Connaissance du Monde

  • Le sort des pêcheurs de Gaza

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    Les lecteurs suisses des journaux, notamment des romands qui comme moi ne lisent pas facilement l’allemand, apprécient la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), qui a aussi une édition en anglais. L’existence d’une deuxième édition d’un journal en anglais dénote une soif d’information que satisfait la qualité du journalisme. En Israël, c’est le journal Haaretz qui offre des éditions en hébreu et également en anglais. Le matin du 10 novembre, l’éditorial de la rédaction en chef, publié dans les deux langues, se focalisait sur l’évolution dramatique d’une situation problématique depuis longtemps. Voici sa traduction de l’anglais en français.

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  • La belle saison

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    C’est l’automne : on se réjouit du moût, des châtaignes et de la chasse. Mais c’est le raisin le point de mire. La qualité du vin tient chaque année ses surprises au gré des aléas du froid, du chaud, de la pluie, ou de son absence, voire de la grêle. En Palestine, c’est pareil pour l’olivier et l’huile d’olive. Un reportage récent sur Mondoweiss décrit la récolte de l’olive cette année à Gaza, la fabrication de l’huile et les plaisirs de table qu’elle procure. J’en fais un résumé en français ici. Pour voir toutes les photos – il y en a beaucoup ! - cliquez sur le titre en bas !

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    Pause de petit déjeuner en famille, sous des oliviers, octobre 2022 (Photo : Mothana Al-Najjar)

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  • Un docteur sans baguette magique

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    Après trois semaines d’internat au sein du plus grand hôpital de la ville de Gaza, un docteur témoigne des problèmes de patients en grande détresse. Frappée par la fréquence et la sévérité des situations rencontrées professionnellement, elle était amenée à explorer les racines de la détérioration récente dans la santé mentale en général de la population gazaouie. Elle a documenté sa recherche soigneusement. Son analyse, hautement informatif, mérite la résume que je livre ici. La version originale en anglais se trouve sur le site du Mondoweiss, fondé en 2006 par le journaliste américain Philip Weiss.

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  • L’angoisse existentielle des jeunes de Gaza

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    Depuis un mois, essai après essai par des adolescents gazaouis s’affichent sur « We Are Not Numbers» (« Nous ne sommes pas que des chiffres »), site Internet pour les jeunes de Gaza où ils livrent leurs histoires et impressions personnelles en anglais. Tous les essais témoignent d’une angoisse énorme au moment du début des attaques, totalement imprévues, le 5 août. Il y a de la panique, la perte de tout point de repère et surtout, la perte d’un espoir dans un avenir viable. La vie d’un jeune de Gaza âgé aujourd’hui de 20 ans a été marquée par cinq « guerres ». À 6 ans, en 2008-09, il ou elle a vécu le début de l’Opération Plomb Durci à l’heure de la sortie de l’école. Les traces durables suffisaient largement : en 2011, j’étais dans une rue à Gaza lorsqu’un avion israélien a passé dans le ciel : « Tayarra » (« avion » en arabe) a exclamé un petit garçon à côté de moi en regardant sa maman, tétanisé de peur. Je ne peux m’empêcher de comparer sa réaction à la grande joie de mes deux petits-fils quand ils voient un avion dans le ciel genevois.

    Après Plomb Durci, l’enfant à 10 ans a été témoin de la semaine de l’Opération Pilier de Défense en 2012. Deux ans plus tard, pour l’enfant de 12 ans, l’Opération Bordure Protectrice, du 8 juillet au 26 août, a eu lieu pendant le période très chaude des grandes vacances pour les écoliers. La quatrième attaque majeure en mai 2021 est survenue juste avant les examens de fin d’année scolaire pour les élèves et étudiants qui avaient 19 ans, l’Opération Gardiens des Murs a duré 12 jours. Enfin, en août 2022, les attaques de l’Opération Aube Naissant a couronné les expériences de ceux qui sont arrivés à leur vingt ans.

    Il y a donc beaucoup de réactions, fortes de peur et de révolte, parmi les jeunes auteurs de We Are Not Numbers. Parmi eux, c’est difficile d’en choisir un à traduire. Hossam Wail Abou-Shammallah a fêté ses 21 ans le jour même des premières attaques. Il a écrit en temps réel sur son ordinateur, en partageant aussi les messages SMS de ses amis, dans un témoignage bouleversant. Khaled Mohammed El-Hissy, étudiant en anglais à la même université qu’Hossam, raconte la réaction le 5 août de sa grand-mère en Ukraine, avec qui la famille est en contact journalier depuis toujours. (Beaucoup de Gazaouis ont des épouses étrangères : russes, ukrainiennes, romaines et grecques, parmi d’autres, rencontrées pendant des études supérieures.) À chacun des bombardements depuis 2008, cette grand-maman leur suppliait de venir chez elle en Ukraine. Mais cette fois-ci, elle est désespérée : « Il n’y a pas de sécurité en Ukraine. Il n’y a pas de sécurité à Gaza. Où pouvez-vous trouver refuge maintenant ? »

    C’est le plus récent témoignage que j’ai finalement choisi de traduire ici. Il s’agit aussi d’un vécu personnel, toujours pendant les premiers moments du premier jour de ces bombardements qui ont pris les Gazaouis au dépourvu. Les attaques ont commencé un vendredi, l’équivalent de notre dimanche à Gaza.

