ou et pour toute autre activité. Le coupable ? Le blocus. Nous manquons les matériaux et le carburant nécessaires pour maintenir et opérer des centrales pour le traitement des déchets et de l’eau. La bande de Gaza a besoin d’environ 500 mégawatts d’électricité mais l’unique centrale solaire (qui dépend de carburant du Qatar) contribue seulement 70 mégawatts. Israël fournit 120 mégawatts supplémentaires et l’Egypte, encore 30 mégawatts. En même temps, l‘Etat d’Israël empêche l’importation de matériaux nécessaires pour l’entretien et le développement des centrales destinés à l’épuration des eaux existantes et pour la construction de nouveaux systèmes.

 

Cette crise qui perdure a motivé des résidents et des institutions locaux de lancer des initiatives pour rendre la plage plus propre. Un de ces projets s’appelle « La mer est à nous » (The Sea is Ours), crée par Ali Muhanna, 32 ans, et quelques amis. Il s’agit d’une retraite artistique, respectueux de la nature, le long de la plage dans le quartier d’Al Zawaida de la ville de Gaza. Les jeunes hommes de cette association ont collaboré avec la municipalité de la ville de Gaza pour récupérer et transformer des déchets solides venant des dépôts de la ville – des frigos, des machines à laver, des pneus de voitures, de grands récipients en plastique et des poteaux en bois. À la fin, ils ont accumulé environ 270 tonnes de ces « objets trouvés » de la mer.

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Créations artistiques fabriquées avec des déchets récupérés

 

« Nous avons choisi le nom « La mer est à nous » pour notre projet afin de signaler à d’autres jeunes que la mer nous appartient à nous tous et que c’est notre devoir de la préserver, » explique Hana al-Ghoul, un des organisateurs. « Souvent, les gens de Gaza viennent au bord de la mer pour se payer du bon temps, mais ils détruisent et polluent l’endroit en y laissant des déchets sur la plage ou dans l’eau. » Hana espère que si on montre comment il est possible de recycler des déchets, d’autres personnes pourraient être inspirés à faire de même, ainsi protégeant des résidents des infections causées par ces résidus.

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Jardinage dans des récipients récupérés

 

Selon un rapport du Bureau central palestinien des statistiques, les ménages gazaouis produisent 716 tonnes de déchets par jour. Hana ajoute : « La population de Gaza augmente d’environ 3% par an et les déchets avec. Il n’existe ni d’endroits ni de moyens pour s’en débarrasser. »

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La petite station balnéaire « La mer est à nous »

 

« La mer est à nous » n’est pas seulement un endroit de rencontres où on peut prendre son aise. Il y a aussi une bibliothèque, un petit théâtre et une salle pour des activités locales. Les locaux occupent 3 dunums (3/4 d’acre anglais) sur la plage et est spécialement apprécié par des artistes et des chanteurs. Dit Hana : « Nous accueillons toute artiste qui veut utiliser cet espace pour peindre ou explorer sa créativité librement. On ne demande pas d’argent : les visiteurs peuvent amener leur propre nourriture et boissons. La cuisine est à disposition tant que l’on la garde propre. Si on nous amène des ustensiles en plastique, de vieilles lampes ou toute autre chose dont on veut se débarrasser, nous les transformons et les rendent esthétiquement plaisants, en montrant ainsi les bienfaits du recyclage. »

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Un barbecue des membres de We Are Not Numbers dans la grande salle

 

Hiyam est venu récemment après avoir entendu parler du lieu par un ami : « Je suis responsable pour des projets dans une entreprise locale au sein de laquelle j’ai organisé un groupe de lecture. Je voulais amener les membres du groupe à la plage mais on n’avait pas de budget. The Sea is Ours nous a ouvert ses portes gratuitement. Depuis, j’y viens régulièrement avec des amis pour boire un café et passer un bon moment. »

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Des membres de We Are Not Numbers préparent le barbecue

 

Je suis heureux de savoir qu’il y a des gens qui cultivent des moyens de préserver et protéger notre environnement à Gaza. C’est tout ce que nous avons. 

 

Mentor : Pam Bailey »

 

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