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  • Encore

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    La bande de Gaza, quasi la taille du canton de Genève, où 2 millions de gens essayent de vivre, est apparu brièvement dans les nouvelles. A nouveau. Les pertes de vie (45, dont 16 enfants) et les blessés (311) des 3 jours du weekend dernier, occasionnées par de pures calculs politiques, ont fait beaucoup de mal au petit peuple. Le site israélien +972 Mag vient de publier en anglais le témoignage téléphonique d’une mère de Gaza, conversation originalement consignée en hébreu au site « Nous au-delà de la barrière » le 7 août. Son témoignage donne une idée de la situation intenable des civils coincés au milieu d’un conflit qu’ils n’ont nullement cherché et qui vraiment n’en peuvent plus. Je laisse tomber une recherche de photos pour illustrer cette traduction de l’article :  elle mérite d’être lu comme communication d’un vécu en temps réel.

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  • Libéré par l’écriture

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    En prison ou sur le lit de malade, aussi par un jour de canicule, un livre est un réconfort inestimable. La lecture ouvre de vastes horizons d’imagination et d’évasion, chassant l’ennui. Qui lit se libère. La lecture libère également celui qui écrit, comme ce poète-libraire de Gaza, pour qui « écrire revient à affirmer que j’existe ». L’importance de la langue anglaise comme fenêtre sur le monde depuis Gaza l’enfermée ne peut pas être surestimé. Je traduis ici un article qui en parle en français.

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  • Des champs à haut risque

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    Depuis de longues années, les paysans de Gaza, à l’instar des pêcheurs, courent des risques élevés qui n’ont rien à faire avec les incertitudes habituelles de leur métier. Tout porte à croire que l’armée israélien a des ordres d’éloigner les travailleurs de la terre, comme les travailleurs de la mer, de leur chasse gardée. Ce sont de drôles d’activités pour une armée qui se nomme « « « Les forces pour la défense d’Israël » (« IDF » en anglais) Un article récent en anglais dans l’Electronic Intifada atteste de la gravité de la menace. Je le résume ici en français.

     

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  • Des eaux périlleuses

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    Un article récent sur les déboires qui continuent pour les pêcheurs de Gaza donne à penser à une chanson de Georges Moustaki : « En Méditerranée. Il y a des oliviers qui meurent sous les bombes. … des peuples oubliés que la guerre moissonne. » Les paroles de cette chanson hantent la traduction qui suit de l’article en anglais sur l‘Electronic Intifada, faite par mes soins. Ce n’est de loin pas la première fois que ce sujet soit évoqué ici. Toujours est-il que la vie des pêcheurs à Gaza au bord de la Méditerranée est une vraie gageure.

     

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  • Nouvel an - nouvelle vie

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    Le Nouvel An nous incite à cultiver la reconnaissance et l’espoir, et c’est l’espoir qui transpire dans un article concernant un projet récent du Comité Internationale de la Croix-Rouge (CICR) pour des handicapés à Gaza. Jeune joueur de football Ahmed Abou Nar, handicapé par la perte d’une jambe, constate : « Un être humain est quelqu’un d’autre avant de subir une blessure. Après, il devient une autre personne, et une nouvelle vie commence. ». Je résume les propos de l’article ici.

     

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  • Considérations écologiques

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    Pour recycler à Genève, on a l’embarras du choix - papier, carton, verre, bouteilles en plastiques, métal : tout part dans des centres de recyclage situés à une distance raisonnable de chez soi. Quant aux produits nocifs, de grands appareils périmés ou tout autre objet encombrant, on n’a qu’à trouver un moyen de les transporter à l’ESREC, ou l’Espace de récupération cantonale de la Praille. Or, dans la bande de Gaza, il n’y a rien de tout cela. La Praille : un rêve pour les habitants gazaouis, qui n’ont aucune possibilité de faire du recyclage. Comment faire pour assainir l’environnement ? C’est un problème pressant dont parle un article en anglais publié récemment par l’Associated Press. J’en restitue l’essentiel ici en français.

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